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Hong Kong : la Chine amorce une démonstration de force

Des camions et des véhicules blindés de transport de troupes près du stade de Shenzhen Bay.

Une centaine de véhicules militaires stationnés à Shenzhen, près de Hong Kong, laissent croire à une intervention militaire.

Photo : Getty Images / STR

Radio-Canada

La Chine masse des forces paramilitaires à Shenzhen, près de la frontière de Hong Kong, laissant planer la menace d’une intervention musclée pour réprimer le mouvement de contestation qui secoue ce territoire. Pékin a également lancé une mise en garde contre toute tentative d’ingérence étrangère.

Le mouvement de protestation en faveur de la démocratie lancé depuis plus de deux mois à Hong Kong ne faiblit pas dans cette ancienne colonie britannique restituée à la Chine en 1997.

En réaction, une centaine de véhicules militaires, dont des blindés, sont stationnés près d'un stade de Shenzhen, de même que des paramilitaires de la Police armée du peuple marchant en formation.

Sous couvert de l’anonymat, des diplomates de Hong Kong cités par Reuters ont dit jeudi croire que les autorités chinoises sont bien conscientes que la présence de forces continentales mettrait à mal le modèle un pays, deux systèmes qui caractérise Hong Kong, un centre financier mondial.

Ils pensent toutefois que les tensions observées actuellement relèvent plus de la propagande et que les blindés ne sont pas près de rouler sur Hong Kong.

Des forces  de sécurité chinoises en formation à Shenzhen près de Hong Kong le 15 août 2019.

La déclaration de l’ambassadeur chinois à Londres intervient au moment où des forces paramilitaires effectuent des manœuvres à Shenzhen.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Le département d'État américain s’est dit profondément préoccupé par la concentration de forces chinoise près de la frontière hongkongaise.

Washington a prévenu que toute dégradation de l'autonomie de l'ancienne colonie britannique mettrait en péril le statut commercial préférentiel dont jouit Hong Kong auprès des États-Unis.

Le président américain Donald Trump a suggéré à son homologue chinois Xi Jinping de rencontrer les manifestants de Hong Kong. Un tel geste permettrait de régler la crise en douceur, selon le locataire de la Maison-Blanche.

Si le président Xi rencontrait directement et en personne les manifestants, il y aurait une fin heureuse et positive au problème de Hong Kong. Je n'en doute pas, a écrit Donald Trump sur son compte Twitter.

Le ministère français des Affaires étrangères a aussi appelé les parties à renouer le dialogue afin de trouver une issue pacifique à la crise.

Un avertissement

Mais Pékin ne pourra pas rester les bras croisés [...] si la situation à Hong Kong continue de se détériorer, a prévenu jeudi l’ambassadeur de Chine à Londres.

S’adressant aux médias, Liu Xiaoming a déclaré que Pékin avait le pouvoir de réprimer rapidement toute agitation, qualifiant les actes des manifestants de graves et violents et estimant qu'ils montrent déjà des signes de terrorisme.

Le gouvernement central chinois ne laissera jamais quelques criminels violents entraîner Hong Kong sur une route dangereuse, vers des abysses dangereux.

Liu Xiaoming, ambassadeur de Chine à Londres
Liu Xiaoming, ambassadeur de Chine à Londres, lors d'une conférence de presse le 15 août 2019

Pékin a le pouvoir de « réprimer rapidement toute agitation », a déclaré Liu Xiaoming ambassadeur de Chine à Londres.

Photo : Reuters / Simon Dawson

Hong Kong fait partie de la Chine. Aucun pays étranger ne doit s'ingérer. [...] Nous demandons aux puissances étrangères de respecter la souveraineté chinoise, a déclaré l'ambassadeur chinois, qui ajoute cependant : Nous sommes ouverts à la discussion.

M. Liu a rappelé que maintenir la stabilité de Hong Kong est dans l’intérêt de la Chine, mais aussi de la communauté internationale.

La semaine dernière, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao s’était montré encore plus menaçant.

Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu, avait alors affirmé Yang Guang, montrant du doigt une poignée de militants qui seraient à l'origine de l'agitation, avec l'appui de forces étrangères.

La police de Hong Kong a interpellé 748 personnes depuis le début du mouvement en juin, dont 17 mercredi.

Le mouvement de contestation a pour origine la volonté du gouvernement pro-Pékin d'adopter un projet de loi permettant au gouvernement d'extrader ses citoyens en Chine continentale pour y être jugés.

Le gouvernement de Hong Kong a suspendu son projet de loi, mais ce n’était pas assez aux yeux des députés opposés au texte. Ils ont vite été rejoints par des militants prodémocratie avant que le mouvement ne gagne les jeunes de plus en plus organisés pour devenir un véritable front défiant les autorités de Hong Kong et de Pékin.

Avec les informations de Reuters, et Agence France Presse

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