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Fusillades : plus de policiers contre les gangs à Toronto

Photo d'un homme portant un uniforme blanc de policier se tenant debout derrière un micro.

Le chef de police de Toronto, Mark Saunders

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le chef de police de Toronto, Mark Saunders, a annoncé mercredi l'ajout d'agents à son escouade contre les gangs de rue et les armes à feu à la suite d'une vague de fusillades.

Des policiers de 17 différents quartiers de la ville seront intégrés à l'unité antigang à partir de jeudi.

Ils doivent être liés à cette escouade pendant 11 semaines dans le cadre d'une initiative appelée « Project Community Space ».

Le chef de police Saunders n'a pas voulu préciser combien d'agents seraient ainsi réassignés, expliquant que leur nombre pourrait varier de semaine en semaine. Selon des sources de CBC, environ 45 policiers seraient impliqués.

Ces policiers tenteront de recueillir des renseignements pour lutter contre les gangs et les fusillades, en plus de porter une attention particulière aux accusés libérés sous caution et récidivistes potentiels, a indiqué M. Saunders.

Il a refusé de donner des détails, question de ne « pas vendre la mèche » quant à cette approche fondée sur le renseignement en secret.

Le public ne verra pas toujours l'ampleur de ce déploiement, mais les résidents pourront juger des résultats, a-t-il affirmé.

Plus d'effectifs en uniforme seront par ailleurs déployés dans les secteurs où les gangs sont particulièrement actifs, a ajouté le chef Saunders, pour y accroître la « visibilité » de la police.

L'objectif n'est pas de submerger ces quartiers d'agents, a-t-il dit, mais de collaborer avec ces communautés et les agents de sécurité de la Société d'habitation, qui gère les immeubles de logements sociaux de la Ville.

La présence des gangs est de plus en plus poussée et il y a de plus en plus d'armes en circulation.

Mark Saunders, chef de police

Le maire de Toronto, John Tory, a salué l'initiative, affirmant en entrevue avec le réseau CP24 que l'objectif était de s'attaquer « immédiatement » au problème.

Financement fédéral-provincial-municipal

Le plan du chef Saunders sera financé grâce à l'investissement annoncé lundi par les trois ordres de gouvernement de 4,5 millions de dollars afin d'aider la police à combattre la violence armée.

Toutefois, ces changements de personnel étaient déjà en branle avant l'annonce fédérale-provinciale-municipale, selon une source de CBC.

Le chef Saunders a promis de faire le point en novembre sur l'initiative Project Community Space.

Entre-temps, l'escouade antigang doit aussi organiser à partir de l'automne une trentaine de forums communautaires visant à « sensibiliser et à appuyer les familles vivant dans les secteurs les plus touchés par les gangs et dont les enfants risquent potentiellement d'être recrutés par ces gangs ».

Pour l'avocat et ancien candidat à la mairie Knia Singh, le succès de la police dépendra de son approche. Si les agents abordent un groupe de jeunes hommes en train de parler et se disent : "Peut-être qu'ils sont en libération sous caution, qu'ils sont en train de violer une loi ou qu'ils cachent quelque chose dans leurs poches", alors ces jeunes risquent de ne pas vouloir communiquer avec la police.

Si l'approche des policiers est plutôt d'aborder ces jeunes en leur demandant leur aide, « parce que vous avez déjà eu beaucoup de victimes [dans la communauté] et on ne veut pas d'autres morts », peut-être que ça va fonctionner, ajoute-t-il.

Cela dit, M. Singh affirme que s'il avait 4,5 millions, sa priorité serait d'investir cet argent dans la communauté. Je prendrais l'argent pour m'assurer que les jeunes ont des emplois, dit-il, et qu'ils continuent d'aller à l'école.

Un record de fusillades?

Toronto pourrait dépasser cette année le record établi en 2004 du plus grand nombre de fusillades en un an.

Il y a eu 17 blessés par balles uniquement durant le long week-end de la fête de Simcoe, au début août.

Le chef Saunders a affirmé que les gangs étaient en « grande partie » responsables de cette montée de violence.

Tout comme le maire John Tory, il prône des conditions plus strictes de libération sous caution, en plus d'investissements supplémentaires dans les programmes pour les jeunes à risque, affirmant que la Ville ne viendrait pas à bout du problème seulement à coups d'arrestations.

Le maire Tory a rappelé mardi ces demandes, ainsi que sa requête de bannir les armes de poing, au premier ministre Justin Trudeau, en visite à Toronto.

Ce dernier s'est dit d'accord avec une approche « globale » contre la violence armée, mais sans annoncer de mesure concrète.

M. Trudeau a promis de renforcer le contrôle des armes à feu, signalant toutefois que les détails seraient dévoilés dans la plateforme électorale libérale, en prévision du scrutin d'octobre.

Avec les informations de CBC News

Toronto

Forces de l'ordre