•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les fermes entre crainte et espoir envers la nouvelle loi promise par le PCU

Des silos dans une ferme de l'Alberta.

Les agriculteurs de la province s'apprêtent à s'ajuster une fois de plus à un nouveau cadre législatif, moins de cinq ans après l'adoption de la Loi sur la protection renforcée des travailleurs agricoles par les néo-démocrates de Rachel Notley.

Photo : Ric Matkowsk

Radio-Canada

Le monde agricole s'apprête à vivre un deuxième changement législatif d'importance en deux gouvernements. Le Parti conservateur uni (PCU) a promis de réécrire les lois qui définissent la sécurité et le droit du travail dans les fermes albertaines. Certains croient qu'il s'agit d'un changement nécessaire, d'autres s'inquiètent d'un retour à l'« âge des ténèbres ».

Philippa Thomas travaillait à l'étable lorsqu'elle s'est blessée par accident.

Une simple coupure au doigt, qui allait vite lui faire vivre un calvaire.

La bactérie mangeuse de chair a infecté la plaie, provoquant une maladie nerveuse causant d'horribles souffrances dans le bras droit.

Je suppliais qu'on m'ampute le bras, raconte Philippa Thomas.

C'était en 2006, soit 10 ans avant qu'il devienne obligatoire d'offrir des compensations pour les accidents de travail survenus en milieu agricole.

Incapable de travailler en raison de son état, ne recevant aucune indemnité, Philippa Thomas est devenue militante pour les droits des travailleurs agricoles.

Les changements promis par le gouvernement Kenney l'inquiètent. Ils ouvrent la voie, selon elle, à d'autres situations comme celle qu'elle a vécue.

Ne nous ramenez pas à l'âge des ténèbres, implore-t-elle.

Réforme controversée

L'adoption de la Loi sur la protection renforcée des travailleurs agricoles, en 2016, avait pourtant soulevé un tollé au sein du milieu agricole.

Elle obligeait les fermiers et les agriculteurs à souscrire aux règles de santé et de sécurité du travail de la province. Elle les forçait aussi à adopter la compensation offerte par la Commission d’indemnisation des accidents du travail.

L'Alberta était la seule province, auparavant, à ne pas offrir ces garanties aux travailleurs agricoles.

Pourtant, ce cadre est trop étroit, croit toujours l'éleveur Bill McFarquhar.

Travailler cinq jours par semaine, huit heures par jour, ce n'est pas notre réalité. Le bétail doit être nourri 365 jours par année, peu importe l'heure ou la météo, dit-il.

Bill McFarquhar ne s'oppose pas à des règles qui encadrent le travail agricole. Lui-même a adopté, pour sa ferme familiale, la compensation de la commission, 10 ans avant que la loi ne l'impose.

Toutefois, il croit que tout le monde se portera mieux si les avocats demeurent loin des exploitations comme la sienne.

Ils essaient de nous mettre dans la même boîte que l'industrie forestière, minière ou pétrolière, affirme-t-il. Tout le monde n'entre pas dans une seule boîte.

La parole aux agriculteurs

Le ministre de l'Agriculture, Devin Dreeshen, consulte pour l'instant les agriculteurs.

Il affirme que certains consensus se dégagent des consultations qu'il effectue aux quatre coins de la province.

[Les agriculteurs] veulent souvent pouvoir choisir leurs assurances et demandent des règles de santé et de sécurité au travail, mais qui s'appliquent spécifiquement au monde agricole, explique le ministre.

Il affirme que la nouvelle loi donnera aux fermiers la flexibilité dont ils ont besoin, tout en garantissant aux 50 000 travailleurs agricoles de l'Alberta une protection en cas d'accident de travail.

Il refuse de promettre, cependant, que cette protection serait aussi étendue que celle garantie par la Commission.

Les consultations se poursuivront jusqu'à la fin du mois d'août.

La nouvelle loi devrait être présentée à l'Assemblée législative cet automne.

Avec les informations de Carolyn Dunn, CBC News

Alberta

Politique provinciale