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Cinq arrestations parmi les manifestants à l'aéroport de Hong Kong

Les policiers anti-émeutes ont investi l'aéroport de Hong Kong où des milliers de manifestants réclamaient davantage de libertés du gouvernement, provoquant des heurts avec les contestataires.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Radio-Canada

La police de Hong Kong dit avoir arrêté cinq personnes pour rassemblement illégal, agression de policiers et possession d'armes, après une deuxième journée de manifestations à l'aéroport de la ville.

Selon les autorités, les manifestants en question ont arrêté, harcelé et agressé un voyageur et un journaliste, ainsi qu'empêché les ambulanciers d'emmener les deux hommes à l'hôpital.

Des policiers sont sortis d'un fourgon, pulvérisant du gaz poivré aux manifestants qui bloquaient le passage au véhicule.

Des ambulanciers sécurisent la sortie d'une civière.

Des ambulanciers portent secours à un homme blessé par les manifestants lors de heurts à l'aéroport de Hong Kong, en Chine.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Le collaborateur spécial de Radio-Canada à Hong Kong, Charles Pellegrin, a rapporté que les manifestants ont par la suite continué à contrôler les entrées de la zone destinée aux départs.

Charles Pellegrin a indiqué que, pendant toute la journée, les protestataires ont « bloqué l’accès à l’immigration et ensuite aux portes d’embarquement », empêchant ainsi les passagers d'aller aux douanes.

Ils ont en quelque sorte pris en otages les voyageurs dans cet aéroport, a-t-il dit sur les ondes d'ICI RDI.

Les contestataires ont érigé des barricades avec des chariots à bagages pour bloquer les accès des zones de sécurité, avant de former une chaîne humaine pour empêcher les passagers de passer.

Une foule de manifestants bloquent l'accès aux comptoirs d'enregistrement avec des chariots à bagages.

Les manifestants ont perturbé l'enregistrement des passagers à l'aéroport de Hong Kong en érigeant des barricades avec les chariots à bagages.

Photo : Reuters / Issei Kato

Les manifestants clamaient : « Lève-toi Hong Kong, lève-toi pour la liberté », tandis que, sur les murs, certains avaient écrit : « Oeil pour oeil! ».

Le slogan a été adopté par les manifestants en référence à une femme grièvement blessée au visage dans des échauffourées dimanche. Des médias ont rapporté qu'elle avait perdu un oeil et les protestataires soutiennent qu'elle a été touchée par un projectile tiré par la police.

Des vols annulés

Des manifestants bloquent l'accès à un comptoir d'enregistrement à l'aéroport.

L'aéroport de Hong Kong est de nouveau paralysé en raison des manifestants prodémocratie qui réclament davantage de liberté.

Photo : Reuters / Issei Kato

Avant que ces violences n'éclatent, les autorités aéroportuaires ont annulé tous les vols prévus et suspendu les procédures d'enregistrement, pris d'assaut pour la deuxième fois en deux jours par des milliers de manifestants prodémocratie.

Les opérations aux terminaux de l'aéroport international de Hong Kong ont été sérieusement perturbées en raison d'un rassemblement public, ont indiqué les autorités aéroportuaires dans un communiqué.

Il est conseillé à tous les passagers de quitter l'enceinte des terminaux dès que possible, ont-elles ajouté.

Le communiqué ne précisait pas le nombre de vols au départ concernés et si les vols à l'arrivée seraient affectés. Des vols continuaient cependant d'atterrir en fin d'après-midi.

Nombre de passagers coincés continuaient d'afficher leur solidarité avec des manifestants qui ont su gagner la sympathie de l'opinion.

Un symbole

Le collaborateur spécial de Radio-Canada à Hong Kong, Charles Pellegrin, a expliqué que les protestataires ciblent l’infrastructure parce qu’elle constitue un symbole fort. En effet, l'aéroport de Hong Kong, « plateforme mondiale de la finance », accueille des passagers provenant de partout sur le globe. L'aéroport représente aussi 5 % de l'économie de la ville.

