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Une plainte contre la communauté d’Opitciwan pour pratique déloyale de travail

L'École secondaire Mikisiw.

La communauté atikamekw d'Opitciwan espère recruter une trentaine d'employés dans les deux écoles situées sur son territoire.

Photo : Radio-Canada

Camille Carpentier

La communauté atikamekw d'Opitciwan fait face à des critiques; on lui reproche d'avoir voulu modifier les règles d'embauche des enseignants de ses écoles en pleine négociation de convention collective.

En juillet, Opitciwan a fait un appel à tous pour trouver une trentaine d’enseignants et de membres du personnel pour la prochaine rentrée scolaire. C’est que la communauté a décidé qu’à partir de septembre, seuls des enseignants qualifiés pourront enseigner dans ses écoles secondaire et primaire.

Or, plusieurs enseignants ne détiennent pas les qualifications demandées par la communauté et reconnues par le ministère de l’Éducation du Québec. Ils seraient 7 à l’École secondaire Mikisiw, et 14 à l’École primaire Niska. Ces enseignants ont eu deux choix : suivre une formation reconnue par le ministère de l’Éducation ou quitter leurs fonctions. Quatre enseignants de l’École secondaire auraient refusé de suivre la formation, mais ne voudraient pas quitter pour autant leur emploi.

À la suite de la décision de la communauté, l’Association des employés du Nord québécois (AENQ) a déposé cet hiver des plaintes auprès du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) pour pratique déloyale de travail. Le syndicat, qui représente les enseignants de l’école secondaire, allègue que l’employeur a modifié les conditions de travail de ses membres alors qu’une convention collective est en négociation depuis près de deux ans, ce qui contreviendrait à l’article 50.b du Code canadien du travail.

Ce qu’on déplore, c’est que l’employeur change les règles du jeu alors qu’on est en négociation, dit le président de l’AENQ, Larry Imbeault. Ce qu’on demande, c’est que l’employeur s'assoit avec nous à la table et qu’on règle finalement la première convention collective et que les règles soient claires pour tout le monde.

Il faut savoir qu'il est possible d'enseigner même si l'on n'a pas les qualifications requises. Le Ministère accorde à ce moment une permission temporaire appelée tolérance d’engagement qu’un employeur peut renouveler pendant un maximum de 10 années scolaires pour un même employé. Au Québec, près d’un enseignant sur cinq était titulaire d’une tolérance d’engagement pour l’année scolaire 2017-2018.

Un tableau.

Au Québec, près d'un enseignant sur cinq n'a pas d'autorisation d'enseigner, mais plutôt une permission appelée tolérance d'engagement.

Photo : Radio-Canada

Le ministère de l’Éducation distribue des autorisations d’enseigner à ceux qui décrochent une formation reconnue comme un baccalauréat en éducation. Il permet aussi l’embauche d’enseignants qui n’ont pas de formation en pédagogie, mais l’employeur doit démontrer qu’il a été impossible de trouver des enseignants avec une formation reconnue.

Larry Imbeault croit que le conseil des Atikamekw d’Opitciwan ne tient pas compte de la pénurie d’enseignants à l’échelle de la province.

On le constate, en régions éloignées, il est très difficile pour les employeurs, les commissions scolaires et les conseils de bande, d’avoir uniquement des enseignantes et enseignants qui ont les qualifications légales, note-t-il.

Néanmoins, la communauté a réussi à embaucher une trentaine d’enseignants et de membres du personnel selon le chef d’Opitciwan, Christian Awashish. L’accueil des nouveaux employés a eu lieu mardi. Selon le chef, tout devrait être en place pour la rentrée, qui doit avoir lieu le lundi 19 août.

Une rencontre doit avoir lieu à la fin du mois entre les deux parties et des représentants du CCRI.

Mauricie et Centre du Québec

Éducation