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Il y a 135 ans, l'Acadie se donnait un drapeau, un hymne et une devise

Des drapeaux acadiens ornent l'intérieur d'une église.

L'intérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste de Miscouche, à l'Île-du-Prince-Édouard, décoré à l'occasion du 135e anniversaire de l'adoption du drapeau acadien, qui a eu lieu à cet endroit en 1884.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

François Pierre Dufault

Il y a 135 ans, l'Acadie adoptait trois de ses plus grands symboles : un drapeau, un hymne national et une devise. Mercredi, une journée de commémoration a eu lieu dans le village de Miscouche, à l'Île-du-Prince-Édouard, hôte de la deuxième Convention nationale acadienne, lors de laquelle cette importante page d'histoire s'est écrite en 1884.

Cette journée de commémoration a eu lieu dans le cadre du Congrès mondial acadien (CMA) 2019, qui s'est déroulé pour la toute première fois dans la province insulaire.

Des centaines de personnes se sont rassemblées autour de l'église Saint-Jean-Baptiste, dont les deux clochers plantés bien droit au cœur du petit village de Miscouche sont visibles des kilomètres à la ronde.

À l'intérieur de l'église catholique, l'historien insulaire Georges Arsenault est revenu sur ce moment fondateur de l'Acadie du dernier siècle qu'a été l'adoption du drapeau tricolore étoilé et de l'hymne national Ave Maris Stella.

Le soir de la dernière séance de la Convention, l'abbé Marcel-François Richard a annoncé qu'il avait fait faire un drapeau tel qu'il l'avait imaginé. C'est là qu'il a dévoilé le drapeau. Il paraît que la salle était très émue. Et le père Richard a commencé à chanter un cantique en latin à la Vierge Marie, qui est la patronne des Acadiens, l'Ave Maris Stella.

Georges Arsenault, historien acadien de l'Île-du-Prince-Édouard

Lors de la Convention nationale de 1884 à Miscouche, les Acadiens ont aussi adopté une devise : L'union fait la force.

Trois ans plus tôt, lors de la première Convention nationale acadienne de 1881 à Memramcook, au Nouveau-Brunswick, le peuple acadien s'était donné une fête nationale, le 15 août, jour de la fête chrétienne de l'Assomption.

La façade d'une église le soir.

Les organisateurs du Congrès mondial acadien 2019 ont projeté un spectacle son et lumière, racontant la Convention nationale acadienne de 1884, sur la façade l'église Saint-Jean-Baptiste de Miscouche, à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Marika Bellavance

Mercredi soir, les organisateurs du CMA 2019 ont projeté un spectacle son et lumière racontant les événements de 1884 sur la façade de l'église Saint-Jean-Baptiste de Miscouche. L'émotion était palpable parmi les spectateurs.

J'ai scénarisé une famille, dont un enfant, qui vient à Miscouche assister à la Convention nationale acadienne, explique le scénariste du spectacle, Gabriel Robichaud. Et c'est à travers les yeux de cet enfant, qui raconte son voyage, qu'on découvre l'héritage de cette Convention. Les personnages historiques reviennent nous parler à travers cet enfant, qui amène aussi une certaine magie au récit.

Pour l'écrivain Gérald Boudreau, engagé depuis longtemps auprès de sa communauté du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, les avancées du peuple acadien depuis la rencontre de 1884 sont énormes et méritent d'être soulignées. C'est vrai qu'on n'a pas gagné toutes les batailles. Mais on fait du progrès, observe-t-il.

Edmond Richard, de l'Île-du-Prince-Édouard, note cependant qu'en dépit des lois qui protègent le français en milieu minoritaire, l'assimilation pèse toujours comme une menace sur les communautés acadiennes dans la province insulaire et ailleurs en Atlantique. Cet ancien président de la Société Saint-Thomas-d'Aquin demeure néanmoins optimiste pour la suite des choses.

Avec l'implantation d'écoles françaises, avec des festivités ou des activités culturelles, avec des rassemblements du peuple acadien, ça nous ramène à nos origines, à notre identité et à notre culture. Et puis, nécessairement, il faut penser à l'avenir.

Edmond Richard, ancien président de la Société Saint-Thomas-d'Aquin

Edmond Richard estime que le CMA a donné à l'Acadie des élans d'espoir, des élans de développement et des élans de confiance en ce qu'on peut faire si on travaille ensemble, si on se réunit. Selon lui, cette réunification du peuple acadien dispersé depuis la Déportation au milieu du 18e siècle demeure un grand défi pour l'avenir.

Gérald Boudreau voit quant à lui le CMA comme une Déportation à l'envers. Il décrit ces rassemblements qui ont lieu tous les cinq ans depuis 1994 comme des occasions pour les Acadiens dispersés partout dans le monde de se rapprocher et de réfléchir ensemble à un avenir meilleur. L'union fait la force, dit-il, comme l'ont montré ses ancêtres il y a 135 ans dans le village de Miscouche, à l'Île-du-Prince-Édouard.

Avec des informations de Marika Bellavance

Île-du-Prince-Édouard

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