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La police de Hong Kong dit pouvoir gérer les manifestations sans Pékin

La police avance dans le quartier de Sham Shui Po lors d'affrontements avec des manifestants anti-extradition à Hong Kong.

Les policiers de Hong Kong estiment que les forces locales sont à même de gérer la crise.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Agence France-Presse

La police de Hong Kong affirme disposer des ressources suffisantes pour continuer à se dresser devant les manifestants prodémocratie, même dans l'éventualité où la violence s'intensifierait, atténuant les craintes d'une intervention des militaires depuis la Chine continentale.

Trois commandants de la police hongkongaise, qui ont accepté de recevoir une poignée de journalistes étrangers, ont déclaré jeudi qu'ils n'étaient pas au fait d'un quelconque projet de Pékin d'envoyer des troupes pour leur prêter main-forte, même si la crise politique s'aggrave.

Ces officiers ont accepté de s'exprimer sous le couvert de l'anonymat, afin de pouvoir discuter plus librement de la crise la plus aiguë depuis la rétrocession de Hong Kong en 1997. Des révoltes syndicales contre le colonisateur britannique avaient fait 51 morts dans les années 1960.

Ils disent aussi n'avoir eu aucune discussion sur ce qu'il se passerait si Pékin envoyait des troupes, et qu'il n'y avait donc pas de protocole établi pour faire face à une telle éventualité.

Ils ont admis en revanche que toute décision en ce sens placerait la police de la ville dans une situation totalement inconnue. Ils ont insisté sur la stérilité du sujet, la puissance locale étant à même de gérer la crise.

La Chine a qualifié cette semaine les actes du mouvement prodémocratie de quasi terroristes, et les médias d'État ont diffusé des images de soldats et de véhicules blindés massés à Shenzhen, à la frontière de Hong Kong.

Je ne peux envisager une telle intervention, a souligné l'un de ces responsables, dans un bureau du quartier général de la police à Wan Chai.

Au niveau opérationnel, nous avons l'amplitude suffisante. Je pense que nous avons la détermination, la cohésion et des ressources d'ampleur pour continuer.

Un commandant de la police hongkongaise
Des policiers antiémeutes tirent des grenades lacrymogènes pour disperser une manifestation à Hong Kong.

Un responsable de la police a assuré que les forces hongkongaises avaient les ressources nécessaires pour contrôler la situation.

Photo : Reuters / Tyrone Siu

La police critiquée

La police incarne désormais le visage honni du gouvernement de Hong Kong, alors que ni Pékin ni les dirigeants du territoire semi-autonome ne sont prêts à la moindre concession.

Le slogan « hak geng » (flics corrompus) est systématiquement scandé à chaque manifestation et l'a même été tout récemment par des habitants de quartiers secoués par des affrontements nocturnes entre forces de l'ordre et manifestants.

Militants, groupes de défense des droits de l'homme, et la haute-commissaire des droits de l'homme des Nations unies ont accusé la police de faire un usage disproportionné de la force, avec des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, dont les images soulèvent chaque week-end l'indignation du public.

Pourtant, ces policiers persistent à assurer que la force déployée est proportionnelle aux actes des manifestants armés de lance-pierres, de cocktails Molotov et de briques. Ils sont en outre convaincus de conserver le soutien de la majorité silencieuse des Hongkongais.

Brossant le tableau de forces de l'ordre défiées par les manifestations sauvages, ils ont aussi laissé paraître leur frustration à l'égard de l'intransigeance de Pékin et de Carrie Lam, cheffe de l'exécutif de Hong Kong, qui refusent toute concession au mouvement prodémocratie.

Le problème est politique. Et un problème politique requiert une résolution politique, a souligné l'un d'eux.

En revanche, les attaques et les insultes subies par les policiers ne font que renforcer leur détermination, clament-ils, d'autant que leur corps compte d'importantes réserves humaines.

Sur les 28 000 hommes et femmes de la police, environ 3000 sont engagés dans le contrôle direct des manifestations. Des centaines de réservistes peuvent intervenir dans le cadre d'un plan de mise à l'échelle si les manifestations prennent davantage d'ampleur.

Notre mobilisation n'a pas encore atteint sa pleine capacité, loin de là.

Un commandant de la police hongkongaise sur le terrain

Le mouvement prodémocratie, qui a vu des millions de personnes descendre dans les rues de Hong Kong, est parti début juin du rejet d'un projet de loi hongkongais autorisant les extraditions vers la Chine.

Il a depuis considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences de la Chine.

Depuis le début des manifestations au début du mois de juin, la police a procédé à plus de 700 arrestations.

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