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La Couronne suspend les accusations contre les tuteurs de Serenity

Serenity, 4 ans.

La petite Serenity avait été placée sous la tutelle de proches de sa mère.

Photo : Photo fournie à CBC/Radio-Canada

Audrey Neveu
Simon-Pierre Poulin

Les accusations contre les tuteurs légaux d'un enfant mort en 2014 ont été suspendues par la Couronne albertaine.

Serenity, une jeune fille autochtone, a perdu la vie à l'âge de quatre ans des suites d'une fracture du crâne. Elle portait sur son corps des blessures et des marques de malnutrition.

À l'époque, elle était sous la garde d'une famille d'accueil choisie par les services sociaux de l'Alberta. Ces parents avaient déjà fait l'objet de signalement de maltraitance. Aucun travailleur social n'a rendu visite à la famille dans les huit mois qui ont précédé la mort de la fillette.

L'affaire Serenity a eu l'effet d'une bombe causant plusieurs remous dans la sphère politique : débat d'urgence pour une réforme des services sociaux, adoption d'une nouvelle loi, création d'un nouveau ministère consacré spécifiquement aux services aux enfants.

En 2017, les personnes qui avaient sa garde ont été formellement accusées de ne pas avoir fourni le minimum nécessaire à l'existence de l'enfant. Ce sont ces accusations qui tombent aujourd'hui, deux ans plus tard.

Une preuve fragile

Le processus judiciaire était pourtant bien enclenché, les audiences préliminaires complétées, et le procès devait commencer dès l'automne à Wetaskiwin, au sud d'Edmonton. Entre-temps, la couronne a procédé à une réévaluation de ses chances de gagner le procès. Le constat était que les avocats ne pourraient probablement pas convaincre le juge avec les preuves dont ils disposent. 

La suspension des accusations n'est donc pas une demande de l'avocat de la défense, Josh Asp, qui n'est toutefois pas surpris du dénouement. « Le dossier n'était pas du tout solide », a-t-il indiqué en entrevue avec CBC, ajoutant qu'il croyait toujours en l'innocence de ses clients. 

Ce qui leur était reproché est un crime par omission, plus proche de la négligence que du meurtre, notoirement plus difficile à prouver en cour.

Par téléphone, la mère biologique de l'enfant a admis être bouleversée par la nouvelle. Elle explore ses options juridiques et n'exclut pas de poursuivre le gouvernement.   

Avec les informations de Janice Johnston

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