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Reprise des activités à l'aéroport de Hong Kong au lendemain de heurts

Les explications d'Alexandra Szacka

Photo : Reuters / Thomas Peter

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les activités ont repris mercredi matin à l'aéroport de Hong Kong, avec la programmation de plusieurs centaines de vols qui avaient été annulés les deux jours précédents en raison de heurts entre forces de l'ordre et manifestants.

Une trentaine de manifestants se trouvaient encore à l'aéroport en début de matinée, mercredi, a constaté un journaliste de Reuters, tandis que le personnel du site s'affairait à nettoyer les lieux et que les comptoirs d'enregistrement rouvraient. Cela a créé des files d'attente.

Les manifestants ont distribué sur place des dépliants et ils ont installé des pancartes affichant des messages repentants dans une partie de l’aéroport, sans empêcher les voyageurs de se promener librement.

Ils ont également fait circuler en ligne des lettres dans lesquelles ils présentent leurs excuses aux passagers et au public en général pour les ennuis causés au cours des cinq derniers jours pour l’occupation de l’aéroport.

Ce n’est pas notre intention de causer des retards dans vos déplacements et nous ne souhaitons pas vous occasionner des problèmes, affirme une déclaration transmise par courriel d’un groupe de protestataires.

Nous demandons votre compréhension et votre pardon au moment où la jeunesse de Hong Kong continue de se battre pour la liberté et la démocratie, ajoute le groupe dans sa missive.

Des manifestants tiennent une pancarte géante sur laquelle on peut lire leur demande de pardon.

Des manifestants ont présenté leurs excuses aux voyageurs, mercredi, pour les perturbations de la veille qui ont causé des annulations de vols à l'aéroport de Hong Kong.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Une injonction

L'aéroport de Hong Kong a dit mercredi avoir reçu une injonction l'autorisant provisoirement à empêcher quiconque de faire obstruction à ses services. Les contestataires sont autorisés à manifester seulement dans les zones prévues à cet effet, a précisé la direction de l'aéroport.

Dans un communiqué, la police hongkongaise a dénoncé les « agissements violents » des manifestants mardi, indiquant qu'un large groupe de contestataires avait « harcelé et attaqué un visiteur et un journaliste ».

Certains manifestants ont soutenu que l'un de ces hommes était un agent chinois infiltré.

La police a placé cinq personnes en détention à la suite des derniers heurts en date, le nombre total d'arrestations depuis juin dépassant les 600.

Le mouvement de contestation, né en avril du rejet d'un projet de loi qui aurait permis l'extradition de suspects vers la Chine continentale, s'est élargi depuis le mois de juin à d'autres revendications, dont la démission de la cheffe du gouvernement local, Carrie Lam, et la protection des libertés et de l'autonomie dont jouit l'ancienne colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Les manifestants demandent une enquête indépendante sur la réponse des autorités, et notamment sur les violences policières. Car à mesure que la contestation s'est installée, le nombre d'incidents violents s'est accru dans la région administrative spéciale.

La contestation, qui pèse aussi sur l'activité économique du territoire, constitue un défi sans précédent pour le président chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir en 2012.

Une manifestante se protège la tête avec ses bras à l'arrivée des policiers.

Les policiers anti-émeutes ont investi l'aéroport de Hong Kong mardi soir où des milliers de manifestants réclamaient davantage de libertés du gouvernement, provoquant des heurts avec les contestataires.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Nouvel avertissement de Pékin

La Chine a haussé le ton lundi en estimant que la crise a atteint un « stade critique », et elle a employé pour la première fois le terme de « terrorisme ».

Le bureau chinois des Affaires de Hong Kong et Macao, à Pékin, a renouvelé mercredi ses critiques à l'encontre du mouvement de contestation. Il a appelé dans un communiqué à la plus grande fermeté contre des « crimes extrêmement violents » et a condamné des agissements « proches du terrorisme ».

Dans un éditorial sous forme de nouvel avertissement adressé aux manifestants, le Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti communiste chinois, a écrit mercredi que recourir à « l'épée de la loi pour mettre fin à la violence et rétablir l'ordre est incontestablement la tâche la plus importante et la plus urgente pour Hong Kong ».

À Washington, Donald Trump a déclaré mardi que, selon le renseignement américain, le gouvernement chinois massait des troupes à la frontière de la région administration spéciale. Il n'a pas précisé s'il faisait référence à de récents mouvements de troupes près de la frontière ou à des mouvements dont la presse s'était déjà fait l'écho.

Le président américain a décrit les événements à Hong Kong comme « délicats » et a espéré qu'ils ne causeraient aucune victime et déboucheraient sur une issue favorable à tous, dont la Chine.

Ottawa surveille la situation

Mme Freeland devant des drapeaux.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a invité les voyageurs à être prudents.

Photo : Radio-Canada

Ottawa surveille étroitement la situation à Hong Kong, où vivent 300 000 Canadiens, a assuré mercredi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Je conseille à tous les Canadiens qui sont à l’étranger ou qui ont l’intention de voyager de consulter nos avis [de voyage]. Concernant Hong Kong, on a changé les avis. Maintenant, on conseille aux Canadiens d’avoir un haut degré de précaution.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada

Je pense que les Canadiens comprennent que c’est un moment assez turbulent dans le monde. […] Quand il y a des changements politiques, nous pensons toujours à la sécurité et au bien-être des Canadiens qui sont dans des pays où il y a des événements comme ceux-là, a-t-elle ajouté.

Mme Freeland a lancé une flèche à l’endroit de Pékin, qui fait la sourde oreille aux revendications de la population de Hong Kong.

Je pense que c’est toujours la bonne décision pour un gouvernement d’écouter les gens. […] De temps en temps, quand on écoute le peuple, ce que le peuple dit n’est pas ce que le gouvernement veut entendre. Il y a toujours une tentation dans ces cas de dire que les désirs du peuple sont dangereux. Je ne pense pas que c’est la bonne chose à comprendre, a-t-elle déclaré.

Deux pilotes de Cathay Pacific limogés

Un avion de Cathay Pacific Airlines sur le tarmac.

La direction générale de l'aviation civile chinoise avait exigé vendredi de Cathay Pacific les noms des employés à bord de ses vols à destination de la Chine.

Photo : Getty Images / ANTHONY WALLACE

Cathay Pacific Airways, principale compagnie aérienne du territoire, a publié une annonce d'une demi-page dans l'édition de mercredi du Hong Kong Economic Journal pour afficher son soutien au gouvernement et appeler au rétablissement de la règle de droit et de la paix sociale.

L'entreprise a par ailleurs annoncé avoir limogé deux de ses pilotes, alors que la compagnie de Hong Kong est sous forte pression de la part de Pékin pour que soient sanctionnés ses employés soutenant les manifestants pro-démocratie.

Dans un communiqué, la compagnie a précisé que les deux pilotes ont été congédiés « conformément aux termes et conditions de leur contrat de travail ».

L'un fait l'objet d'une procédure judiciaire. L'autre a utilisé de manière inappropriée des informations de la compagnie, a-t-elle ajouté.

Selon des médias hongkongais, les deux employés étaient accusés d'avoir fait fuiter le détail de l'itinéraire d'une équipe de soccer de la police hongkongaise qui se rendait en Chine continentale.

Cathay Pacific avait averti lundi ses 27 000 employés qu'ils pourraient être licenciés s'ils « soutiennent ou participent aux manifestations illégales » à Hong Kong.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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