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Sports électroniques : le défi particulier du Canada

Une photo montrant un drapeau canadien suspendu à une chaise de bureau devant un ordinateur.

Selon Adam Climan, le Canada a besoin de davantage d'entreprises se consacrant aux sports électroniques pour que l'industrie atteigne son plein potentiel au pays.

Photo : Ubisoft Canada

Karl-Philip Vallée

Des stades remplis de gens passionnés; des joueurs et joueuses qu'on adule; des compétitions dans les plus grandes métropoles mondiales… Il ne fait plus aucun doute aujourd’hui que les sports électroniques fascinent la planète. Mais qu’en est-il de la situation au Canada? État des lieux avec Adam Climan, gestionnaire de la division esports et communications à Ubisoft Canada.

Radio-Canada Techno : Quelles sont les grandes tendances que vous observez actuellement dans l’industrie des sports électroniques au Canada?

Adam Climan : Je remarque que les joueurs et joueuses tiennent beaucoup à améliorer leur niveau de jeu, mais pour l’instant, il n’y a pas beaucoup d’organisations de sports électroniques au Canada pour soutenir la relève.

Le Canada veut faire partie du monde des sports électroniques. Malheureusement, les joueurs et joueuses ne savent pas toujours par où commencer pour y arriver. Actuellement, ces personnes s’instruisent en ligne, par exemple en regardant des vidéos sur YouTube.

Heureusement, les entreprises du secteur qui sont déjà établies ou qui arrivent au pays montrent un intérêt à faire croître le marché et à accompagner les personnes qui jouent. Des lieux consacrés aux sports électroniques comme Esports Central et Montreal Esports, ou encore des compétitions comme les Nationaux canadiens de Rainbow Six Siege aident aussi les joueurs et joueuses à se faire remarquer et à s’améliorer.

Une photo d'Adam Climan sur un toit, avec un paysage urbain en arrière-plan.

Adam Climan estime que le marché québécois des sports électroniques est particulièrement vigoureux.

Photo : Radio-Canada / Karl-Philip Vallée

On voit aussi que ça se développe du côté scolaire avec des bourses d’études, et que des organisations comme Montreal Esports organisent des camps de jour pour les plus jeunes.

Les sports électroniques ne sont pas si différents des sports traditionnels comme le hockey. On commence à jouer au niveau local, puis on grandit là-dedans jusqu’à atteindre un niveau supérieur. 

R.-C. Techno : Qu’est-ce qui distingue le marché canadien de ceux d’autres pays; les États-Unis, par exemple?

A. C. : Il y a beaucoup plus de commanditaires aux États-Unis, et comme il y a plus de commanditaires, il y a plus de personnes qui jouent là-bas; plus d’équipes et d’associations. En même temps, la population y est 10 fois plus grande, alors c’est normal que ce marché soit plus grand qu’au Canada.

Quand même, on sait qu’il y a de grands adeptes des jeux vidéo au Canada et on conçoit beaucoup de grands jeux à Montréal, à Toronto et partout au pays.

En ce qui a trait aux jeux vidéo, on a la même culture que les États-Unis, les mêmes valeurs, le même amour, mais toute l’attention s’en va vers nos voisins du Sud. On n'a peut-être pas les mêmes chiffres qu’aux États-Unis, mais on a tout autant la même passion. 

Je pense que le Canada a vraiment besoin d’entreprises et de tournois pour s’adresser au peuple canadien pour lui dire: « Nous sommes ici ». 

R.-C. Techno : Observez-vous une progression?

A. C. : Absolument. À mon avis, le Canada a un peu de rattrapage à faire, mais il est sur la bonne voie. 

Des gens assis dans un auditorium assistent à un match de sports électroniques.

Des gens se rassemblent par milliers dans des stades pour assister à des compétitions de sports électroniques, dont certaines rapportent des millions aux personnes gagnantes.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

R.-C. Techno : Récemment, Vancouver et Toronto se sont jointes à la ligue professionnelle d’Overwatch (Overwatch League), mais Montréal semble oubliée. Y a-t-il un intérêt moins élevé pour les sports électroniques au Québec?

A. C. : À mon avis, ce n’est pas du tout le cas. Si je regarde les Nationaux canadiens de Rainbow Six Siege [organisés par Ubisoft], plusieurs de nos équipes viennent de Montréal ou de Québec.

Honnêtement, à Ubisoft, on observe que pour les sports électroniques, le Québec est au cœur de l’engouement, plus qu’ailleurs au pays. C’est peut-être différent pour Overwatch ou pour d’autres jeux, mais pour nous, on remarque vraiment un grand appétit pour Rainbow Six Siege et les sports électroniques à Montréal. 

R.-C. Techno : Quelle est la priorité d’Ubisoft en ce qui a trait aux sports électroniques canadiens?

A. C. : Pour nous, l’objectif est d’aider nos équipes à se développer davantage, de mettre l’accent sur l’éducation du public et de permettre au marché canadien de prendre de l’expansion.

Les sports électroniques, ce n’est pas une mode passagère; c’est là pour rester. Et l’éducation du public fait certainement partie des plus importants défis de l’industrie, parce qu’une fois que les gens comprendront les sports électroniques, l’engouement pour cette discipline va exploser. 

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