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Il tombe de son toit et dit avoir attendu des dizaines de minutes pour une ambulance

Ambulance NB a une version différente des faits, où le couple aurait attendu moins longtemps avant d'annuler l'appel.

Luc Babin et sa femme, Anne-Renée, sur les lieux de l'accident.

Luc Babin n'a pas de séquelle grave à long terme de son accident, mais s'inquiète désormais pour la sécurité de sa communauté.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Le visage en sang, le pied et le nez cassés et le souffle coupé, Luc Babin dit avoir attendu l’ambulance pendant 45 minutes avant qu’une amie infirmière décide de l'emmener elle-même à l’hôpital régional de Campbellton, au Nouveau-Brunswick.

Le 26 juillet dernier, Luc Babin, 36 ans, faisait des travaux sur son toit à Dalhousie, pendant que sa femme et ses enfants jouaient dehors. Lorsqu’il a mis le pied sur l’échelle pour redescendre, il a glissé et est tombé au sol. Ça m’a coupé le souffle, dit-il. Quand j’ai pu respirer, j’avais une douleur dans la poitrine, des lacérations au visage, mon pied était cassé, mon nez était cassé.

Quand je suis allée le voir, sa tête était pleine de sang, il ne pouvait pas parler, pas respirer pendant un bon moment.

Anne-Renée Babin
Une blessure en sang sur la tempe de Luc Babin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lorsque Luc Babin est tombé de son toit, sa femme a couru près de lui, pour découvrir son visage en sang.

Photo : Radio-Canada / Anne-Renée Babin

Son épouse, Anne-Renée Babin, appelle tout de suite le 911 pour une ambulance. La personne au bout de la ligne lui pose alors quelques questions sur l’état de Luc, puis raccroche.

Anne-Renée appelle aussi une amie du couple, une infirmière praticienne, qui se rend immédiatement sur les lieux de l’accident. Elle évalue l’état de Luc et nettoie ses plaies. Puis, après ce qui lui a semblé comme une très longue attente, elle rappelle le service d’ambulance qui lui répond qu’il n'y a pas encore d'ambulance en route vers la maison.

L’infirmière décide alors de ne plus attendre et d’emmener son ami à l’hôpital dans un véhicule privé. L’ambulance ne se sera donc jamais rendu à la rescousse de Luc Babin.

Près de trois semaines plus tard, Luc va bien et n’a pas de séquelle de son accident, mais trouve la situation inquiétante pour sa communauté.

La population est âgée ici, mettons que j’avais eu 70 ans et que j’étais tombé de mon toit, ça n’aurait pas aussi bien été.

Luc Babin

Le couple a écrit à Ambulance Nouveau-Brunswick pour avoir des réponses sur ce qui s’est passé. Luc et Anne-Renée veulent notamment savoir pourquoi la personne au bout du fil ne les a pas avisés du temps d’attente dès le premier appel, pourquoi cette même personne a raccroché tout de suite au lieu de prendre le temps de voir si l’état de Luc s’empirait en attendant l’ambulance et, enfin, pourquoi les pompiers n’ont pas été envoyés en tant que premiers répondants.

Le couple attend toujours une réponse d’Ambulance NB.

Ambulance NB a une version différente

Radio-Canada a contacté Ambulance NB pour une entrevue et a reçu une réponse par courriel dans laquelle elle contredit les propos de Luc Babin.

L’appel a été reçu à 18 h 35. Il a été annulé après 27 minutes. Une ambulance se serait rendue sur les lieux dans les 7 minutes suivantes.

ANB est dans l’obligation de répondre aux appels 911 dans les régions rurales en moins de 22 minutes, dans 90 % des cas, rappelle un porte-parole. Nous dépassons cette norme de rendement puisque dans 94 % des cas nous répondons dans les 22 minutes. À 112 000 appels par année, ce délai ne serait pas respecté pour plus de 6000 appels.

Le répartiteur d’urgence reste en ligne avec le patient jusqu’à ce que toutes les directives de survie soient données, conclut-il.

Le couple admet ne pas avoir calculé exactement la durée d'attente entre son premier et son second appel. Il insiste toutefois sur un point : personne ne leur a dit qu'une ambulance allait arriver sept minutes après le second appel.

Avec les informations de Serge Bouchard

Nouveau-Brunswick

Accidents et catastrophes