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Comme le voulait Trump, deux démocrates interdites d’accès en Israël

Photomontage de Rashida Tlaib et Ilhan Omar, toutes deux souriantes.

Rashida Tlaib (Michigan) et Ilhan Omar (Minnesota) sont les premières musulmanes à siéger au Congrès américain.

Photo : Reuters / Rebecca Cook/Brian Snyder

Radio-Canada

Quelques heures après que le président américain eut demandé à Israël de fermer ses portes à deux élues démocrates du Congrès, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a annoncé jeudi qu'elles n'étaient pas les bienvenues.

Les autorités israéliennes ont expliqué leur décision par le fait qu'Ilhan Omar et Rashida Tlaib, les deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, utilisent la scène internationale pour soutenir la campagne de boycottage visant leur pays.

Le ministère de l'Intérieur a invoqué une loi israélienne permettant depuis 2017 d'interdire l'entrée en sol israélien aux partisans à l'initiative Boycottage, désinvestissement, sanctions (BDS), un mouvement de protestation contre l'occupation des Territoires palestiniens.

L'annonce est cependant survenue quelques heures après que Donald Trump eut clairement indiqué ses souhaits sur Twitter.

Ce serait faire preuve d'une grande faiblesse si Israël autorisait les représentantes Omar et Tlaib à se rendre sur place. Elles détestent Israël et tout le peuple juif, et il n'y a rien à dire ou à faire pour les faire changer d'avis.

Donald Trump, président des États-Unis

Les deux élues devaient atterrir cette fin de semaine à Tel-Aviv afin de visiter ensuite les Territoires palestiniens occupés, où elles étaient chaleureusement attendues. Rashida Tlaib y a encore de la famille.

Membres de l'aile gauche du Parti démocrate américain, Mmes Tlaib et Omar sont souvent prises pour cibles par le président, lors de rassemblements partisans ou sur Twitter. Le mois dernier, il les a appelées, elles ainsi que leurs collègues Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley, à « retourner » d'où elles venaient. Seule Ilhan Omar est née à l'extérieur des États-Unis.

Dans un communiqué, Ilhan Omar a dénoncé la décision des autorités israéliennes.

L'ironie dans le fait que la "seule démocratie" du Moyen-Orient prenne une telle décision est qu'il s'agit à la fois d'une insulte aux valeurs démocratiques et d'une réponse inquiétante à la visite de représentants gouvernementaux d'un pays allié.

Ilhan Omar, représentante du Minnesota

Une décision critiquée par le lobby pro-israélien aux États-Unis

Donald Trump et Benyamin Nétanyahou se serrent la main.

Le premier ministre Nétanyahou est un allié indéfectible du président Trump.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

La décision a été prise en accord avec le premier ministre Nétanyahou ainsi qu'avec les ministres des Affaires étrangères et des Affaires stratégiques, a précisé le ministère de l'Intérieur israélien dans un communiqué.

Aucun pays ne respecte plus les États-Unis et son Congrès que l'État d'Israël, a affirmé M. Nétanyahou.

Israël est ouvert aux visites à une exception près, celle de gens appelant à son boycottage et militant en ce sens, a ajouté le politicien, au centre d'une deuxième campagne électorale serrée en quelques mois.

Le plan des deux femmes du Congrès est seulement de nuire à Israël et de fomenter [l'opposition] contre Israël.

Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien

Les leaders démocrates au Sénat et à la Chambre des représentants ont dénoncé l'interdiction d'accès, mais aussi l'intervention de Donald Trump.

Le refus d'Israël de laisser entrer les représentantes Tlaib et Omar est un signe de faiblesse et de mépris qui ne sont pas dignes du grand État d'Israël, a déclaré la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi. Les déclarations du président sur les représentantes sont un signe d'ignorance et de manque de respect, indignes de la fonction présidentielle.

Le président Trump est pour sa part revenu à la charge sur Twitter. Les représentantes Omar et Tlaib sont le visage du Parti démocrate, et elles DÉTESTENT Israël!

Le principal lobby pro-israélien aux États-Unis, American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), a cependant critiqué la décision des autorités israéliennes.

Nous ne sommes pas d'accord avec le soutien des représentantes Omar et Tlaib au mouvement anti-israélien et anti-paix BDS, ainsi qu'avec les appels de la représentante Tlaib en faveur d'un seul État, a écrit l'organisation sur Twitter. Nous pensons également que chaque membre du Congrès devrait pouvoir visiter et faire l'expérience directe de notre allié démocratique, Israël.

Le mois dernier, la Chambre des représentants a adopté, par une forte majorité, une résolution bipartisane condamnant le mouvement de boycottage à l'égard d'Israël.

En début d'année, Ilhan Omar avait dû s'excuser d'avoir affirmé que le soutien américain à Israël était alimenté par des financements de l'AIPAC. Ses déclarations avaient été considérées comme antisémites et dénoncées jusque dans son propre camp.

Ce week-end, le chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, ainsi que le leader de la minorité républicaine en Chambre, Kevin McCarthy, qui sont à la tête d'une vaste délégation des deux partis en Israël, ont tous deux vu d'un bon œil la visite des deux élues. Ils ont estimé qu'elles pourraient apprendre de leur visite et en repartir avec une vision plus positive.

Les Palestiniens dénoncent un « acte d’hostilité »

Cette interdiction est « un acte d'hostilité scandaleux contre le peuple américain et ses représentants », a réagi Hanane Achraoui, une haute responsable palestinienne.

Il s'agit « d'une attaque contre le droit du peuple palestinien à nouer un dialogue avec le reste du monde », a ajouté cette membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Dans le village de Beit Ur al-Fauqa, les membres de la famille de Rachid Tlaib attendaient avec impatience la venue de la « fierté locale », qui devait rencontrer à partir de dimanche des organisations locales et les visiter.

Nous avons été surpris lorsque Trump a récemment demandé à Rashida et Ilhan de retourner dans leur pays d'origine. Aujourd'hui, Rashida veut rentrer chez elle, alors pourquoi font-ils tout pour l'en empêcher?

Bassam, oncle de Rashida Tlaib

Née à Détroit, dans le nord-est des États-Unis, Rachida Tlaib est devenue, en novembre 2018, la première élue américaine d'origine palestinienne, ses deux parents ayant grandi en Cisjordanie occupée.

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s'est accélérée au cours des dernières années sous l'impulsion de Benyamin Nétanyahou et de son allié Donald Trump.

Avec les informations de New York Times, CNN, AFP, et The Times of Israel

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