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Le renseignement canadien recrute dans un centre de jeux d'évasion

Une jeune femme, debout, et un jeune homme, assis, regardent un écran d'ordinateur, l'air concentré.

Une scène extraite de la vidéo promotionnelle du jeu « La Recrue ».

Photo : Centre de la sécurité des télécommunications

Radio-Canada

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les autorités britanniques recrutaient des casseurs de codes, ou décrypteurs, en publiant dans les journaux des mots croisés difficiles : ils convoquaient en entrevue ceux qui avaient réussi à résoudre ces énigmes.

Un texte de Catharine Tunney de CBC

Des décennies plus tard, le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), l'organisme fédéral de renseignement sur les transmissions étrangères, remet cette idée au goût du jour.

Le CST a pris l'initiative inusitée d'entrer en contact avec une entreprise de jeux d'évasion basée à Ottawa dans le but de mieux se faire connaître et d’améliorer son recrutement.

À partir de septembre, ceux qui aspirent à décrypter les codes (et les fêtards à la recherche d'une activité de soirée) pourront tenter de résoudre des scénarios de cyberattaques à l'Escape Manor, situé dans le quartier d’Hintonburg, dans la capitale fédérale.

L’objectif, a indiqué le porte-parole du CST, Ryan Foreman, dans un courriel à CBC, est d'attirer de nouvelles recrues pour aider l'organisation à recueillir des renseignements étrangers et à contrer les cyberattaques.

L'idée derrière notre partenariat est de soutenir nos efforts de recrutement et de faire connaître qui nous sommes et ce que nous faisons.

Ryan Foreman, porte-parole du CST

C’est pour nous un moyen idéal de rejoindre des personnes qui présentent de tels intérêts, mais qui ne connaissent peut-être pas le CST ou qui n'ont jamais envisagé de faire carrière au sein de la communauté canadienne de la sécurité et du renseignement, a-t-il déclaré.

Le jeu narratif auquel a mené la collaboration entre le CST et l’entreprise d’Ottawa, justement appelé La Recrue, tournera autour d’une cyberattaque lancée par un adversaire fictif appelé L’Association.

L’Escape Manor demande 23 $ pour y participer, le même prix que pour ses jeux d’évasion. Les participants auront 45 minutes pour résoudre le problème.

Les services de renseignement aux prises avec des problèmes de recrutement

M. Foreman a précisé que plusieurs créateurs de codes et décrypteurs du CST avaient participé à la conception des énigmes.

Les effectifs du CST sont composés de spécialistes de résolution de problèmes et de penseurs critiques dans plusieurs domaines distincts qui s'attaquent pour le gouvernement du Canada à certains des problèmes techniques les plus difficiles, et nous savons que plusieurs de nos employés partagent un intérêt pour ce genre d'énigmes et pour le type de compétences qui permettent de résoudre les problèmes dans une salle d’évasion, a-t-il dit.

La salle de La Recrue ouvrira officiellement en septembre et fonctionnera pendant au moins six mois.

L'initiative du CST survient alors qu'une autre organisation de renseignement, le Service canadien du renseignement de sécurité, peine à embaucher des espions et à les garder à son service.

Le recrutement et le maintien des effectifs ont été désignés comme des préoccupations clés dans un récent document d'information obtenu par CBC grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Le CST admet faire lui aussi face à un problème de recrutement, mais affirme qu'il a fait des progrès, en grande partie grâce à un programme universitaire collaboratif.

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