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Encadrement des roulottes : les résidents et campeurs de Nipissing Ouest à couteaux tirés

Les véhicules récréatifs de l'entreprise Aventures 138.

La Municipalité de Nipissing Ouest veut se doter d'un nouveau règlement encadrant les roulottes se trouvant sur des terrains vacants.

Photo : Aventure 138

Radio-Canada

L’étude de nouvelles règles encadrant les roulottes de manière plus stricte divise profondément des campeurs et des résidents de Nipissing Ouest, dans le Nord de l’Ontario. Le conseil municipal a débattu de la question mardi soir.

La Municipalité indique avoir reçu de nombreuses plaintes du public concernant l’impact environnemental des nombreuses roulottes établies sur des terrains vacants et résidentiels.

Pour répondre aux inquiétudes, les membres du comité de planification ont évalué la possibilité de mettre en place un règlement qui requiert l'achat d’un permis municipal pour chaque roulotte.

La version du règlement à l’étude suggère notamment un prix annuel de 50 $ par roulotte.

Par conséquent, le règlement de zonage en vigueur devrait également être modifié pour préciser, entre autres, les infrastructures sanitaires que doivent comprendre les lots utilisés à des fins de camping ainsi que le nombre maximal de roulottes qu’il peut y avoir sur un type de terrain donné.

Lors de la réunion de mardi soir, les conseillers municipaux se sont entendus pour mener des consultations auprès de la population au sujet du projet de règlement, après avoir reçu une présentation de l'office de la protection de la nature de North Bay-Mattawa.

Levée de boucliers

De nombreux campeurs de la région s’insurgent déjà contre la proposition.

C’est le cas de Line Ayotte-Legault de Markstay, à l’est du Grand Sudbury, mais qui possède une roulotte dans le secteur de Field sur un terrain qui appartient à son beau-père. Deux autres roulottes s’y trouvent également.

Elle admet qu’il y a beaucoup de personnes qui ne font pas la propreté sur leurs terrains, mais croit que les mesures à l'étude par le conseil municipal pénaliseraient également des campeurs non fautifs.

Les gens [qui soutiennent le règlement] pensent automatiquement qu’en ayant plus d’une roulotte sur un terrain, on ne se débarrasse pas de son système septique comme il faut, mais plusieurs personnes le font convenablement, explique-t-elle.

Nous, on est une grosse famille et on aime camper et passer les fins de semaine ensemble. Je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir seulement une roulotte sur un terrain. On a des réservoirs d’eaux usées et on les vide dans les stations désignées.

Line Ayotte-Legault, campeuse de Nipissing Ouest

Elle déplore également la somme suggérée de 50 $ pour l’obtention d’un permis qui, à son avis, découragera les gens à faire du camping.

Si le terrain t’appartient et que tu paies déjà des taxes pour le terrain, tu devrais être capable de faire ce que tu veux. On fait du camping pour le plaisir, estime-t-elle.

Le sujet génère également de nombreuses réactions de la part d’internautes.

Sur Facebook, la campeuse Line Bigras estime que si le règlement est adopté, la Municipalité de Nipissing Ouest devrait réduire ses taxes foncières chaque année.

C’est frustrant, parce qu’on prévoit acheter un terrain [...], mais on va avoir l’impression d’être en location, écrit-elle.

Mais d’autres résidents de la région voient en ce règlement une manière, pour la Municipalité, d’éviter de gros désastres environnementaux.

Nicole Laferrière et son mari Denis ont d’ailleurs fait part de leurs préoccupations au comité municipal de planification lors d’une réunion publique tenue le 10 juin.

Le couple qui vit depuis 20 ans dans le secteur de Verner, en bordure du lac Nipissing, indique être très préoccupé par la santé du cours d’eau.

Il y a beaucoup plus de roulottes qui s’installent [maintenant] à Nipissing Ouest. C’est en train de devenir un problème [...]. Quand on installe beaucoup de roulottes sur un lot, on abat tous les arbres, et ça, c’est démontré que ça crée l’érosion et ça ne protège pas nos lacs, fait savoir Nicole Laferrière.

On s’aperçoit et c’est une réalité que les roulottes déversent leurs déchets dans le lac. Ça, ça doit cesser. On a des petits-enfants qui viennent passer l’été et leur plus grand plaisir, c’est de sauter dans le lac et se baigner, mais pendant combien de temps encore est-ce qu’ils vont pouvoir faire ça?

Nicole Laferrière, résidente de Verner

Elle dit comprendre la réticence de plusieurs à vouloir débourser de l’argent pour obtenir des permis pour leurs roulottes, mais croit toutefois qu’une intervention de la Municipalité s’impose.

C’est beau, le plaisir. Mais lorsqu’on ne respecte pas notre environnement, qu’est-ce qu’on va offrir à nos petits-enfants? Donc, ça devient un plaisir qui est très égoïste, centré sur ce qu’on vit aujourd’hui, mais qui ne tient pas compte de l’héritage qu’on doit laisser à nos enfants, dit-elle.

Mme Laferrière se dit inquiète également pour les propriétaires de parcs à roulottes commerciaux dont les activités pourraient être paralysées par une grande pollution du lac Nipissing.

Le règlement ne concerne pas les roulottes situées dans des parcs à vocation commerciale, qui sont déjà régis par un règlement de zonage.

La mairesse de Nipissing Ouest, Joanne Savage, précise que les modalités finales du nouveau règlement restent toujours à définir.

On est conscients que, dans notre municipalité, les gens ont toujours fait des activités récréatives [...], on a beaucoup de terrains sur le bord des lacs. Il faut voir si le conseil veut mettre en place des restrictions et, si oui, voir lesquelles, note-t-elle.

Le point sur lequel tout le monde s’entend, c’est de se soucier de l’environnement pour protéger les lacs et les rivières qui sont dans notre cour pour les générations à venir.

Joanne Savage, mairesse de Nipissing Ouest
La mairesse de Nipissing Ouest assise à une table pendant une réunion du conseil municipal.

Joanne Savage est mairesse de Nipissing Ouest.

Photo : Municipalité de Nipissing Ouest

Elle ajoute que la Municipalité a également ressenti l’obligation d’intervenir en raison du fait que l’office de la protection de la nature de North Bay-Mattawa, qui s'occupe de l'état du lac Nipissing, est tellement occupé qu’[il] n’a pas l’occasion de réagir aux plaintes.

Nord de l'Ontario

Société