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Anacolor menace de retarder le déménagement de son usine

Vue sur l’enseigne de l’usine de peinture Anacolor.

L'usine de peinture Anacolor

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La controversée usine Anacolor menace de poursuivre ses activités à Cap-Rouge et de faire tomber l’entente qu’elle vient pourtant à peine de signer avec les citoyens du quartier pour mettre fin à leur action collective.

Il y a à peine cinq jours, l’entreprise spécialisée dans la peinture de pièces métalliques s'est engagée à verser 150 000 $ en indemnités aux citoyens du voisinage pour le rejet d’émissions polluantes et à cesser ses activités à Québec d'ici le 30 septembre.

Toutefois, le président de l’entreprise fait maintenant valoir des démêlés avec la Ville de Québec pour l’achat du terrain. Éric Nadeau affirme que la Ville ne veut pas respecter son engagement en raison de la présence d’une servitude de Vidéotron.

En juin 2018, la Ville s’est engagée à acheter le terrain pour la somme de 2,1 millions de dollars. M. Nadeau affirme que la servitude a toujours été claire dans les documents, mais que la Ville aurait soulevé le problème qu’il y atrois ou quatre mois.

Éric Nadeau explique ne pas avoir les liquidités nécessaires pour déménager ses opérations dans les nouvelles installations de Saint-Lambert-de-Lauzon sans l'argent du terrain.

Ces deux millions-là, on en a besoin pour payer beaucoup de factures. Le projet à Saint-Lambert a dépassé un peu les budgets qu'on pensait. Ça vient compromettre les ententes, affirme Éric Nadeau, président d’Anacolor.

Il affirme qu’il demandera à la juge de la Cour supérieure qui doit entériner l’entente avec les citoyens de l’annuler si la transaction n’est pas conclue d’ici là.

Vue sur le toit de l’usine Anacolor. On aperçoit six cheminées ayant un revêtement en métal. À l’arrière-plan, on reconnaît les piliers du tracel de Cap-Rouge.

L’usine de peinture Anacolor

Photo : Radio-Canada

Servitude non déclarée

La Ville de Québec reconnaît que la servitude pose problème et que les coûts de son déménagement seraient importants. Le prix du terrain pourrait donc être renégocié.

La Ville de Québec est toujours en négociations avec le propriétaire en raison de la présence d’une servitude non déclarée à l’origine qui limite de façon importante le redéveloppement de l’immeuble, s’est limité à dire le porte-parole de la Ville, David O’Brien.

Selon Éric Nadeau, Vidéotron demanderait 250 000 $ pour déplacer la servitude.

Entente non conditionnelle

L’avocate des citoyens doute qu’Anacolor puisse faire annuler l’entente qui dédommage ses clients. Me Anne-Julie Asselin affirme qu’elle n’est pas conditionnelle et qu’elle a été signée en toute connaissance de cause le 9 août dernier alors que la servitude compromettait déjà l’achat du terrain.

Les citoyens de Cap-Rouge gardent espoir de voir toute cette saga prendre fin.

Nous, comme citoyens, on n'a pas de pouvoir là-dessus, donc on s'en tient au bon vouloir des gens d'Anacolor pour laisser le quartier reprendre vie, souligne Catherine Arrouart

Éric Nadeau dit avoir ratifié l’accord avec les citoyens parce qu’il garde toujours espoir de trouver un accord avec la Ville.

J’ai signé l’entente avec les citoyens, parce que je crois qu’il y a moyen encore avec la Ville de trouver une solution pour qu’on soit parti de Cap-Rouge. Je veux absolument qu’il y ait une entente pour régler ce dossier une fois pour toutes, affirme-t-il.

Rappelons que l'entreprise a bénéficié d'un prêt de 9 millions de dollars du gouvernement du Québec en juin 2018 qui prévoyait le déménagement de l'usine d'ici le 1er octobre 2019.

Avec les informations de Marc-Antoine Lavoie

Québec

Mobilisation citoyenne