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Une ancienne fumerie de crack transformée en maison de chambres

Le bâtiment incendié sera rénové et offrira 14 chambres aux anciens locataires.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

C'est une première à Montréal et même une première en son genre au Québec. Une ancienne fumerie de crack d'Hochelaga-Maisonneuve sera reconvertie en maison de chambres et gérée par un organisme qui vient en aide aux toxicomanes.

La Ville a annoncé l'octroi de 2,3 millions de dollars à l'organisme l'Anonyme pour rénover un immeuble qui a longtemps été un point de vente et de consommation de drogue. Le nouveau bâtiment offrira 14 chambres aux anciens locataires expulsés après l'incendie survenu en 2018.

« On aimerait pouvoir ouvrir les portes au printemps 2021, explique la directrice générale d'Anonyme, Sylvie Boivin. On a un travail de longue haleine qui s'en vient dans la construction, la rénovation. Les personnes qui vont y habiter, c'est des gens qui y demeuraient déjà. »

C'est un véritable bataillon de policiers, de procureurs, de travailleurs sociaux et d'organismes communautaires qui se sont activés pour trouver une solution. La bataille de tout un quartier a porté ses fruits.

C'est donc tout un dénouement pour cet immeuble qui a été un lieu de vente de drogue et de prostitution pendant des années avec des centaines d'interventions policières, avant que le bâtiment ne soit incendié et fermé en 2018.

Les locataires du 3629 Sainte-Catherine auront donc la chance de pouvoir obtenir l'une des 14 chambres disponibles.

L'organisme voisin Dopamine s'en réjouit.

« C'est sûr que, pour nous, il y a eu un drame, puisque plusieurs de ces personnes qui étaient dans cette maison de chambre là n'ont pas pu se reloger ailleurs, ce qui est, pour nous, une réalité très difficile à vivre depuis l'incendie de mars 2018 », affirme Martin Pagé, directeur général de Dopamine.

Mais chez Haricot traiteur, autre voisin de l'ancienne piquerie, on est préoccupé. « C'est une bonne nouvelle, parce que je suis d'accord qu'on peut reloger toutes ces personnes-là, explique la propriétaire Marie-Hélène Reid, mais je me demande comment ça va être géré. C'est plus ça mon inquiétude, à savoir s'il va y avoir encore des traîneries, de la drogue, des poubelles en avant de chez nous, en avant du commerce. »

Le responsable du développement de l'habitation à la Ville, Robert Beaudry, se veut rassurant. « Il y a les CIUSSS [Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux] qui sont embarqués, il va y avoir deux comités de suivi, le SPVM aussi va assurer un suivi, donc on part d'une situation qui était chaotique, où c'était un propriétaire privé avec des gens désaffiliés. Là, c'est un organisme qui souhaite offrir de bonnes conditions de vie à ses locataires. »

Avec les informations de Julie Marceau

Grand Montréal

Engagement communautaire