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Temps durs pour les restaurateurs de Rimouski

Les tables à l'intérieur du restaurant Les Complices à Rimouski.

Le restaurant Les Complices doit fermer dimanche.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Radio-Canada

À Rimouski, près d’une dizaine de restaurants ont fermé leurs portes dans la dernière année, selon la Chambre de commerce de Rimouski-Neigette. Les difficultés financières et administratives qui s’accumulent pèsent lourd chez plusieurs restaurateurs.

Le coordonnateur de la Chambre de commerce de Rimouski-Neigette, Jonathan Laterreur, auparavant copropriétaire du Sang Royal, un restaurant qui a dû fermer au cours des dernières années, qualifie la situation d’alarmante.

Au cours des derniers mois, les restaurants La Mexicana et Cuisine et dépendance ont été contraints de fermer. Les propriétaires du restaurant Les Complices s’apprêtent eux aussi à mettre la clé sous la porte dimanche, comme ils l’ont annoncé sur leur page Facebook.

L'intérieur du restaurant.

Le Sang Royal a fermé ses portes au cours des dernières années à Rimouski.

Photo : Radio-Canada

Des restaurants qui avaient une identité, une appartenance au terroir, une identité gastronomique qui était rimouskoise, bas-laurentienne. Et là, ça nous laisse avec un choix beaucoup moins grand, soutient Jonathan Laterreur.

Il estime que plusieurs facteurs entrent en ligne de compte lorsque les restaurateurs choisissent de fermer boutique. Plusieurs travailleurs du milieu disent être à bout de souffle, même quand la clientèle est au rendez-vous.

Selon M. Laterreur, les prix plus élevés causés par le choix de certains restaurateurs de s'approvisionner localement peuvent refroidir la clientèle.

Mise aux normes de sécurité coûteuses

Jonathan Laterreur mentionne aussi qu'à la rareté de main-d'œuvre s'ajoute la mise aux normes de certains équipements, souvent demandée par le service incendie de la Ville. Ces nouveaux équipements peuvent être très chers.

La terrasse du Central Café, à Rimouski.

Le Central Café est devenu une coopérative il y a trois ans.

Photo : Radio-Canada

Au Central Café, le chef cuisinier Steeve Boucher indique que la facture pour la mise aux normes demandée par le service incendie, notamment pour une nouvelle hotte et la pose de gicleurs, dépasse les 100 000 $.

Tout ça, c’est des charges qui sont lourdes pour nous autres.

Steeve Boucher, chef cuisinier du Central Café

Steeve Boucher dit prendre la situation au jour le jour, bien qu'on sente que les employés sont en train de puiser dans leurs petites réserves pour continuer.

On n’est pas contre le faire, mais c’est le temps pour le faire. Il faut aller chercher d’autres prêts. Ça fait trois ans qu’on est une coopérative. On est tous ensemble. On investit dans cette entreprise-là, explique-t-il.

Recrutement ardu

La difficulté à recruter des employés fait également partie du problème.

Nabil Haddou, le propriétaire du restaurant Nab Kebab, ouvert depuis quelques années au centre-ville de Rimouski, effectue seul toutes les tâches de son restaurant en ce moment.

Je fais la caisse. Je fais la cuisine. Je fais même le concierge moi-même.

Nabil Haddou, propriétaire du Nab Kebab

Le jeune entrepreneur algérien raconte même que son rêve est en train de tourner au cauchemar, tellement il a du mal à garder ses bons employés après leur formation. Il en a vu passer une trentaine en deux ans et demi.

Nabil Haddou, devant son restaurant.

Nabil Haddou, le propriétaire du Nab Kebab

Photo : Radio-Canada

Il ajoute que les clients font preuve de patience, mais s’ils n’ont pas beaucoup de temps, ils vont aller ailleurs. Malheureusement, ça touche mes ventes. C’est comme un cercle vicieux. Si j’ai plus d’employés, j’ai plus de ventes.

Nabil Haddou dit tout faire pour remédier à la situation. L’entrepreneur s'est notamment tourné vers un programme gouvernemental pour permettre l'embauche d'une main-d'œuvre qualifiée à l'étranger, mais les démarches sont longues et vaines pour l'instant.

d’après les informations de Laurence Gallant

Bas-Saint-Laurent

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