•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des victimes alléguées d’Omer Desjardins poursuivent l’Église et le gouvernement

Les mains jointes, une paroissienne tient un chapelet avec une croix bien visible au bout de la chaîne.

Selon les présumées victimes, le père Omer Desjardins aurait utilisé sa position d’autorité et de confiance pour exercer un contrôle total sur les jeuens et les agresser sexuellement.

Photo : Getty Images / Dan Kitwood

Laïssa Pamou

Deux présumées victimes du père Omer Desjardins, mort en 2017, intentent une poursuite civile contre les Oblats de Marie-Immaculée du Manitoba, l'archidiocèse de Saint-Boniface, le directeur du Service à l’enfance et la famille, le gouvernement du Manitoba ainsi que l’ancien directeur de la résidence où se sont déroulés les faits allégués.

Dans deux causes distinctes, les plaignants accusent ces différentes entités de négligence et de manquement à leur devoir de protection. Le père oblat les aurait agressés sexuellement alors qu’ils avaient respectivement 13 et 15 ans.

Radio-Canada a choisi de ne pas nommer les plaignants, qui étaient mineurs au moment des faits allégués. Ces faits n'ont pas été prouvés en cour.

Les faits se seraient déroulés de 1986 à 1991 quand les deux garçons étaient pensionnaires à Credo Home, un centre d’hébergement pour la jeunesse de Winnipeg, géré par les Oblats de Marie-Immaculée (OMI).

Ils avaient été placés dans ce centre par le gouvernement du Manitoba et le directeur des Services à l’enfance et à la famille.

Au moment des faits, Omer Desjardins était prêtre et employé du centre d’hébergement. Il avait la responsabilité d’offrir un enseignement catholique, des conseils, du mentorat et de l’accompagnement aux résidents.

Selon les présumées victimes, le père Desjardins aurait utilisé cette position d’autorité et de confiance pour exercer un contrôle total sur elles afin de les agresser sexuellement et de les molester.

En 2017, des accusations criminelles avaient été portées contre le prêtre en rapport avec ces présumées victimes, mais celui-ci est mort avant que la cause ne soit entendue par le tribunal.

En janvier 2015, Omer Desjardins avait été condamné à six mois de prison après avoir plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle pour des gestes survenus dans la communauté de Marcelin, au nord de Saskatoon, en 1978.

Les présumées victimes, qui poursuivent aujourd'hui le gouvernement manitobain et les autorités religieuses, affirment que le père oblat a usé contre elles des prérogatives que lui donnait sa position de prêtre et d’employé du centre Credo Home. De plus, elles disent que les Services à l’enfance et à la famille et l'archidiocèse de Saint-Boniface savaient que le prêtre pouvait avoir des comportements déviants.

En 1993, les plaignants disent avoir signalé les abus dont ils étaient victimes à l’ordre et/ou l’archidiocèse, qui n’aurait entrepris aucune mesure. Ils auraient plutôt reçu respectivement 17 500 $ et 12 500 $.

Rectificatif : Une version précédente de cet article mentionnait que les plaignants avaient signalé les abus dont ils étaient victimes à l’archidiocèse, sans mentionner l'ordre des Oblats.

Selon les plaignants, les agressions subies pendant plusieurs années ont eu un impact direct, notamment, sur leur comportement, leur santé mentale, leurs relations sociales et leur développement personnel.

Disant avoir souffert et continuer de souffrir des séquelles de ces agressions, ils réclament globalement 4,2 millions de dollars en dommages et intérêts.

Radio-Canada a contacté l’archidiocèse de Saint-Boniface, qui n’a pu lui accorder d'entrevue et n'a pu joindre les Oblats de Marie-Immaculée du Manitoba.

Manitoba

Procès et poursuites