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Wall Street s'effondre, les investisseurs craignant une récession

Un homme se tenant la tête entouré d'écrans d'ordinateur.

Le négociateur Mario Picone, qui travaille à la Bourse de New York, a connu une dure séance le 14 août 2019.

Photo : The Associated Press / Richard Drew

Agence France-Presse

Tensions commerciales entre Washington et Pékin toujours vives, croissance chinoise et européenne marquant le pas : inquiets au sujet du ralentissement de l'économie mondiale, les investisseurs ont délaissé mercredi le marché des actions au profit de valeurs jugées plus sûres, comme l'or et les obligations d'État.

Face à la multiplication des signes précurseurs de récession, les acteurs du marché manifestent de plus en plus leur aversion pour le marché boursier, considéré comme plus risqué.

Cela a lourdement fait chuter Wall Street. Son indice vedette, le Dow Jones, a encaissé sa plus lourde perte de l'année en reculant de 3,05 % à 25 479,42 points.

L'indice Nasdaq, à forte concentration technologique, a cédé 3,02 % à 7773,94 points et l'indice élargi S&P 500 a lâché 2,93 % à 2840,60 points.

Les Bourses européennes ont également subi le contrecoup du climat d'inquiétude à propos de l'économie mondiale. Le CAC 40 a perdu 2,08 % à Paris, le Dax a reculé de 2,19 % à Francfort et le FTSE 100 a cédé 1,32 % à Londres.

L'appétit des investisseurs s'est en revanche porté sur d'autres valeurs refuges comme l'or, qui a bondi. L'once a terminé mercredi à son plus haut niveau depuis 2013, à 1516,44 $ US l'once.

Les bons du Trésor américains, généralement moins soumis aux aléas économiques, ont aussi attiré les investisseurs.

Le rendement des obligations américaines, qui diminue lorsque leur prix augmente, a dégringolé.

Avant l'ouverture de Wall Street, le taux d'intérêt sur les bons du Trésor américains à 10 ans est passé temporairement sous celui des bons à deux ans, pour la première fois en 12 ans, signal de mauvais augure pour la croissance mondiale.

L'inversion de la courbe des taux n'a été que de courte durée, mais elle a été très remarquée, pesant fortement sur les marchés des actions.

Ce phénomène est en effet craint par les investisseurs comme un signe historiquement avant-coureur de récession.

Il signifie que les investisseurs pensent qu'une contraction de l'économie se profile dans les 12 à 18 mois et que la Fed devra intervenir pour baisser les taux d'intérêt.

Des reculs notables

Les investisseurs ont été d'autant plus échaudés mercredi que le produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne a reculé au deuxième trimestre et que la croissance de la production industrielle chinoise s'est affaiblie, tombant au plus bas en 17 ans en juillet.

Si cette inversion [de la courbe des taux] se confirme, cela voudrait dire que le marché des actions souffrirait encore plus en raison des incertitudes, et qu'on observerait une ruée vers des actifs jugés plus sûrs, comme les obligations, a souligné Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Je pense qu'une récession est de plus en plus probable, a affirmé en début de semaine Mark Zandi économiste en chef pour Moody's Analytics.

Les risques qu'une récession intervienne entre maintenant et la fin de 2020 sont un peu supérieurs à 50 % si le président (Trump) met ses menaces sur les tarifs douaniers à exécution, a-t-il ajouté.

L'administration américaine a annoncé mardi reporter à mi-décembre l'application de tarifs douaniers supplémentaires sur certains produits fabriqués en Chine, initialement prévue le 1er septembre.

Une récente note d'économistes de Bank of America a aussi parlé d'une augmentation des risques de récession, vue désormais comme probable à 33 % au lieu de 20 % auparavant.

Les cours du pétrole ont également dégringolé mercredi, au moment où les tensions commerciales persistantes menacent la demande mondiale d'or noir.

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