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Autorisée à visiter Israël, l'élue américaine Rashida Tlaib refuse maintenant d'y aller

Plan rapproché de Mme Tlaib.

L'élue américaine Rashida Tlaib refuse d'aller en Israël à cause de conditions « oppressives » imposées par les autorités de l’État hébreu

Photo : Reuters / Rebecca Cook

Radio-Canada

Après avoir été autorisée à effectuer une visite en Israël pour des raisons « humanitaires », l'élue démocrate américaine Rashida Tlaib s'y refuse à cause des conditions « oppressives » et « humiliantes » qui lui sont imposées par les autorités de l’État hébreu.

Dans un message sur Twitter, Mme Tlaib a écrit : Me réduire au silence et me traiter comme une criminelle, ce n'est pas ce que [ma grand-mère] veut pour moi. Ça tuerait une partie de moi.

Rendre visite à ma grand-mère dans ces conditions oppressantes va à l'encontre de tout ce que je crois dans la lutte contre le racisme, l'oppression et l'injustice.

Rashida Tlaib, représentante du 13e district du Michigan

Contre une autorisation pour une visite à sa grand-mère de 90 ans en Cisjordanie occupée, Israël a exigé de Mme Tlaib de s’engager par écrit à ne pas promouvoir de boycotts contre Israël .

Mais après avoir été critiquée par certains Palestiniens et opposants à l'occupation israélienne pour s'y être engagé, rapporte le New York Times, l’élue américaine d’origine palestinienne a changé d’avis en dénonçant les conditions imposées par le gouvernement israélien.

Lorsque j'ai gagné, cela a donné au peuple palestinien l'espoir que quelqu'un dise enfin la vérité sur ces conditions inhumaines. Je ne peux pas permettre à l'État d'Israël d'enlever cette lumière en m'humiliant et d'utiliser mon amour pour ma ville pour m'incliner devant leurs politiques oppressives et racistes, a expliqué Mme Tlaib.

Le ministre israélien de l'Intérieur, Aryeh Deri, a affirmé que la demande de visite de la députée américaine n'était qu'une provocation.

J'ai approuvé [la demande] pour des raisons humanitaires, mais il s'avère que c'était une provocation pour embarrasser Israël. Sa haine pour Israël l'emporte sur son amour pour sa grand-mère.

Aryeh Deri, ministre israélien de l'Intérieur

Plus tôt dans la journée, les autorités israéliennes avaient annoncé qu'elles permettaient à l'élue démocrate américaine Rashida Tlaib d'entrer sur leur territoire, après le lui avoir d'abord interdit.

C’est le ministre de l’Intérieur qui en avait fait l’annonce en précisant que l’autorisation était accordée à Mme Tlaib pour une visite humanitaire à sa grand-mère.

L’élue américaine avait promis de ne pas faire avancer la cause du boycott contre Israël durant son séjour, selon le ministère de l’Intérieur.

Dans une lettre diffusée par plusieurs médias israéliens, Rashida Tlaib avait demandé l'autorisation de rendre visite à des proches, surtout [sa] grand-mère nonagénaire. Cela pourrait être ma dernière occasion de la voir, avait-elle écrit.

Refus initial

Jeudi, les autorités israéliennes avaient annoncé que Rashida Tlaib et autre élue américaine, Ilhan Omar, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, n'étaient pas les bienvenues.

Le ministère de l’Intérieur avait justifié sa décision par une loi qui permet depuis 2017 d'interdire l'entrée en sol israélien aux partisans à l'initiative Boycottage, désinvestissement, sanctions (BDS), un mouvement opposé à l'occupation des Territoires palestiniens.

L’interdiction avait été annoncée quelques heures seulement après que le président américain Donald Trump eut demandé sur Twitter à Israël de refuser l’accès aux élues démocrates. Les représentantes Omar et Tlaib sont le visage du Parti démocrate, et elles DÉTESTENT Israël! avait écrit Donald Trump.

L’intervention du président Trump et le refus annoncé par les autorités israéliennes ont été critiqués les leaders démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants.

Ce n’est pas la première fois que le président Trump cible les deux représentantes démocrates ou d'autres élues du Congrès issues de minorités, à qui il a demandé de retourner d'où elles viennent.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et The New York Times

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