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La réglementation des roulottes divise les élus de Nipissing Ouest

La mairesse de Nipissing Ouest assise à une table pendant une réunion du conseil municipal.

La mairesse de Nipissing Ouest, Joanne Savage, a proposé qu'une délégation de l'Office de la protection de la nature de North Bay-Mattawa vienne expliquer au conseil municipal ce que peut faire l'agence pour résoudre les plaintes du public.

Photo : Municipalité de Nipissing Ouest

Radio-Canada

Après une discussion animée d’une trentaine de minutes, les élus ont convenus de faire appel à une délégation de l’Office de protection de la nature de North Bay-Mattawa, afin que l'organisme clarifie sa capacité d’intervention.

Le conseil municipal examine la possibilité de mettre en place un nouveau règlement controversé encadrant les roulottes, à la suite de nombreuses plaintes reçues concernant l’impact environnemental des nombreuses roulottes situées sur des terrains vacants et résidentiels.

Mais si tous les conseillers affirment soutenir les efforts de protection de l’environnement, plusieurs sont contre l’idée d’imposer des frais de permis aux campeurs.

Lorsque tu achètes ton terrain, c’est ton terrain. Si les gens investissent dans l’achat d’un terrain au bord du lac et que des membres de leur famille veulent y mettre une roulotte, je ne ferai rien pour les en empêcher, a déclaré la conseillère Lise Sénécal, longuement applaudie par le public par la suite.

Le conseiller Jeremy Seguin a reconnu que la municipalité de Nipissing Ouest est l’une des rares de la région à ne pas imposer de règles strictes encadrant les roulottes.

Les autres régions imposent parfois une limite d’une roulotte par terrain et certaines n’en admettent même pas du tout, mais je ne crois que cela fasse partie de notre identité ici à Nipissing Ouest, a-t-il affirmé.

Il a ajouté que la construction des structures qu’ajoutent les campeurs à leurs roulottes devrait être conforme aux normes en place, mais qu'à moins que le conseil ne veuille se lancer dans le secteur des véhicules récréatifs, [il] doit faire preuve de flexibilité.

J’adopte vraiment la philosophie du “vivre et laisser vivre” sur ce sujet.

Jeremy Seguin, conseiller municipal de Nipissing Ouest

Même son de cloche de la part du conseiller municipal Yvon Duhaime, qui refuse de soutenir la recommandation d’imposer l’obtention de permis de roulottes aux campeurs avant d’avoir une meilleure idée de l’objectif que cela permettrait d’atteindre.

Il y a trois choses qu’on fait ici, dans le Nord de l’Ontario : nous chassons, nous pêchons et nous faisons du camping. Le camping, pour moi, ainsi que les réunions de famille, sont les choses les plus importantes de la vie et je veux m’assurer que les gens aient le droit de le faire.

Yvon Duhaime, conseiller municipal de Nipissing Ouest

Il dit comprendre l’importance de la protection de l’environnement, mais craint que l’imposition d’une somme annuelle de 50 $ pour l’obtention d’un permis, qui s’ajouterait aux taxes foncières déjà en place, n’ait des conséquences néfastes sur le camping dans la région.

Nous avons des règlements en place. Les avantages économiques du camping sont incroyables. Nos commerces sont remplis de clients qui viennent dans notre communauté et y dépensent beaucoup d’argent, note-t-il.

Des appuis

D’autres élus estiment toutefois qu’une intervention de la Municipalité ne peut se faire attendre davantage.

Le conseiller Dan Roveda se dit préoccupé par les problèmes de sécurité que posent certains des campeurs réfractaires.

Lors d’une présentation faite au comité municipal chargé de la planification par un agent responsable de l’application des règlements municipaux, ce dernier aurait démontré, photos à l’appui, que certains campeurs branchent leurs roulottes à des poteaux électriques et réchauffent leurs roulottes à l’aide de fourneaux.

Malheureusement, lorsque les gens ne sont pas raisonnables, la société doit mettre en place une loi ou un règlement. Nous essayons de mettre en place quelque chose pour nous assurer que les gens se comportent convenablement.

Dan Roveda, conseiller municipal de Nipissing Ouest

Il estime que le règlement devrait être adopté et que des consultations devraient être menées par la suite dans les divers secteurs formant la municipalité de Nipissing Ouest.

En ce moment, lorsqu’un agent d’application des règlements doit traiter une plainte, il n’a rien pour soutenir ses décisions, fait savoir M. Roveda, qui ajoute que le grand nombre de roulottes fait d’ailleurs baisser la valeur de certaines maisons voisines.

Vêtu d'un veston, le conseiller Christopher Fisher prend la parole lors d'une réunion du conseil municipal de Nipissing Ouest.

Le conseiller Christopher Fisher croit qu'il faut établir un équilibre entre les droits des campeurs et des résidents.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Le conseiller Christopher Fisher a, pour sa part, souligné que certains campeurs profitent [justement] du fait qu’il n’y ait pas de réglementation stricte en place encadrant les roulottes sur les terrains privés à Nipissing Ouest.

Actuellement, une personne peut acheter un terrain non loin de chez vous, y mettre 30 roulottes et réduire votre qualité de vie. Il y a tout un groupe de résidents qui ne dorment pas bien la nuit à cause de cela. Nous devons trouver un équilibre entre les droits des personnes, dit-il.

Il trouve que le règlement proposé n’est pas un mauvais point de départ pour établir cet équilibre et croit qu’il peut être amélioré par les commentaires que fournira le public lors de consultations ultérieures.

Mais le raisonnement du conseiller Fisher a été mal reçu par la conseillère Lise Sénécal, qui estime que la municipalité de Nipissing Ouest n’a aucun devoir d’imiter les localités voisines.

Je ne veux pas regarder ce qui se passe à Sudbury, ou ailleurs dans le monde. Nous parlons de Nipissing Ouest.

Lise Sénécal, conseillère municipale de Nipissing Ouest

Notre situation est très spécifique, ajoute la conseillère. On a un beau lac et on doit veiller à notre communauté et voir ce que nous pouvons faire pour que les gens qui habitent à Nipissing Ouest, s’ils ont un terrain, puissent faire ce qu’ils veulent en respectant l’environnement et les normes en place déjà établies par la municipalité.

Selon Mme Sénécal, seuls les campeurs fautifs devraient subir des sanctions financières et un règlement municipal qui exige la réduction du bruit pendant la nuit existe déjà.

L’avis est aussi partagé par le conseiller Roland Larabie.

Le règlement qu’on évalue touchera tout le monde, alors que seuls ceux qui enfreignent la loi devraient payer. Je ne soutiens pas du tout ces mesures, avance-t-il.

La mairesse Joanne Savage et un juge de paix sont au centre d'une photo de groupe avec les 8 conseillers municipaux.

Les élus de Nipissing Ouest disent tous accorder de l'importance à la protection de l'environnement.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Le droit de punir

Le président du comité municipal chargé de la planification, Denis Sénécal, a évoqué la possibilité d’accorder plus de pouvoirs aux agents d’application des règlements, afin qu’ils puissent donner des sanctions plus sévères aux contrevenants.

Mais selon le conseiller Yvon Duhaime, cela n’est pas du ressort du conseil municipal.

C’est le rôle de l’Office de protection de la nature [de North Bay-Mattawa] d’imposer des sanctions et, à moins qu’on nous dise le contraire, c’est vers eux que nous devons nous diriger , déclare-t-il. 

La mairesse Joanne Savage a demandé que la délégation de l’Office de protection de la nature soit entendue par le conseil municipal avant la tenue des consultations publiques.

Nord de l'Ontario

Société