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Plage du lac Saint-Mathieu, Québec précise les droits de chacun

La plage qui longe le terrain du camping Koa au Lac Mathieu à Saint-Mathieu-de-Rioux.

Le camping Koa demande aux utilisateurs de payer un droit d'accès à la plage qui longe son terrain.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Louis Lessard

Les citoyens et les touristes qui circulent sur les berges du lac Saint-Mathieu devant le camping Koa n'ont pas à payer de frais s’ils ont emprunté un accès public pour s'y rendre. C'est ce que fait savoir, par voie de communiqué, le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques en réponse au débat qui fait rage dans la communauté depuis plusieurs mois.

La Municipalité de Saint-Mathieu-de-Rioux et le camping Koa se livrent un bras de fer depuis le début de l'été sur les frais d’utilisation de la plage. Les propriétaires du camping exigent un droit d’accès aux baigneurs, mais la Municipalité s'y oppose.

Par voie de communiqué, le ministère donne en partie raison à la Municipalité en réaffirmant que l'accès aux berges du lac Saint-Mathieu est gratuit puisqu'elles font partie du domaine hydrique de l’État.

Article 53 de la Loi sur les terres du domaine de l’État (RLRQ, chapitre T-8.1)

Toute personne peut passer sur les terres du domaine de l’État, sauf dans la mesure prévue par une loi ou par un règlement du gouvernement.

Les propriétaires du camping Koa ne l'entendent pas de cette façon et réaffirment leur droit d’exiger des frais aux usagers de la plage indépendamment de la façon dont ils ont accédé au site. Le copropriétaire du camping, Martin Bruno, réitère que toute personne qui utilise le bloc sanitaire ou qui s’installe sur la plage devrait payer un droit de passage. Nous on est une entreprise, explique M. Bruno, donc on est là pour satisfaire un certain besoin. On nettoie les poubelles, on entretient les toilettes, on offre un service qui est nécessaire, ça mérite des frais! C’est juste logique.

Il s'appuie sur l’article 920 du Code civil du Québec qui stipule l’interdiction de s’installer sur les berges.

Article 920 du Code civil du Québec : Toute personne a le droit de circuler sur les cours d’eau et les lacs, à la condition de ne pas prendre pied sur les berges.

Est-ce que ce citoyen-là est en train de marcher sur la berge? Ou est-ce qu’il est en train de faire le party sur la berge?

Martin Bruno, copropriétaire du camping Koa de Saint-Mathieu-de-Rioux
Une affiche sur un terrain gazonné

Le maire de Saint-Mathieu-de-Rioux dit que les baigneurs peuvent avoir accès à la plage gratuitement en passant par le terrain municipal. (archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Une décision trop prudente, selon la Ville

Le coordonnateur au développement de la Municipalité de Saint-Mathieu de Rioux, Stéphane Lacam-Gitareu, se dit mi-figue mi-raisin devant la décision de Québec. Il aurait préféré une prise de position encore plus affirmée du Ministère.

J’aimerais dire que j’ai gagné, mais je n’y crois pas [...] il aurait fallu préciser les droits qu’ont chacun sur l’utilisation de la plage

Stéphane Lacam-Gitareu, coordonnateur au développement de Saint-Mathieu-de-Rioux

Le droit réel de la municipalité n’est pas défini, déplore-t-il. Qu’en est-il d’un projet de faire une baignade surveillée par exemple?

La question n’est pas sans intérêt, la Ville de Saint-Mathieu-de-Rioux a déposé, mardi matin, une offre au ministère de l’Environnement pour acquérir ce secteur convoité.

Une affiche au camping Koa sur laquelle sont inscrits les prix d'accès à la plage du Lac Saint-Mathieu.

Le camping Koa demande une contribution de 5,87$ aux utilisateurs de la plage du lac Saint-Mathieu.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Les propriétaires du camping entendent s’opposer à cette demande de la Ville. Ils affirment que ce sont eux qui entretiennent le terrain depuis des années.

Martin Bruno conclut en affirmant qu’il n’a pas l’intention d'apposer sa signature comme voisins immédiats, un prérequis nécessaire pour une demande de ce genre. Le camping a déjà fait des démarches similaires, mais le projet avait avorté faute d'appui suffisant.

Bas-Saint-Laurent

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