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L'ombre de Doug Ford planera-t-elle au-dessus d'Andrew Scheer?

Le reportage de Mathieu Gohier

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Mathieu Gohier

Annonce après annonce, le premier ministre Justin Trudeau fait tout pour associer le premier ministre ontarien Doug Ford au chef conservateur Andrew Scheer. Mis à part la stratégie libérale, l'impopularité de l'un pourrait-elle vraiment plomber les chances de l'autre de faire des gains dans la province? Visite en terrain conservateur, au cœur de l'Ontario.

Angèle Roy est une vraie « bleue ». D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle a toujours voté pour des politiciens conservateurs tant à Queen's Park qu'à la Chambre des communes. Mais pour la première fois, cette femme d'affaires et grand-mère regrette son choix après avoir fait confiance au Parti progressiste-conservateur de l'Ontario en juin 2018.

Selon elle, Doug Ford est tout simplement allé trop loin dans ses compressions des services publics. Une austérité qui s'est fait sentir jusque dans sa famille, soutient la quinquagénaire.

« L'an prochain, nos enfants vont avoir leur professeur, mais ils n'auront plus d'assistant en classe. Avec 25 petits enfants dans une classe, ça va être bien difficile pour eux. [...] Si on n’aide pas nos enfants quand ils sont tout petits, ils ne seront pas sur la bonne voie comme adulte », déplore Mme Roy qui nous a donné rendez-vous chez sa fille à Barrie, à une centaine kilomètres au nord de Toronto, en bordure du lac Simcoe.

Angèle Roy (à droite) au parc avec sa fille Julie Bertrand (à gauche) et sa petite-fille Elize.

Angèle Roy (à droite) au parc avec sa fille Julie Bertrand (à gauche) et sa petite-fille Elize.

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Julie Bertrand, qui termine bientôt son baccalauréat en soins infirmiers, a elle aussi été touchée par les coupes du gouvernement. Elle reçoit désormais 5000 $ de moins par année en prêts et bourses, un énorme trou dans le budget de la mère chef de famille monoparentale.

« Quand le gouvernement nous impose des compressions sorties de nulle part, je dois refaire tout mon budget », dit celle qui s'estime toutefois chanceuse de pouvoir compter sur l'aide de sa mère.

La déception d'Angèle Roy envers Doug Ford est si vive qu'elle n'est plus convaincue de faire confiance à Andrew Scheer, l'autre leader conservateur qui voudrait obtenir son vote aux prochaines élections fédérales.

Je pense qu'Andrew Scheer suit beaucoup Doug Ford, et je n'ai pas vu Andrew Scheer nous dire qu'il ne ferait pas comme Doug Ford en Ontario.

Angèle Roy

Cela dit, la conservatrice de longue date ne pense pas un seul instant voter pour le Parti libéral le 21 octobre prochain. Si un autre chef parvient à la persuader, ce pourrait être Maxime Bernier, du Parti populaire.

« Il [Maxime Bernier] pense avant de parler et beaucoup de ses opinions sont les mêmes que les miennes », confie Angèle Roy.

Pour elle, l'« audition » d'Andrew Scheer se poursuit.

Une campagne terrain déjà commencée

Sur le bord du lac Simcoe, l'été s'étire et les plaisanciers sont nombreux, mais l'élection fédérale du 21 octobre n'est pas si loin.

Le candidat conservateur dans Barrie-Springwater-Oro-Medonte est à pied d'oeuvre et a déjà cogné à des milliers de portes.

« Les gens ici sont préoccupés par la qualité et le coût de la vie », soutient Doug Shipley en entrevue.

Conseiller municipal à Barrie, il ne croit pas qu'un « effet Doug Ford » puisse nuire à ses chances d'être élu.

« L'élection qui s'en vient oppose M. Trudeau à M. Scheer. Les gens sont assez intelligents pour faire la différence, contrairement à ce que pense M. Trudeau », nuance-t-il.

Le candidat conservateur dans Barrie-Springwater-Oro-Medonte, Doug Shipley.

Le candidat conservateur dans Barrie-Springwater-Oro-Medonte, Doug Shipley

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Doug Shipley ajoute du même souffle que son parti a déjà garanti qu'il maintiendrait à 3 % au moins la hausse des transferts fédéraux en santé aux provinces.

En 2015, les conservateurs ont emporté la circonscription à l'arraché avec une majorité d'à peine 86 votes. S'il veut conserver le siège de son parti, Doug Shipley sait qu'il ne peut rien tenir pour acquis et qu'il devra peut-être rassurer les électeurs refroidis par Doug Ford, à commencer par Angèle Roy et sa famille.

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