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Seuils d'immigration : l'Association Restauration Québec lance un cri d'alarme

Un cuisinier dispose des légumes dans une assiette.

Il n'est pas rare de voir un restaurant limiter ses heures d'ouverture, faute de personnel, en ce moment au Québec.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Des restaurateurs ont lancé un « cri d'alarme » et plaidé pour une hausse des seuils d'immigration à l'Assemblée nationale, mardi. L'Association Restauration Québec (ARQ) – qui compte 5500 membres – souhaite avoir davantage accès à des travailleurs étrangers pour pourvoir des milliers de postes d'aides-cuisiniers, de plongeurs, de cuisiniers et de serveurs.

Son président, Vincent Arsenault, a indiqué au ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, qu'en 2018, près de 14 000 postes étaient à pourvoir dans la restauration au Québec.

En 2025, selon une estimation de Raymond Chabot Grant Thornton, environ 5500 postes d'aides-cuisiniers, plongeurs et préposés au comptoir, ainsi que 2700 postes de cuisiniers et 1800 postes de serveurs seront vacants dans la province.

Les prévisions pour 2035 offrent un portrait encore plus sombre de la situation : ce sont quelque 10 000 postes d'aides-cuisiniers, plongeurs et préposés au comptoir, ainsi que 4600 postes de cuisiniers et 1800 postes de serveurs qui seront à pourvoir.

À l'heure actuelle au Québec, il n'est pas rare de voir un restaurant limiter ses heures d'ouverture, faute de personnel. Le restaurant Auguste à Sherbrooke a éliminé le service du lundi, L'Olive Rouge à Victoriaville n'ouvre plus les mercredis, le restaurant Au fin gourmet à New Richmond, dans la région de la Baie-des-Chaleurs, a mis fin à son service de nuit et La Rose des vents, à Sainte-Flavie, a dû fermer ses portes, illustre l'ARQ.

Québec doit hausser ses seuils d'immigration, mais aussi revoir sa grille de sélection pour faciliter l'arrivée de personnel peu qualifié, fait-on valoir.

« L'immigration est un outil indéniable pouvant atténuer la pénurie actuelle de main-d'oeuvre, a déclaré M. Arsenault. Recourir aux travailleurs étrangers, autant temporaires que permanents, est essentiel pour maintenir nos activités, notamment dans les régions. C'est pourquoi l'ARQ lance aujourd'hui un véritable cri d'alarme afin que des mesures concrètes soient mises en place. »

Son témoignage survient au deuxième jour des consultations publiques sur les seuils d'immigration proposés par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le gouvernement a abaissé les seuils cette année, les faisant passer de 52 000 à 40 000, le temps d'améliorer les programmes de francisation et d'intégration. Il compte les rehausser progressivement dès l'an prochain pour atteindre environ 52 000 en 2022.

Si le ministre Jolin-Barrette s'est dit « sensible » aux arguments des restaurateurs, il a paru renvoyer la balle au gouvernement fédéral, qui doit assouplir le programme de travailleurs étrangers temporaires, selon lui.

Je retiens de notre échange que vous souhaitez une amélioration au niveau du programme des travailleurs étrangers temporaires, et sur ce, il faut que le gouvernement fédéral entende votre message, notamment pour faire en sorte de comprendre la réalité des employeurs.

Simon Jolin-Barrette, ministre de l'Immigration

Le porte-parole libéral en matière d'immigration, Monsef Derraji, a affirmé pour sa part qu'il ne voulait pas « que l'on pitche le problème au fédéral », pressant le ministre de s'impliquer plus activement auprès des restaurateurs pour trouver des pistes de solution.

Le premier ministre Justin Trudeau renvoie d’ailleurs la balle à son homologue provincial.

La communauté d'affaires au Québec est préoccupée par la pénurie de main-d'oeuvre. [...] Je vais permettre aux Québécois d'avoir cette discussion directement avec leur premier ministre. Le gouvernement fédéral sera là évidemment pour encourager et aider en tant que partenaire.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les consultations publiques sur la planification de l'immigration au Québec pour la période 2020-2022 se déroulent toute la semaine à l'Assemblée nationale. Une trentaine de groupes ont été invités à y participer. Le gouvernement aura ensuite jusqu'au 1er novembre 2019 pour présenter son plan triennal.

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