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Affaire Epstein : le directeur de la prison muté, deux employés suspendus

Un véhicule du médecin légiste de la Ville de New York devant la prison où se trouvait Jeffrey Epstein.

L'enquête se poursuit pour faire la lumière sur la mort du financier Jeffrey Epstein, apparemment mort par suicide dans sa cellule de prison, le week-end dernier.

Photo : Reuters / Jeenah Moon

Agence France-Presse

Les premières sanctions ont été prises à la prison de Manhattan après les « graves irrégularités » dénoncées dans le sillage de la mort en détention samedi du financier Jeffrey Epstein : le directeur a été muté à titre temporaire et deux employés ont été suspendus.

« Aujourd'hui, le secrétaire à la Justice a ordonné à la direction des prisons de muter temporairement le directeur du Metropolitan Correctional Center [...] en attendant les conclusions de l'enquête du FBI et de l'inspecteur général », a indiqué mardi dans un communiqué la porte-parole du département, Kerri Kupec.

« La direction des prisons a aussi suspendu deux employés du MCC responsables de l'unité de la prison où M. Epstein était détenu, en attendant les conclusions des enquêtes », a-t-elle ajouté, précisant que « des mesures supplémentaires pourraient être prises ».

La porte-parole n'a pas révélé l'identité des deux employés suspendus.

M. Epstein, 66 ans, a été retrouvé mort vers 6 h 30, samedi, au Metropolitan Correctional Center (MCC), prison fédérale réputée particulièrement sûre, où il attendait son procès pour agressions sexuelles sur mineures qui devait commencer au plus tôt en juin 2020.

Il avait été arrêté le 6 juillet et inculpé à New York pour avoir organisé, de 2002 à 2005 au moins, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles, certaines collégiennes, avec lesquelles il avait des rapports sexuels dans ses nombreuses propriétés, notamment à Manhattan et en Floride.

Lundi, le secrétaire William Barr avait dénoncé « de graves irrégularités » et des carences « pour sécuriser de manière adéquate » la prison où était détenu le financier depuis le début de juillet. Ce dernier a longtemps été une figure de la vie mondaine, comptant notamment parmi ses amis Donald Trump et Bill Clinton, avant de devenir l'un des détenus les plus en vue du pays.

Failles du système de surveillance

Plusieurs médias avaient indiqué dimanche que M. Epstein avait été laissé seul dans sa cellule alors que les détenus étaient censés être toujours deux, et que les rondes prévues toutes les 30 minutes n'avaient pas été respectées.

Le financier, qui avait été retrouvé blessé le 23 juillet après apparemment une première tentative de suicide, ne bénéficiait par ailleurs plus de surveillance renforcée antisuicide depuis le 29 juillet.

Les causes de la mort n'ont pas encore été officiellement confirmées. Le médecin légiste de Manhattan a indiqué dimanche, après avoir effectué l'autopsie, réserver ses conclusions dans l'attente de « plus d'informations ».

Sa mort, plus d'un mois après son arrestation pour de multiples agressions présumées sur mineures, a suscité une vive indignation, notamment parmi ses victimes déclarées qui ne le verront jamais répondre de ses actes devant un tribunal. Il risquait jusqu'à 45 ans de prison.

Je peux vous assurer que l'enquête va continuer, visant quiconque [ayant été] complice d'Epstein. Aucun complice ne dormira tranquille.

William Barr, secrétaire à la Justice

Après la mort de Jeffrey Epstein, la fille du défunt magnat britannique des médias Robert Maxwell, Ghislaine Maxwell, 57 ans, fait désormais figure de suspect numéro un, même si elle a démenti toute implication.

Elle est accusée par certaines victimes présumées du financier d'avoir activement recruté de jeunes adolescentes afin de satisfaire l'appétit d'Epstein et d'avoir même participé aux abus.

D'autres sont sur la sellette, dont le Français Jean-Luc Brunel, patron d'une agence de mannequins.

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