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Une lettre du tueur de Christchurch met les autorités néo-zélandaises dans l’embarras

Tarrant, dans un tribunal, entre deux policiers.

Le ministre des Services correctionnels estime qu’on n’aurait pas dû permettre à Brenton Tarrant, l’auteur du massacre dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, d'envoyer la lettre.

Photo : Reuters / POOL New

Radio-Canada

Les autorités néo-zélandaises ont reconnu mercredi avoir commis une erreur en permettant à l’auteur de la tuerie qui a fait 51 morts dans deux mosquées de Christchurch, le 15 mars, d’envoyer depuis sa cellule une lettre qui les met dans l’embarras.

Après examen, nous reconnaissons que cette lettre aurait dû être refusée, a indiqué le ministère des Services correctionnels dans un communiqué. Nous avons modifié la gestion du courrier de ce prisonnier.

La lettre de six pages écrite à la main de Brenton Tarrant a été publiée cette semaine sur le site web 4chan, où les tenants de la suprématie blanche peuvent afficher leurs opinions. Cela a lieu au moment où d'autres tueurs présumés comme celui d'El Paso disent s’inspirer de Tarrant.

La lettre datée du 4 juillet semble écrite au crayon sur un petit bloc-note. Elle est adressée à Alan en Russie, qui lui aurait envoyé des timbres. L’auteur y évoque un voyage d'un mois en Russie en 2015. Mais il prévient aussi qu'un grand conflit se prépare et utilise un langage qui pourrait être interprété comme un appel aux armes.

Dans une déclaration, le ministre des Services correctionnels, Kelvin Davis, estime qu’on n’aurait pas dû permettre à Tarrant d'envoyer la lettre et que cela ne devrait pas se reproduire.

Toutefois, M. Davis a rappelé que les prisonniers néo-zélandais ont des droits, dont la possibilité d'envoyer et de recevoir du courrier.

Nous n'avons jamais eu à gérer un prisonnier comme celui-ci auparavant [et nous devons] demander conseil sur les changements que nous devrons peut-être apporter.

Kelvin Davis, ministre des Services correctionnels

M. Davis doit exiger des réponses immédiates sur la façon dont une lettre pouvait être envoyée depuis une prison à sécurité maximale, a réclamé David Bennett, porte-parole de l'opposition.

Cet homme est accusé d'avoir commis l'un des crimes les plus odieux de l'histoire de la Nouvelle-Zélande. […] Les Néo-Zélandais seront horrifiés d'apprendre que les Services correctionnels lui ont permis d'envoyer une lettre qui comprend un appel à l'action et qui a ensuite été mise en ligne, a ajouté David Bennett.

L'administration pénitentiaire a déclaré que la loi ne permet à un directeur de prison de retenir le courrier d'un détenu que dans des circonstances très limitées.

Attentats dans deux mosquées de la Nouvelle-Zélande

Avant les fusillades du 15 mars, Brenton Tarrant, un suprémaciste blanc australien de 28 ans, a publié un manifeste de 74 pages sur le site web 8chan, dans lequel il exposait ses vues racistes et ses convictions selon lesquelles les immigrants étaient des envahisseurs qui allaient remplacer la race blanche.

Tout comme le tireur d’El Paso, un Norvégien soupçonné d'avoir tué sa demi-sœur avant de prendre d'assaut une mosquée d'Oslo avec des armes aurait également trouvé son inspiration dans les actions de Tarrant.

La première ministre Jacinda Ardern a juré de ne jamais prononcer le nom de Tarrant afin de lui refuser toute publicité.

Je pense que chaque Néo-Zélandais s'attend à ce que cet individu ne puisse pas partager son message haineux derrière les barreaux.

Jacinda Ardern, première ministre de la Nouvelle-Zélande

Ce n'est pas la première erreur des autorités néo-zélandaises dans cette affaire. La police avait d'abord déposé une seule accusation de meurtre contre Tarrant avant de la modifier plus tard.

L’auteur de la tuerie a plaidé non coupable à des accusations de terrorisme, de meurtre et de tentative de meurtre.

Il est toujours en prison en attendant son procès prévu en mai prochain.

Avec les informations de Associated Press

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