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Quel avenir pour la traverse Québec-Lévis?

Un traversier sur le fleuve St-Laurent en face du Château Frontenac

La fin de vie utile des deux traversiers actuellement utilisés est projetée pour 2031.

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

David Rémillard

La traverse Québec-Lévis arrive à la croisée des chemins. Ses deux navires devront être remplacés d'ici dix ans et, entre temps, c'est l'ensemble de la mobilité qui est appelée à changer dans la capitale. En plus de méditer sur une possible électrification de la flotte, la Société des traversiers du Québec devra réévaluer l'ensemble des besoins avec l'arrivée du tramway et de l'éventuel troisième lien.

Le rôle de la traverse Québec-Lévis demeure une inconnue parmi les grands projets de mobilité dans la région.

Une mention figure bien parmi les orientations du Bureau de projet du troisième lien. On y discute notamment d'optimisation de la traverse Québec-Lévis et d'une potentielle traverse rapide piétonne connectée efficacement aux réseaux de transports en commun.

Le ministère des Transports ne s'avance pas davantage sur la vision de la traverse, pas plus que le cabinet du ministre François Bonnardel. Il est trop tôt dans le processus, a-t-on indiqué. Nous laissons les experts de la Société des traversiers et du Bureau de projet le soin de travailler sur les éventuelles solutions.

Le contexte est donc particulier pour la Société des traversiers du Québec (STQ), qui aura inévitablement à s'adapter. Ça bouge beaucoup à Québec, autant avec le troisième lien et avec le réseau structurant. La traverse s'inscrit quelque part là-dedans, soutient Alexandre Lavoie, responsable des relations publiques à la STQ.

Le traversier NM Lomer-Gouin se fraye un chemin à travers les glaces sur le fleuve St-Laurent

Le traversier NM Lomer-Gouin

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Qui plus est, le NM Lomer-Gouin et le NM Alphonse-Desjardins, construits en 1971, doivent être remplacés d'ici 2031.

Pour éviter de vivre avec les conséquences [d'un mauvais choix de navires] pour des décennies, la société d'État prendra le temps d'analyser l'impact de ces deux importants jalons déjà annoncés par le gouvernement du Québec.

Quels impacts sur l'achalandage? 

Une question névralgique concerne l'achalandage. Quelque 320 000 voitures et 1,8 millions de passagers ont emprunté la traverse en 2017-2018.

D'une part, un lien autoroutier pourrait faire baisser le nombre de voitures, alors qu'une bonification du transport en commun pourrait faire croître le nombre de piétons sur les navires, cite M. Lavoie en exemple.

On n'évolue pas en vase clos. On verra quel impact ça aura sur l'achalandage et sur le type d'achalandage.

Alexandre Lavoie

Il faut tout évaluer pour acheter le navire approprié pour la capacité. [...] C'est tout ça qu'il faut regarder en même temps, explique-t-il, ajoutant que la STQ veut prendre le temps de bien faire les choses.

La bonne nouvelle, selon M. Lavoie, est que les deux navires actuels sont en bonne condition malgré leur âge avancé. De plus, la STQcomptera bientôt sur le NM Joseph-Savard pour assurer une relève si l'un des deux devait faire l'objet de maintenance.

D'une certaine façon, le moment de la réflexion coïncide bien avec le renouvellement des navires. La STQ croit avoir encore de bonnes années devant elle avant de faire son choix.

Vers une traverse électrifiée?

Outre le portrait de mobilité à Québec, sans oublier la bonification du transport collectif projeté à Lévis, la STQ devra se pencher sur le choix de technologie à adopter.

Depuis 2013-2014, la flotte de la STQ a réduit de 10,2 % de gaz à effet de serre, atteignant 9,48 tonnes d'émissions par kilowatt de propulsion. La cible était de 14 % pour la même année.

Parmi les petits nouveaux, certains fonctionnent au gaz naturel liquéfié ou en systèmes hybrides, limitant le diesel marin utilisé.

Le NM Peter-Fraser navigue sur le fleuve Saint-Laurent.

Le NM Peter-Fraser, à l'Île-Verte, possède des propulseurs électriques.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Alexandre Lavoie confirme que l'option électrique sera analysée pour la traverse Québec-Lévis. Les glaces, la fréquence des départs, la capacité de chargement, le coût de la technologie, sa puissance et le courant du fleuve seront autant de facteurs à considérer.

Les traversiers 100 % électriques demeurent relativement récents, rappelle-t-il.

La technologie est relativement bien implantée en Norvège, notamment. Au Canada, les traversiers de la côte ouest adoptent (Nouvelle fenêtre) tranquillement des modèles hybrides, alliant l'électrique, le gaz naturel et les systèmes conventionnels.

Au printemps, le premier ministre François Legault affirmait que la défense de l'environnement passerait par l'hydroélectricité, dont l'électrification des moyens de transport collectifs.

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