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La compagnie de livraison de nourriture Dine in Victoria cesse ses activités

Une voiture rouge devant le Parlement législatif à Victoria.

Un véhicule de livraison de Dine In Victoria.

Photo : Dine In Victoria / Facebook

Radio-Canada

Après 20 ans de services, Dine In Victoria est contrainte de cesser ses activités. L’entreprise de livraison dit ne plus être en mesure de concurrencer les géants comme Skip the Dishes.

C’est le coeur lourd que la fondatrice de Dine In Victoria, Maggie Rideout, raconte le dernier jour d’opération de son entreprise qui a eu lieu le 9 août.

C’était très dur, très occupé. Il y avait un soutien massif de clients et d’anciens employés et chauffeurs. Beaucoup de nos travailleurs ainsi que de nos membres étaient contrariés.

Maggie Rideout, fondatrice de Dine In Victoria

Pendant deux décennies, Dine In Victoria a livré des repas à ceux qui commandaient dans les différents restaurants de la capitale britanno-colombienne. Les commandes étaient placées soit par téléphone ou en ligne. À ses débuts en 1999, ce service représentait une nouveauté.

Les gens étaient habitués à la pizza et à la nourriture chinoise qui étaient livrées chez eux gratuitement.

Maggie Rideout, fondatrice de Dine In Victoria

« Cette innovation a modifié l’industrie alimentaire », estime la fondatrice de Dine In Victoria. En effet, pour la première fois les gens pouvaient se faire livrer une grande variété de nourriture à domicile.

Maggie Rideout se souvient d’ailleurs que sa compagnie et une entreprise québécoise étaient les seules au Canada à offrir un tel service à l’époque.

Aujourd’hui, rien qu’à Vancouver, les ventres affamés ont le choix entre au moins six applications qui permettent de se faire livrer son repas.

Une page du site internet de Dine In Victoria avec un message expliquant pourquoi l'entreprise met la clé sous la porte.

Dine In Victoria a annoncé sur internet la fin de ses activités en remerciant ses clients et son personnel.

Photo : site internet Dine In Victoria

En avance sur son temps?

En 2016 l’entreprise comptait 50 livreurs. Lors de sa fermeture, elle comptait environ 40 000 clients. Un succès qui aujourd’hui fait penser à Maggie Rideout qu’elle a lancé son service au mauvais moment.

Nous étions probablement 15 ans en avance.

Maggie Rideout, fondatrice de Dine In Victoria

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie, n’est pas étonné du sort de Dine In Victoria.

Les applications pour la livraison de services alimentaires sont de plus en plus populaires.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires, Université Dalhousie

Le professeur croit que les entreprises doivent se démarquer d’une façon ou d’une autre. Sylvain Charlebois ajoute qu’il faut s’adapter, sinon l’entreprise est vouée à disparaître. Il précise qu’en Colombie-Britannique, 35 % des gens ont déjà utilisé une application pour livraison alimentaire au moins une fois.

Skip the Dishes a offert quelque chose de différent.

Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires, Université Dalhousie

Maggie Rideout reconnaît qu’elle n’a pas été capable de prendre de l’avance par rapport à la concurrence. Elle en tire les leçons qu’il faut et dit qu’elle est une personne qui s’adapte aux changements de l'époque.

Une compétition perdue d’avance

Vous ne pouvez tout simplement pas vous opposer à ce type de capital, regrette toutefois Maggie Rideout, en faisant référence au géant canadien des livraisons, basé à Winnipeg et partenaire de près de 19 000 restaurants à travers le pays.

Selon elle, Skip the Dishes possède des revenus plus importants qui sont surtout générés par la publicité. Elle affirme d'ailleurs qu'il est arrivé plusieurs fois que les gens pensaient commander au moyen de Dine In Victoria, mais qu’en fait, ils le faisaient par le biais de Skip the Dishes, commente-t-elle.

Pour survivre dans ce marché dominé par plusieurs géants, Sylvain Charlebois note que beaucoup de restaurants deviennent des cuisines fantômes où les cuisiniers préparent des plats dans un endroit quelconque pour supporter ces services à domicile.

Maggie Rideout compte d’ailleurs se lancer dans une telle activité, en préparant ses propres plats qu’elle livrera.

Colombie-Britannique et Yukon

Entrepreneuriat