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Achat transfrontalier de médicaments : la mise en garde des pharmaciens

Christine Boudreau devant des étalages de médicaments

La présidente de l’Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick, Christine Boudreau, ne croit pas qu'une plus grande ouverture du marché canadien soit une solution viable.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Beaucoup d'Américains qui vivent le long de la frontière viennent au Canada pour acheter des médicaments parce qu'ils sont moins chers qu’aux États-Unis. Les pharmaciens du Nouveau-Brunswick demandent au fédéral de ne pas modifier les lois actuelles qui protègent l'approvisionnement au Canada.

Un pharmacien de Woodstock, Mitchell McAdam, est inquiet. Sa ville, située près de la frontière américaine, est déjà pleine de touristes qui achètent des médicaments à un prix moins élevé qu’aux États-Unis.

Au Canada, un Américain paie jusqu’à 10 fois moins cher pour certains médicaments que dans son pays natal, notamment l’insuline.

Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais déjà le pharmacien constate une augmentation de la clientèle américaine à son comptoir d’ordonnances. La même situation sévit aussi dans plusieurs pharmacies dans les autres provinces situées près de la frontière.

Prévenir des pénuries

Les médicaments en pénurie pourraient être lourdement touchés au Canada, et cela inquiète Mitchell McAdam.

La demande pour les médicaments contre l’hypertension, entre autres, est tellement élevée qu’il n’y en a pas suffisamment pour répondre aux besoins de tous les patients canadiens.

Le pharmacien craint que si le marché canadien devient ouvert aux États-Unis, ce type de médicaments, comme bien d’autres, devienne encore plus difficile à trouver.

Il explique aussi que de nombreux Américains voyagent au Canada pour se procurer de l’insuline, produit très cher aux États-Unis, mais aussi très prisé au Canada. Si le marché s’ouvre davantage, il prévoit une importante baisse des stocks.

La présidente de l’Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick, Christine Boudreau, ne croit pas que ce soit une solution viable ni pour les Américains ni pour les Canadiens.

Si 20 % des prescriptions américaines se remplissent au Canada, dans moins de 200 jours on n’a plus de stock.

Christine Boudreau, présidente de l’Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick

Pour cette raison-là, ils pourraient dire au gouvernement [américain] de discuter ensemble pour trouver des façons de mieux diminuer les prix, mais pas de venir les chercher chez nous, dit Mme Boudreau.

Une loi protège les Canadiens. Elle empêche les compagnies pharmaceutiques de vendre en grande quantité les produits à l’extérieur du pays, ce qui limite le stock qui peut être vendu aux États-Unis.

Les pharmaciens demandent au Canada de conserver cette loi.

Selon les renseignements de Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

Industrie pharmaceutique