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La mort des deux fugitifs rend le deuil plus difficile pour les familles

Une femme et un homme sont assis sur un sofa et parlent à des journalistes.

Sheila Deese, la mère de la jeune Américaine retrouvée morte dans le nord de la Colombie-Britannique le 15 juillet, avait demandé l'aide du public pour retrouver les coupables.

Photo : ABC News

Geneviève Lasalle

Le suicide présumé de Bryer Schmegelsky et de Kam McLeod est un revers pour les enquêteurs qui ne pourront les traduire en justice. Leur mort est surtout un dur coup pour les familles, autant celles des victimes que celle des suspects, qui peineront à obtenir des réponses à leurs questions, croient des experts.

En s’enlevant la vie, les deux fugitifs accusés du meurtre au deuxième degré de Leonard Dyck et soupçonnés de deux autres meurtres commis près de Dease Lake, en Colombie-Britannique, ont emporté leur secret dans la tombe.

Selon le criminologue Jean-Claude Bernheim, leur mort va en quelque sorte court-circuiter le rituel de deuil des familles.

De toute évidence, les familles ne souhaitaient pas ce dénouement, dit Chris Manseau, caporal dans la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en Colombie-Britannique.

Mobile inconnu

Deux hommes pris en photo par une caméra de surveillance.

Les corps de Bryer Schmegelsky et de Kam McLeod ont été retrouvés le 7 août. Les enquêteurs ont des raisons de croire qu'ils se seraient suicidés.

Photo : GRC

Dans le processus du deuil, les gens essaient de trouver un sens aux événements, soit en ayant quelqu'un à blâmer, soit en découvrant le mobile, explique un professeur de psychologie à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), Steven Taylor.

Nous, les humains, avons besoin de trouver de l'ordre dans notre monde, d’essayer de le rendre prévisible. Lorsque la violence semble fortuite, c'est très menaçant.

Steven Taylor, professeur de psychologie de l'UBC

Les informations rendues publiques en disent très peu sur ce qui aurait pu pousser les suspects à commettre ces crimes, puis à s’enlever la vie. Selon Jean-Claude Bernheim, le fait qu’il n’y a pas de déclarations, de lettres ou de documents révélant un mobile clair minimise les chances de comprendre.

Toutes les questions qu’on aurait pu poser, on ne pourra pas le faire, souligne-t-il.

Cela peut rendre les choses plus difficiles parce qu'ils n'auront jamais à affronter la personne qui a commis l'acte, ils n'auront jamais d'explication.

Steven Taylor, professeur de psychologie de l'UBC

« Extrêmement difficile »

Si les parents des victimes de meurtres vivent un drame réel et socialement reconnu, le criminologue Jean-Claude Bernheim rappelle que les parents des suspects vivent, eux, une double tragédie : celle d’apprendre que leur fils a commis un meurtre et celle de le savoir mort.

Cela peut être extrêmement difficile pour eux, dit Steven Taylor, en partie car ils ne reçoivent pas la sympathie des familles des victimes, et en partie parce qu’ils peuvent être tenus pour responsables de ce qui s'est passé.

Jean-Claude Bernheim croit que nous devons réfléchir au soutien offert aux familles et aux survivants de ce genre d’événements brutaux et inattendus.

La GRC a mis en place plusieurs programmes d'assistance aux victimes et aux familles pour les aider à faire face aux événements, note le caporal Chris Manseau.

Revers pour les enquêteurs

Le caporal Chris Manseau dit qu’il était important pour la GRC de traduire Kam Mcloed et Bryer Schmegelsky en justice. Nous avions suffisamment de preuves pour porter des accusations pour le meurtre de Leonard Dyck. Les enquêteurs travaillaient avec les services de poursuites de la Colombie-Britannique afin de tenter de porter des accusations pour les meurtres de M. Fowler et de Mme Deese, affirme-t-il.

Colombie-Britannique et Yukon

Crimes et délits