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La femme brûlée à Québec « avait peur » de son ex

Des voitures de police sur la scène d'un crime à Québec.

La jeune mère a été brûlée sur la moitié de son corps vendredi soir dernier en pleine rue dans le quartier Saint-Saveur, devant ses enfants et sa mère.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Stéphanie Filion

La femme qui a été brûlée vive la semaine dernière à Québec était victime de violence conjugale depuis plusieurs années, soutient une de ses proches.

La nouvelle de l'agression sauvage a complètement ébranlé Sophie (nom fictif), qui souhaite conserver l'anonymat par crainte de représailles.

De voir qu’une personne puisse se rendre jusqu’à un acte aussi cruel. De savoir que c’est mon amie qui a vécu ça. J’en ai encore le souffle coupé, raconte l'amie de la victime.

Les deux femmes se sont liées d’amitié en décembre 2017 alors qu’elles s’étaient toutes les deux réfugiées avec leurs jeunes enfants dans une maison pour femmes en difficulté. Depuis, elles se fréquentent régulièrement.

Relations difficiles

Selon Sophie, son amie en était à son troisième séjour dans un centre d’aide pour femmes.

Depuis sa sortie en janvier 2018, elle avait emménagé dans son propre logement, mais elle avait renoué les liens avec le père de ses enfants.

Elle avait peur de lui, souligne Sophie, qui a été témoin des séquelles de la violence que la jeune femme subissait.

J’ai déjà vu mon amie avec un oeil au beurre noir. Malgré qu’elle l’avait très bien camouflé, on s’en rendait compte.

Sophie (nom fictif), amie de la victime

Selon Sophie, le prononcé du divorce a représenté un immense soulagement pour la jeune mère. Elle m’a dit : "Enfin, c’est fait. Là, il n’aura plus d’emprise sur moi". C'était en mars dernier.

Elle s’en sortait. Elle allait à l’école, elle voulait étudier pour pouvoir devenir secrétaire médicale. C’était une bonne maman, elle s’occupait bien de ses enfants.

Sophie (nom fictif), amie de la victime

Sophie espère maintenant aider son amie à se rétablir et ses enfants à passer au travers de cette nouvelle épreuve.

La jeune mère a été brûlée sur la moitié de son corps vendredi soir dernier en pleine rue dans le quartier Saint-Sauveur, devant ses enfants et sa mère. Elle aurait été aspergée d’essence. Elle repose toujours dans un état grave à l’hôpital.

Son ex-conjoint Frej Haj Messaoud fait face à des accusations de tentative de meurtre et de voies de fait graves.

Stratégies de sécurité

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale souligne l’importance pour les femmes violentées de joindre des ressources spécialisées avant de reprendre contact avec un ex-conjoint.

Ce n’est pas toujours simple d’évaluer les risques, note Louise Riendeau, coresponsable des dossiers politiques au Regroupement.

Des « stratégies de sécurité » peuvent être mises en place, explique-t-elle. Dans certains cas, un code peut être utilisé avec les voisins ou l’employeur pour les avertir d’une situation anormale. Si la femme le souhaite, son adresse peut aussi demeurer confidentielle.

Louise Riendeau rappelle que la présence d’enfants force souvent les femmes à reprendre, parfois malgré elles, contact avec leur ex-conjoint.

« Il faut comme société qu’on essaie de leur fournir le plus possible de moyens de sécurité, un accès supervisé », souligne-t-elle.

Elle déplore le manque de ressource pour faciliter la concertation entre les différentes ressources, comme les services sociaux, les groupes pour hommes violents et la police.

« À l’heure actuelle, le gouvernement du Québec ne fait rien pour soutenir ces concertations », dit-elle.

Québec

Justice et faits divers