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La restructuration du système de santé vécue par une infirmière

Radio-Canada

Le système des soins de santé est au coeur de la campagne électorale manitobaine. L’infirmière Lianne Bjornson raconte comment elle vit, au quotidien, les changements mis en place au cours des dernières années.

Il y a deux ans, le gouvernement conservateur annonçait la fermeture des services d'urgence de trois hôpitaux. La province jugeait alors que la restructuration du système de santé était un mal nécessaire. Selon ses détracteurs, les changements étaient précipités.

Au coeur de ces bouleversements, Lianne Bjornson, infirmière à l'urgence de l'Hôpital Saint-Boniface, raconte que, depuis deux ans, on a vu beaucoup de changements en urgence. Le nombre de patients qu'on voit par jour a augmenté.

Il y a des fois où je n’ai pas pris de pause durant mon shift. J'ai fini et j'ai réalisé que je n'avais pas mangé ou que je n’avais pas bu d’eau et pas été à la salle de bain, juste parce qu’il y a tellement de patients à voir et tu ne peux pas juste laisser tomber son équipe.

Lianne Bjornson, infirmière

Entre 2017 et en 2018, le nombre d'heures supplémentaires des infirmières a explosé dans plusieurs hôpitaux de la ville. À l’Hôpital Saint-Boniface, l’augmentation a été en moyenne de 50 %, selon les données gouvernementales.

Nombre d'heures supplémentaires à l'Hôpital Saint-Boniface

2017 : 93 726 

2018 : 140 531 

Certains départements ont été plus touchés. C'est le cas, entre autres, de l'urgence de l'Hôpital Saint-Boniface et du département de médecine familiale de l'Hôpital Concordia.

Lianne Bjornson raconte que la suite d’heures supplémentaires la plus difficile a été trois fois 16 heures d'affilée, soit trois jours pendant lesquels on lui a demandé d’ajouter un deuxième quart à son quart de travail normal. C'était correct, ma cognition était là, dit-elle, en ajoutant cependant que, dans les jours suivants, elle ne s’est pas sentie bien et a eu des nausées.

Oui, dit-elle, je sens la fatigue des personnes autour de moi.

L'augmentation du nombre d'heures supplémentaires dans les hôpitaux s'explique en grande partie par la pénurie d'infirmières. La restructuration a aussi un effet sur le travail du personnel infirmier.

Il y a beaucoup de personnes qui sont admises, peu importe si c’est pour des chirurgies, en médecine ou autre, et il n'y a pas de lits où mettre nos patients. Alors ça, c'est un gros changement que j'ai vu depuis la restructuration, remarque l'infirmière.

Elle observe qu’une meilleure utilisation des ressources serait une place où commencer dans le but d'améliorer la situation. Les transferts entre les hôpitaux, entre les départements, ça va causer des délais dans les services qu'on peut offrir. Des fois, on attend des heures pour transférer un patient et ça, ça prend un lit, ajoute-t-elle.

Plus de personnel, c'est quelque chose dont on a besoin, mais plus de lits, ça va aider le flow dans l'urgence, dans mon espace de travail.

Lianne Bjornson, infirmière

Lianne Bjornson estime que les gestionnaires devraient être à l’écoute des infirmières. On est au centre du système de santé, on offre des soins tous les jours et on est experts dans notre domaine.

Elle note aussi qu’il est important de mieux informer le public pour qu’il sache où aller et quand y aller.

C'est difficile quand on est dans un système qui rend ça difficile. Ce n'est pas la faute d'une personne ou de l'hôpital, c'est juste un système dans lequel on est.

Manitoba

Politique provinciale