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L’intérêt des pétrolières prime sur celui du public en C.-B., selon un rapport

Un ouvrier surveille des réservoirs et des tuyaux servant à l'extraction de gaz de schiste. Des montagnes enneigées en arrière-plan.

Le recours croissant à la fracturation hydraulique n'a pas été anticipé par la Commission, selon le rapport intitulé «Captured» qui accable cette société d'État.

Photo : Associated Press / Brennan Linsley

Maud Cucchi

La Commission du gaz et du pétrole de la Colombie-Britannique a failli à son mandat de forcer l’industrie qu’elle régule à rendre des comptes, et ce, à plusieurs reprises depuis 2017, selon un rapport du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), un institut de recherche non-gouvernemental.

Des dizaines de barrages ont été construits sans autorisation par des entreprises d’énergies fossiles, alerte le rapport.

Il ajoute que la plupart d'entre eux permettent de retenir les grandes quantités d’eau nécessaires aux opérations de fracturation et mettent en danger la sécurité et la santé du public.

« C’est une agence qui travaille pour l’industrie, non pour le bien public », résume David MacDonald, l'économiste principal du CCPA.

Elle devrait être une agence de régulation, mais c’est devenu une agence de facilitation des demandes de l’industrie [fossile].

David MacDonald, économiste du CCPA

Le document d’une quarantaine de pages révèle aussi que plus d’une centaine de puits de gaz naturel présentent toujours des fuites de méthane, six ans après un audit de la Commission du gaz et du pétrole.

Son auteur, Ben Parfitt, dénonce le fait que depuis la création de la commission en 1998, beaucoup de facteurs ont changé au sein de l’industrie de l’énergie fossile sans avoir été anticipés.

Il cite notamment l’exploitation du gaz naturel et des hydrocarbures s’étendant désormais dans des secteurs « non conventionnels » et le recours croissant à la fracture hydraulique et au gaz de schiste.

Des projets d’envergure, comme celui de LNG Canada, « vont entraîner une augmentation brutale des opérations de forage de gaz naturel et de fracturation dans le nord-est de la Colombie-Britannique », met en garde le rapport.

Contacté par Radio-Canada, le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources naturelles soutient que l'analyse de ce rapport est en cours.

Une nécessaire réforme

Les tensions de plus en plus nombreuses entre les Premières Nations et le gouvernement provincial concernant les combustibles fossiles sont également des facteurs à prendre en considération, peut-on lire dans le document.

Son auteur donne six recommandations en tenant compte, assure-t-il, de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptées officiellement par le gouvernement du Canada en 2010.

Recommandations de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

  1. Créer un nouvel organisme indépendant pour contrôler l’application des règles dans le secteur de l’énergie fossile.
  2. Restructurer le conseil de la Commission, lui retirer son pouvoir de changer les règles et transférer ce pouvoir à un ministère de l’Énergie.
  3. Instaurer de nouveaux accords de cogouvernance et de cogestion avec les Premières Nations.
  4. Restaurer une seule autorité de l’eau pour réguler tous les usages de l’eau.
  5. Exiger de la part de la Commission de rendre accessible toute information utile au public, et ce dans des délais raisonnables.
  6. Obliger le Ministère de l'Environnement et du Changement climatique à publier un rapport annuel sur la façon dont les décisions et contrôles de la Commission s’inscrivent dans les engagements provinciaux contre le réchauffement climatique.

Colombie-Britannique et Yukon

Politique provinciale