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Ottawa crée un groupe de travail sur le phoque de l'Atlantique

Des phiques gris près de l'eau.

La population de phoques gris en Atlantique est passée de 8000 individus en 1960 à 400 000 aujourd'hui.

Photo : Gracieuseté de Damian Lidgard, Ocean Tracking Network

Catherine Poisson

Ottawa a annoncé mercredi la création d'un groupe de travail sur la science du phoque de l'Atlantique.

Le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Jonathan Wilkinson, affirme avoir entendu les pêcheurs s'inquiéter des conséquences de la prédation par les phoques des populations de poissons qu'ils pêchent.

Par communiqué, Ottawa explique que le groupe de travail sera chargé :

  1. de formuler des commentaires sur les priorités du programme du MPO de recherche scientifique sur le phoque de l'Atlantique;
  2. d'examiner l'application des progrès technologiques à la recherche sur le phoque;
  3. d'évaluer les façons possibles d'accroître la participation de l'industrie de la pêche aux projets de recherche scientifique sur le phoque;
  4. de fournir des conseils sur la façon dont le MPO pourrait mieux communiquer ses conclusions scientifiques à l'industrie de la pêche.

Le groupe sera coprésidé par un représentant officiel du Ministère et par Glenn Blackwood, vice-président de l'Université Memorial pour l'Institut des pêches et de la mer. Il sera également composé de six à dix membres de l'industrie de la pêche et de divers groupes d'intervenants.

Les scientifiques estiment que la population des phoques du Groenland est passée de deux millions dans les années 1970 à plus de sept millions et demi aujourd'hui, sans compter les phoques gris qui sont considérés comme le facteur principal de mortalité de la morue du sud du golfe du Saint-Laurent.

Une morue pend au bout d'une ligne à pêche.

Déjà affaiblies par la surpêche, les populations de morues peinent à se rétablir à cause de la prolifération d'un de leurs principaux prédateurs : le phoque gris.

Photo : iStock

Des mesures concrètes pour la chasse au phoque?

Le directeur de l'Association des chasseurs de phoques intra-Québec a peu d'espoir que la création de ce groupe de travail donnera des résultats concrets.

Je travaille sur le dossier depuis les années 1990, des groupes de travail je dois en avoir vu passer une bonne vingtaine ou une trentaine. Le problème n'est pas là, affirme Gil Thériault.

À la base, le problème, c'est que le Ministère refuse de déclarer le phoque comme étant une espèce surabondante, parce que ça l'obligerait à mettre en place des mesures en conséquence. Tout ce qu'ils font, c'est augmenter les quotas, déplore-t-il.

On a beau augmenter les quotas, il faut encourager la chasse. C'est une chasse qui est très coûteuse et très risquée, alors s'il n'y a pas d'incitatifs à chasser le phoque, il va en rester au bout du quai.

Gil Thériault, directeur de l'Association des chasseurs de phoques intra-Québec

Il rappelle que les études sont déjà claires quant au rôle que joue le phoque sur les stocks de poissons du Saint-Laurent, et s'interroge sur la sincérité de cette nouvelle démarche, annoncée à quelques mois des élections fédérales, prévues le 21 octobre prochain.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Protection des espèces