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Cette saison, les retourneurs font la loi dans la LCF

Le footballeur Loucheiz Purifoy s'amuse avec un coéquipier après avoir inscrit un touché.

Loucheiz Purifoy (à gauche), des Roughriders, célèbre son touché marqué sur un retour de botté de 87 verges le 27 juillet dernier contre les Lions de la Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Charles Lalande

La domination des retourneurs de bottés cette saison dans la Ligue canadienne de football (LCF) fait en sorte qu'ils sont en voie de battre un record vieux de 15 ans avant même la conclusion de la première moitié du calendrier régulier.

Le record du plus grand nombre de touchés sur des retours de bottés en une saison dans la LCF est de 22. Il a été établi en 2004.

En 2019, après la 10e semaine d’activité, 18 bottés ont été retournés dans la zone des buts.

Nombre de touchés sur des retours de bottés dans la LCF au fil des saisons :

  • 2014 : 13
  • 2015 : 13
  • 2016 : 14
  • 2017 : 16
  • 2018 : 15
  • 2019 : 18 (après 10 semaines sur 21)


Source : Ligue canadienne de football

Utilisé à toutes les sauces au sein des unités spéciales, le demi défensif du Rouge et Noir d’Ottawa, Jean-Philippe Bolduc, attribue cette domination des retourneurs aux coordonnateurs des unités spéciales qui ont su s’adapter à un règlement modifié par la LCF il y a quelques années.

Les coordonnateurs des unités spéciales ont su exploiter le règlement, en créant encore plus d’espace pour le retourneur. Ce qui permet tous ces retours explosifs, explique celui qui en est à sa quatrième saison dans la capitale fédérale.

Jean-Philippe Bolduc effectue un plaqué sur un rival torontois.

Sur cette séquence, Jean-Philippe Bolduc (20) plaque le porteur de ballon Martese Jackson (archives).

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Depuis la saison 2015, en situation de bottés de dégagement, les cinq joueurs de ligne ne sont plus autorisés à traverser la ligne de mêlée avant que le ballon ait quitté le pied de leur botteur.

Le directeur principal de l’arbitrage de la ligue, Darren Hackwood, précise que cette modification avait plusieurs objectifs, notamment celle de réduire le nombre de pénalités pour blocs illégaux et celles pour non-respect de l’immunité.

Le but était de libérer de l’espace au centre du terrain pour augmenter le nombre de touchés.

Darren Hackwood

Cette proposition du comité des règlements de la LCF, déposée en mars 2015, était au cœur d’une série de recommandations qui désirait « créer plus d’espace, générer plus de vitesse et donner lieu à plus d’action ».

Autre facteur qui pourrait expliquer cette hausse importante : Darren Hackwood affirme que les officiels ont été informés il y a quelques années d'appeler seulement les pénalités évidentes qui ont un impact direct sur le déroulement du jeu.

Les arbitres doivent être alertes et déterminer dans le feu de l’action la différence entre un bloc légal et illégal. Nous ne voulons pas qu’ils appellent des pénalités fantômes chaque fois qu’un joueur est au sol.

Darren Hackwood en entrevue pour le site officiel de la LCF.

En poste au sein de la LCF depuis 11 ans, Darren Hackwood en est à sa deuxième saison comme directeur principal de l’arbitrage de la ligue.

Photo : Capture d'écran/LCF.ca

Respecter des unités spéciales

À l’exception des Eskimos d’Edmonton, les huit autres formations de la LCF ont marqué au moins un majeur sur un retour de botté depuis le lancement de la saison en juin dernier.

Jusqu’à maintenant, seuls les Tiger-Cats de Hamilton et le Rouge et Noir d’Ottawa n’ont pas été victimes de cette domination des retourneurs. Et le numéro 20 du Rouge et Noir souhaite que rien ne change pour son équipe : « Je vais toucher du bois, mais nous espérons que ça va rester comme ça. »

Nombre de touchés marqués cette saison sur des retours de bottés après 10 semaines :

  • Tiger-Cats de Hamilton : 5
  • Lions de la Colombie-Britannique : 3
  • Blue Bombers de Winnipeg : 3
  • Roughriders de la Saskatchewan : 2
  • Rouge et Noir d’Ottawa : 2
  • Alouettes de Montréal : 1
  • Argonauts de Toronto : 1
  • Stampeders de Calgary : 1
  • Eskimos d’Edmonton : 0

À travers la LCF, plusieurs joueurs comme Jean-Philippe Bolduc sont utilisés presque exclusivement dans le cadre des unités spéciales, et ils en font une fierté. Ceux-ci, à l'instar de plusieurs autres intervenants du monde du football, s’allient pour que les amateurs de ballon ovale reconnaissent l’importance de cette phase du jeu, au même titre qu’à l’offensive et à la défensive.

Dans nos réunions, nous répétons souvent que les unités spéciales, c’est le tiers du football canadien. Cette saison, les touchés des retourneurs nous donnent raison. Ça peut complètement changer l’allure d’un match, insiste celui qui peut aussi jouer au poste de maraudeur.

Un bel exemple : le 2 août dernier, Ottawa l’a emporté 30 à 27 en prolongation contre les Alouettes de Montréal. Au cours du match, le retourneur Devonte Dedmon a inscrit deux majeurs qui ont fait la différence. Le premier, de 111 verges, sur un botté d’envoi, et le second, de 95 verges en situation de dégagement.

C’est assez spectaculaire de voir autant de touchés [marqués] par les retourneurs. Ça fait partie du produit que la ligue veut créer, et si ça peut permettre d’attirer plus de partisans, nous, les joueurs, serons bien heureux. Nous avons besoin de voir nos stades remplis, conclut le Montréalais de 28 ans.

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