Des gens attendent, certains couchés sur le sol de l'aéroport.

Des voyageurs ont rapporté que la situation avait été « chaotique » et mal gérée par les autorités aéroportuaires de Hong Kong.

Photo : Reuters / Issei Kato

Ils savent donc qu’ils ont ici un levier de négociations, si négociations il y a, pour essayer de faire pression sur le gouvernement à Pékin, a-t-il affirmé.

Il ajoute : Il paraît assez clair que le gouvernement, que ce soit à Hong Kong ou à Pékin, ne semble pas bouger de ses positions. Pire que cela, il semble vraiment se retrancher sur ses positions en qualifiant les manifestants de terroristes.

La cheffe de l'exécutif hongkongais pro-Pékin, Carrie Lam, les a avertis que leurs manifestations poussaient la ville sur « un chemin sans retour ».

Lundi, Pékin avait dénoncé la paralysie de l'aéroport et parlé d'événements « terroristes ».

Deux médias publics, émanations directes du Parti communiste au pouvoir, ont diffusé des vidéos censées représenter des blindés se dirigeant vers Shenzhen, aux portes de Hong Kong.

À Washington, citant le renseignement américain, Donald Trump a déclaré que le gouvernement chinois massait des troupes à la frontière de Hong Kong. Il n'a pas précisé s'il faisait référence à de récents mouvements de troupes près de la frontière ou à des mouvements dont la presse s'est déjà fait l'écho.

« Notre renseignement nous a informés que le gouvernement chinois envoyait des troupes à la frontières avec Hong Kong. Tout le monde doit rester calme », écrit le président américain sur Twitter.

Une longue guérison

Mme Lam a déclaré mardi que la réhabilitation de Hong Kong, en raison du mouvement de contestation qui le secoue depuis le printemps, pourrait être longue.

Prenez une minute, regardez notre ville. Pouvons-nous tolérer qu'on la pousse vers l'abîme, pouvons-nous la voir éclater en morceaux?

Carrie Lam
Une femme marche, elle est de profil. Derrière elle, un manifestant dont l'un des yeux est couvert d'un bandage hurle un slogan avec une pancarte à la main.

Des manifestants attendaient Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif hongkongais, à l'entrée de son bureau, à Hong Kong.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Le mouvement de contestation, né en avril du rejet d'un projet de loi qui aurait permis l'extradition de suspects vers la Chine continentale, s'est élargi depuis le mois de juin à des revendications plus larges, dont la démission de Carrie Lam et la protection des libertés et de l'autonomie dont jouit Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Un relent de « gilets jaunes »

Le politologue et professeur Loïc Tassé, de l'Université de Montréal, compare le mouvement à celui des gilets jaunes en France. « C’est le même type de mouvement, dit-il. C’est-à-dire un mouvement anarchique, un peu romantique, mais qui n’a pas de leader. Alors forcément, le mouvement risque de s’effriter ou au moins de tourner en rond éventuellement, et c’est peut-être aussi ça que veut le gouvernement », a-t-il expliqué à l'émission 24/60.

Il ajoute que les industriels chinois font pression pour diviser le mouvement et que la Chine aurait plus à perdre, à l'international, en intervenant militairement.

Des policiers tirent du gaz lacrymogène afin de disperser les manifestants le 11 août 2019.

La violence des affrontements entre manifestants et policiers s'est intensifiée au cours des dernières semaines à Hong Kong.

Photo : Reuters / Tyrone Siu

Une « enquête impartiale » réclamée

La haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est déclarée mardi préoccupée par la répression des manifestations prodémocratie à Hong Kong et a réclamé une enquête impartiale dans l'ex-colonie britannique.

Michelle Bachelet « condamne toute forme de violence [...] et exhorte les autorités hongkongaises à ouvrir une enquête rapide, indépendante et impartiale » sur le comportement des forces de l'ordre, a indiqué son porte-parole Rupert Colville lors d'une conférence de presse à Genève.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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