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Annulation de l'obligation à l'embauche locale en construction : des réactions mitigées en Abitibi-Témiscamingue

Des travailleurs de la construction sur un chantier.

Des travailleurs de la construction sont au travail sur un chantier.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Alexia Martel-Desjardins

Selon les représentants des entrepreneurs en construction, la décision du Tribunal administratif du travail (TAT) aidera à combler la pénurie de main-d'oeuvre en Abitibi-Témiscamingue.

Le 9 août dernier, le TAT a décidé d'annuler les règles obligeant les entrepreneurs en construction à embaucher localement, soit de donner priorité aux gens domiciliés dans la région où les travaux relatifs sont exécutés.

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-Abitibi, Claude Balleux, estime qu'il faudra cependant évaluer les impacts à long terme de cette décision.

Dans la situation actuelle, ça ne devrait pas être trop embêtant parce que les employés locaux vont quand même coûter moins cher que de faire venir des gens de l'extérieur, dit-il. Ce qui me préoccupe, c'est : si la situation change, est-ce que ça aura un impact négatif? Je pense que c'est important de se pencher là-dessus.

Le directeur général de la FTQ-Construction, Éric Boisjoly, déplore la décision du juge Gagnon. C'est une grave décision, ça a un impact majeur si la FTQ-Construction et sur nos travailleurs en région, réagit-il.

Selon lui, l'annulation des articles de la convention collective et de la loi R-20, soit la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans I'industrie de la construction, nuit à la protection des travailleurs. Ça brime aussi nos droits à la négociation parce qu'il a quand même dit que nos clauses de convention collective n'étaient plus bonnes.

Le Syndicat québécois construction (SQC), n'accordera pas d'entrevue pour le moment. Annie Robineau, directrice aux communications et aux avantages sociaux, a indiqué que le SQC souhaitait mieux étudier la décision du juge Raymond Gagnon avant de se prononcer.

Vous comprendrez que c'est une décision qui vient nous ébranler énormément, dit-elle. Pour l'heure, il faut regarder ce qu'il faut faire [...] parce que c'est un sujet complexe.

Le juge Raymond Gagnon du TAT a suspendu sa décision jusqu'à la négociation de la nouvelle convention collective en avril 2021. Claude Balleux croit qu'il faudra profiter de ce délai pour mieux étudier les conséquences de cette décision.

Je compte beaucoup sur la suspension de la décision pour qu'on puisse, de un, mieux comprendre les impacts et puis deux, comment va s'appliquer cette décision-là dans la réalité.

Du côté de l'Association de la construction du Québec (ACQ), on se réjouit de la décision du TAT. Le porte-parole de l'AQC, Guillaume Houle, rapporte que l'AQC est très satisfaite, mais qu'elle est prête à s'asseoir avec les syndicats et la Commission construction du Québec afin d'envisager les possibilités pour un nouveau règlement sur la mobilité régionale.

On est sensible aux revendications des syndicats, on est sensible à l'employabilité régionale, souligne-t-il. Toutefois, il fallait qu'on fasse reconnaître de notre côté que le lieu de domicile pouvait être discriminatoire lorsqu'un employeur embaucher un employé qui n'était pas domicilié dans la région où son chantier se trouvait.

Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale pour la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), considère que ce changement de réglementation allégera la rigidité administrative à laquelle les entrepreneurs en construction font face.

Le son de cloche que l'on entend de la part des PME du Québec, c'est que le carcan qui entoure l'industrie de la construction au Québec, c'est très lourd, observe-t-il. Il est clair que notre secteur de la construction est dû pour un bon dépoussiérage, donc la décision d'aujourd'hui va peut-être permettre de contribuer à cela.

Selon Guillaume Houle, l'Abitibi-Témiscamingue et l'Outaouais sont les deux régions du Québec les plus touchées par la pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur de la construction.

Le juge Raymond Gagnon a rendu sa décision le 9 août à la suite d'une demande soumise en décembre 2017 par I'Association de la construction du Québec et soutenue par I'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec.

Abitibi–Témiscamingue

Industrie de la construction