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Le marché de Longueuil en difficulté

La clientèle du marché de Longueuil n'est pas au rendez-vous en nombre suffisant.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que la saison des marchés publics bat son plein, le marché de Longueuil, qui a coûté des millions à la Ville, fait partie de ceux qui peinent toujours à attirer la clientèle. Résultat : plusieurs commerçants le désertent.

Le défi demeure grand pour la Municipalité, qui est devenue propriétaire du marché au coût de 7,4 millions de dollars en avril dernier.

Plusieurs commerçants ont quitté les lieux à la fin de leur bail, faute de clientèle.

La Ville de Longueuil n'était pas en mesure d'indiquer le nombre de maraîchers et de commerçants ayant jeté l'éponge, mais elle mentionne un taux d’occupation de 70 %.

Plusieurs clients ont critiqué l'emplacement du marché, tout près de l'aéroport de Saint-Hubert.

L'emplacement n’est en effet pas idéal pour stimuler l'achalandage, croit le conseiller Xavier Léger, chef de l'opposition à la Ville de Longueuil.

« On est au centre de pas grand-chose, finalement. [… ] Ça devient un peu la cafétéria de l’hôtel de ville, qui est juste à côté », ironise-t-il.

Certains critiquent aussi le manque de publicité ou encore le prix des produits fins, jugés trop chers.

Un comptoir de produits fins.

Certains s'interrogent sur la pertinence d'avoir des commerces qui vendent des produits fins au marché de Longueuil.

Photo : Radio-Canada

Des millions investis

La Ville a acheté les infrastructures à l'Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) en avril.

L'an dernier, l'APMQ avait avisé la Municipalité qu'elle cesserait d'exploiter ce marché, les ventes n'étant pas au rendez-vous. Approchée par la Ville de Longueuil pour construire et gérer un marché public, l'organisation sans but lucratif accumulait des déficits depuis l'ouverture en 2014.

Entre 2014 et 2018, la Ville a versé 420 000 $ par année à l'ancien propriétaire pour aider à l'exploitation.

Le marché devait rapporter 325 000 $ par an en impôt municipal. La Ville dit ne pas être en mesure de chiffrer le montant de l'impôt qu'elle a perçu.

Le poids financier est lourd à porter pour les commerçants, forcés à vendre leurs produits plus cher, entre autres à cause du prix des loyers.

Selon le chef de l'opposition, la Ville doit aider les commerçants.

« On a des loyers dans nos arénas, dans nos piscines publiques, il y a des magasins, il y a des cantines : ces gens-là ne paient pas des loyers que les gens paient ici, souligne Xavier Léger. Alors, je pense qu'il va falloir trouver un juste milieu au marché public si on veut le sauver. »

Déplorant le manque de vision pour assurer la pérennité du marché, M. Léger demande à la Ville d'élaborer un « plan concret ».

« N'importe quelle compagnie, n’importe quelle business qui veut se sauver doit avoir un plan à court terme et à moyen terme pour dire quelles sont les prochaines étapes », dit-il. La Ville doit « dire : "On va faire ces actions-là pour monter l'achalandage, on va faire ces actions-là pour avoir de nouveaux commerçants qui vont venir s'installer dans notre marché", et puis là présentement on n’a rien », soutient-il.

La Ville de Longueuil, qui dit croire dans son marché public, entend proposer un plan de relance d'ici octobre. D'ici là, dit-elle, elle tentera d'aider les commerçants à traverser cet été difficile.

D’après un reportage de Marie-Josée Paquette Comeau

Grand Montréal

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