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Plaidoyer pour un meilleur accompagnement des enfants surdoués

Le doigt levé d'une étudiante en classe.

Les enfants surdoués ont besoin de plus d'accompagnement, selon une chercheuse de l'UQAT. (archives)

Photo : Getty Images / Yuri

Thomas Deshaies

Un projet de recherche de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a notamment comme objectif de favoriser un accompagnement plus approprié des enfants surdoués par les acteurs du système d’éducation québécois. Un enjeu qui n’a pas fait l’objet de suffisamment de recherches au Québec, selon la professeure responsable de l’étude.

Un état de l’avancement du projet dirigé par la professeure Houria Hamzaoui a été présenté dans le cadre du 23e colloque du doctorat en éducation de l’UQAT jeudi matin.

Employés, UQAT © Louis Jalbert 2018

La professeure et chercheuse Houria Hamzaoui

Photo : UQAT/Louis Jalbert

Bien qu’il existe déjà plusieurs initiatives locales dans certaines commissions scolaires, il est nécessaire de sensibiliser davantage le milieu de l’éducation, clame Mme Hamzaoui. On souhaite offrir un cadre qui permettrait de répondre aux enseignants et enseignantes qui parfois se retrouvent démunis devant les besoins de ces élèves, explique-t-elle.

Mme Hamzaoui estime que le Québec accuse un certain retard comparativement aux autres provinces canadiennes. On n’a pas de cadre législatif de la part du ministère de l’Éducation, constate-t-elle, tout en précisant que plusieurs mythes sur le sujet sont bien ancrés dans l’imaginaire collectif québécois.

La douance ne rime pas toujours avec réussite scolaire

Les enfants surdoués font aussi parfois face à de graves embûches lors de leur parcours scolaire, souligne la professeure au département des sciences de l’éducation de l’UQAT. Certains présentent des troubles d’apprentissage, d’autres dérochent parce qu’on ne répond pas à leurs besoins, tranche Mme Hamzaoui.

L’école n’offre pas le cadre qui leur permet de développer leur talent.

Houria Hamzaoui

La Valdorienne Geneviève Savoie, mère d’une enfant ayant été diagnostiquée avec une douance, est du même avis que Mme Hamzaoui. Sa fille, qui vient de faire son entrée au cégep à l’âge de 15 ans, a éprouvé des difficultés à évoluer dans le système d’éducation. Ma fille pleurait pour ne pas aller à l’école, pas parce qu’elle ne comprenait pas, mais parce qu’elle n’apprenait pas, se rappelle-t-elle.

Malgré la bonne volonté des enseignants, Mme Savoie a été forcée de constater qu’ils ne pouvaient pas toujours offrir un accompagnement adéquat. Malheureusement et heureusement, les ressources sont mises en ce moment sur les difficultés d’apprentissage et de comportement et les grands oubliés, ce sont les élèves qui ont un diagnostic, une confirmation de douance, déplore-t-elle. Mais notre mission quand on enseigne, c’est d’amener chacun à développer son plein potentiel.

Exclusion et difficultés relationnelles

La fille de Mme Savoie éprouvait également des difficultés relationnelles à l’école primaire et secondaire. « Parce qu’elle se rendait bien compte qu’elle était différente », se rappelle-t-elle.

Une femme qui écrit dans un cahier sourit à la caméra.

La fille de Geneviève Savoie entre au Cégep à l'âge de 15 ans seulement.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

La professeure Hamzaoui constate qu’il est caractéristique pour les enfants surdoués de se « refermer sur eux-mêmes ». Certains d’entre eux vont se cacher parce qu’ils ne veulent pas être pointés du doigt, explique-t-elle.

D'ailleurs, la fille de Mme Savoie n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue ni être nommée dans l’article. Encore aujourd’hui, elle vous dirait que si elle avait la possibilité d’être comme tout le monde, c’est ce qu’elle ferait, constate sa mère.

Mme Lavoie, qui a été enseignante durant plusieurs années, a choisi de s’inscrire à la maîtrise pour favoriser le développement d’approches novatrices concernant l’accompagnement des enfants doués. C’est à l’état embryonnaire maintenant, mais on souhaite à la Commission scolaire de l’Or-et-des-Bois avoir une structure qui nous permette d’accueillir plus adéquatement ces élèves, explique-t-elle.

Abitibi–Témiscamingue

Éducation