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Préposés aux bénéficiaires : le CISSS-AT aurait besoin de 100 employés de plus

Deux préposées aux bénéficiaires discutent avec une dame âgée au CHSLD.

Deux préposées aux bénéficiaires discutent avec une dame âgée au CHSLD. (archives)

Photo : Radio-Canada

Alexia Martel-Desjardins

La pénurie de préposés aux bénéficiaires se fait sentir partout au Québec et l'Abitibi-Témiscamingue n'y échappe pas. La ministre de la Santé, Danielle McCann, a annoncé mercredi un investissement de 15 millions de dollars pour soutenir financièrement les préposés aux bénéficiaires dans leur formation.

Le chef de service en attraction au Centre intégré de santé et services sociaux de l'Abitibi-Témiscmaingue (CISSS-AT), Vincent Béland, estime que le programme d'aide financière aidera à pallier au manque de préposés aux bénéficiaires.

Il croit que les bourses inciteront davantage de personnes dans la région à suivre la formation. Ça peut être un levier intéressant pour que les gens du Témiscamingue puissent choisir d'aller chercher la formation, avec un 7500 $ en plus pour compenser les déplacements ou une location de loyer, par exemple, dit-il.

Selon les données de juin dernier, le CISSS-AT évaluait le besoin en préposés aux bénéficiaires à 71 équivalents temps complet, ce qui correspond à plus de 100 employés.

Quand on parle d'un équivalent à temps complet, on sait que ce ne sont pas tous nos préposés aux bénéficiaires qui nous donnent une disponibilité à temps complet, donc si on parle de 71, on peut penser qu'on a besoin à peu près d'une centaine de préposés aux bénéficiaires supplémentaires à ce que nous avons actuellement, explique-t-il.

Vincent Béland indique que le CISSS-AT débutera la promotion du programme dans les prochaines semaines afin de remettre les candidatures au ministère au mois de septembre.

Retour aux études?

Kary Fiset, directrice de la résidence Signature à La Sarre, une ressource intermédiaire, se préoccupe quant à elle de l'annonce de ce programme d'aide financière. Elle croit que les préposés aux bénéficiaires travaillant pour les ressources intermédiaires, dans le réseau privé, quitteront pour avoir accès à la formation rémunérée.

C'est de venir prendre le personnel qui est déjà en place dans les RI [ressources intermédiaires] et de se les approprier au réseau de la santé. Dans le langage commun, on peut dire que c'est de déshabiller Paul pour habiller Pierre, illustre-t-elle.

Les ressources intermédiaires sont des partenaires du réseau de la santé qui hébergent ceux qui ne peuvent pas être accueillis dans les CHSLD ou d'autres institutions.

Une situation qui se répète?

Kary Fiset indique qu'à l'automne 2018, la résidence Signature manquait de préposés aux bénéficiaires, et s'inquiète que la situation se répète.

Moi pour le moment à La Sarre, la problématique ne se fait pas ressentir, cependant, ailleurs au Québec, dans d'autres résidences, ils ont déjà commencé à perdre des employés qui se sont tournés vers le réseau public en vue d'obtenir leur formation payée, dit-elle.

De plus, Kary Fiset explique que les ressources intermédiaires fournissent la formation et l'expérience aux préposés aux bénéficiaires avant que ceux-ci aillent travailler dans le réseau public.

Au moins, on les avait eus une certaine période de temps au sein de nos équipes de travail, mais là, avec ça, ils vont s'en aller directement en formation dans le réseau public, observe-t-elle. La solution à long terme, c'est d'uniformiser les taux horaires.

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