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La famille d'un aventurier mort sur le Grand lac des Esclaves poursuit sa quête écologique

Un homme couché à travers son équipement fait le signe de paix avec ses doigts.

Thomas Destailleur s'était entraîné et préparé pendant plusieurs mois avant le début de son voyage.

Photo : Thomas Destailleur

Mario De Ciccio

La famille de Thomas Destailleur, un kayakiste français retrouvé mort dans le Grand lac des Esclaves, dans les Territoires du Nord-Ouest, espère continuer de transmettre le message écologique que le jeune homme voulait faire passer avec son aventure dans le Grand Nord.

L’homme de 30 ans, originaire de Lille, dans le nord de la France, s’était donné pour mission de traverser à vélo et en kayak les 3700 kilomètres qui séparent Jasper, dans les montagnes Rocheuses albertaines, aux côtes de l'Arctique, dans les Territoires du Nord-Ouest.  

C’est sur le Grand lac des Esclaves entre Fort Resolution et Hay River qu’il a été porté disparu, le 7 août, quand il n’a pas communiqué avec ses proches comme prévu. Son corps et son kayak ont été retrouvés plus tard dans la journée. Le bureau du coroner des T.N.-O. poursuit son enquête. 

Cette aventure faisait partie de la première étape d’un projet de conscientisation écologique que le jeune homme avait entrepris sur les réseaux sociaux. 

Avec ce trajet, il comptait, selon son site web, « rendre compte de la beauté et de la fragilité de ces milieux naturels et dénoncer certaines pratiques et comportements » en passant par des endroits comme les sables bitumineux du nord albertain et en voyageant le long de la ligne 21 du pipeline d'Enbridge vers Norman Wells, dans les T.N-O. 

Thomas Destailleur dans un kayak.

« L’eau étant l’un des plus grands enjeux environnementaux et écologiques de notre futur, j’ai choisi de suivre son cycle et de traverser le Canada au fil de l’eau », expliquait Thomas Destailleur.

Photo : Thomas Destailleur

Si Thomas Destailleur n’est plus là pour continuer son travail de sensibilisation, sa famille, en France, est déterminée à continuer la transmission de son message. 

« C’était un soleil chez nous. Il avait une dose de bonne humeur et d’optimisme, raconte son frère aîné, Grégoire Destailleur. Il était vraiment impliqué dans son projet et il nous donnait toujours de bons conseils pour améliorer notre façon de vivre, sans jamais imposer les choses. »  

Il est trop tôt pour dire quelle forme prendra la suite du projet, mais la famille est déterminée à, d’abord, réaliser une forme de documentaire avec tout ce que Thomas Destailleur a accumulé lors de son voyage. 

Ce projet, c’était son bébé. On a de la chance, il nous a laissé quelque chose et c’est ce quelque chose qui va nous permettre de le faire vivre.

Grégoire Destailleur, frère de Thomas Destailleur

Pour sa famille et ses amis, Thomas Destailleur était un véritable exemple de détermination écologique.

« Il y a un problème avec la planète, dit son frère. On en est tous conscients, on sait tous qu’il y a des actions à faire, mais le problème, c’est qu’on ne le fait pas forcément et qu’on ne sait pas comment transmettre ce message. Il a vraiment voulu le faire d’une façon originale et différente, et je pense que ça peut être un exemple pour beaucoup de personnes. »

Un homme et un vélo devant les glaciers.

La première portion de son voyage s'est faite à vélo entre les montagnes rocheuses et Fort McMurray, en Alberta.

Photo : Thomas Destailleur

Des rencontres en cours de route

Le jeune aventurier utilisait son compte Facebook pour publier ses photos et raconter son état d’esprit et ses découvertes.

Parmi ses publications, il raconte, entre autres, ses rencontres avec des familles qui l’ont accueilli ou ce qu’il a appris sur l’exploitation des sables bitumineux lors d’une visite dans un site d’extraction avec un homme de Fort McMurray.

« Il voulait vraiment échanger avec les gens, explique son frère. Il voulait passer son message, mais sans imposer le fait de dire : "Voilà, j’arrive et je tape du poing sur la table, ce n’est pas bien." Il voulait vraiment échanger avec ces personnes [pour entendre les différentes opinions]. »

Pendant la préparation pour son voyage, l’aventurier était d'ailleurs entré en contact avec certains membres des communautés où il allait s’arrêter.

Abe Drennan, du groupe Climate Action, à Inuvik, avait prévu de rencontrer le voyageur. Son groupe et lui étaient enthousiastes à l'idée de pouvoir discuter de leurs réalités et des valeurs qu’ils ont en commun avec Thomas Destailleur.  

« C’est très important de parler des changements climatiques avec tout le monde, dit-il. Thomas semblait avoir une vision pour ce qu’il espérait de la planète. Je crois que les gens devraient beaucoup plus parler de ces choses et continuer cette discussion de façon positive. »

Grand-Nord

Environnement