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Avenir de Capitales Médias : Martin Cauchon envisage toutes les options

Martin Cauchon lors d'une conférence.

Le président exécutif de Groupe Capitales Médias, Martin Cauchon

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Le président du Groupe Capitales Médias (GCM), Martin Cauchon, est sorti de son mutisme jeudi matin en publiant une lettre ouverte dans les quotidiens du groupe médiatique. Il indique que « toutes les options » sont envisagées pour assurer leur survie.

Je demeure personnellement confiant en l’avenir. Nos quotidiens sont là pour rester, assure dans un premier temps M. Cauchon. Aussi allons-nous continuer de regarder toutes les options disponibles et déployer tous les efforts pour assurer la pérennité à long terme de nos quotidiens et l’avenir de nos équipes.

Dans une note interne obtenue par La Presse canadienne mercredi, le président de GCM affirme que la gestion financière de l'entreprise doit être serrée puisqu'elle est à court de liquidités.

Le 98,5 FM rapportait pour sa part que le groupe de presse, qui possède d'importants journaux régionaux, dont Le Soleil de Québec et Le Nouvelliste de Trois-Rivières, pourrait mettre la clé sous la porte d’ici le 26 août, date à laquelle débutera la commission parlementaire sur l'avenir des médias d’information.

Si Québec s’est montré disposé à assurer une aide d’urgence au groupe médiatique, l’option d’une vente à d’autres compétiteurs a aussi été évoquée.

Des médias ont rapporté que Québecor et Cogeco étaient en pourparlers avec l’entreprise de M. Cauchon.

Cogeco a cependant affirmé n’avoir eu aucune discussion avec GCM. On ne sait pas d'où ça vient [cette information], a commenté jeudi la porte-parole de Cogeco, Nancy Bouffard. Elle ne pouvait confirmer toutefois si des responsables de GCM avaient pris contact avec le groupe de stations de radio.

Mise en garde contre la concentration de la presse

Le Parti libéral du Québec a mis en garde le gouvernement contre la concentration de la presse advenant que Québecor rachète GCM.

Dans une mêlée de presse au parlement, la porte-parole de la formation en matière de culture et de communications, Isabelle Melançon, a fait valoir l'importance pour les citoyens du Québec, dans chacune des régions, d'avoir accès à plusieurs sources d'information différentes.

Sa collègue Christine St-Pierre a dit craindre une concentration de la presse et insisté sur une diversité des voix en démocratie.

Mme Melançon a en outre déploré l'inaction du gouvernement Legault, qui connaît la situation difficile de GCM depuis avril.

En entrevue à ICI RDI, le vice-président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Jean-Thomas Léveillé, s'est également dit inquiet de la possible disparition des journaux régionaux.

Ça prend des médias, des journalistes pour fouiller, pour poser des questions et assurer un contre-pouvoir, estime M. Léveillé, évoquant les histoires de maires magouilleurs.

Même son de cloche du côté de Jacques Létourneau, président de la CSN, qui représente la plupart des employés syndiqués de Groupe Capitales Médias.

D’un point de vue de démocratie et d’accès à l’information, c’est très préoccupant, a déclaré M. Létourneau, en entrevue à La matinale d'été.

Ce n’est pas qu'une question [d'entreprises] privées, c’est surtout une question d’intérêt public.

Jacques Létourneau, président de la CSN

Facebook et Google montrées du doigt

Martin Cauchon blâme les géants du web, Google et Facebook, d'avoir ébranlé le modèle d’affaires de ses médias en [s’accaparant] près de 80 % de toute la publicité diffusée au Canada sur Internet.

Il faut notamment que de plus en plus de gens réalisent que l’information fouillée a un coût qu’il faut accepter de payer pour ne pas se retrouver à la merci de ceux et celles qui ont les moyens de présenter les choses à leur avantage et au détriment de l’intérêt public, estime Martin Cauchon.

Il faut rectifier les choses : le modèle d’affaires, il fonctionne parce que la publicité, elle existe encore. Elle s’est déplacée sur Internet. Il n’y a pas un problème de lectorat non plus, nuance pour sa part M. Léveillé. Le problème, c’est que les géants du web prennent les contenus des journaux, les diffusent, engrangent des revenus publicitaires là-dessus et les journaux, eux, ne reçoivent rien.

C’est comme si vous aviez un restaurant et que moi, j’avais une entreprise de livraison et que je livrais vos repas en gardant tous les revenus. Vous diriez que c’est du vol. C’est ça, c’est du vol.

Jean-Thomas Léveillé, vice-président de la FPJQ

M. Léveillé ne croit pas qu'une aide ponctuelle réglera le problème de la vitalité financière des médias, puisque les problèmes auxquels ils font face sont complexes.

Pour Jacques Létourneau, une « solution unique » pour venir en aide à tous les médias « n'existe pas ». Il faudra, à son avis, étudier la situation de chacun des acteurs médiatiques québécois.

Il faut minimalement instaurer des mesures de transition, des mesures fiscales, ajoute-t-il. La CSN déposera d'ailleurs un mémoire lors de la commission parlementaire sur l'avenir des médias.

Groupe Capitales Médias possède notamment Le Droit d'Ottawa-Gatineau, La Tribune de Sherbrooke, La Voix de l'Est de Granby, Le Quotidien et Le Progrès week-end à Saguenay.

Avec les informations de La Presse canadienne

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