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Les avocats de Joshua Boyle veulent exclure certains témoignages de la preuve

Un homme en veston.

Joshua Boyle fait face à 19 accusations.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Les avocats de Joshua Boyle souhaitent que le tribunal provincial d'Ottawa écarte des éléments de preuve dans les témoignages de son ex-épouse, Caitlan Coleman, et de ses ex-beaux-parents.

Le procès pour agression sexuelle impliquant les anciens otages de talibans en Afghanistan a repris lundi devant le tribunal ontarien pendant une journée, après la pause estivale.

Les témoignages de la poursuite étant terminés, le juge du procès, Peter Doody, a entendu des arguments sur l'admissibilité des preuves présentées par Mme Coleman et des membres de sa famille — sa mère, Lynda Coleman, et sa sœur JoAnn Rotenberry.

M. Boyle, l'ex-mari de Mme Coleman, fait face à 19 chefs d'accusation, notamment d'agression armée, d'agression sexuelle et de séquestration.

L'homme de 35 ans a plaidé non coupable des actes qui auraient été commis à la suite de leur libération, après presque six ans de captivité. Leurs trois enfants sont nés alors que le couple était retenu en otage en Afghanistan, aux mains du groupe Haqqani, lié aux talibans.

Après leur libération, en octobre 2017, la famille s'était installée à Ottawa.

Des éléments de preuve sans lien direct avec les accusations, selon la défense

La plupart des témoignages de Caitlan Coleman, de sa mère et de sa sœur allèguent que M. Boyle s'adressait à son ex-épouse sur un ton contrôlant et irrespectueux.

Les témoignages de sa mère et de sa sœur portaient principalement sur des observations concernant la relation du couple et le traitement réservé à leurs enfants.

La défense a fait valoir que la plupart des éléments de preuve provenant de l'ex-belle-famille de Joshua Boyle n'étaient pas directement liés aux accusations qui pèsent contre lui.

En juillet, la mère de Caitlan Coleman a déclaré qu'elle avait à peine reconnu sa fille à son retour de captivité. Lynda Coleman a déclaré à la cour qu'elle ne ressentait aucune émotion et ressemblait à un robot ou à un automate.

Lynda Coleman et JoAnn Rotenberry ont toutes deux déclaré que les propos de M. Boyle à l'endroit de Mme Coleman étaient froids et humiliants et qu'il s'attendait à ce qu'elle prenne soin de leurs enfants et des tâches ménagères.

La preuve démontre une tendance, soutient la Couronne

L'avocate de la Couronne, Meaghan Cunningham, a fait valoir que les manières prétendument humiliantes et dénigrantes de M. Boyle sont pertinentes pour établir le récit selon lequel Boyle a agressé physiquement et sexuellement son épouse et l'a gardée en captivité alors qu'elle était à Ottawa. Me Cunningham a déclaré que cette preuve de l'historique de leur relation était essentielle pour établir le motif des crimes de Joshua Boyle.

Le but de cette preuve est qu'elle démontre une tendance, a soutenu Me Cunningham.

Avant la pause déjeuner, l'avocat de la défense, Eric Granger, a expliqué qu'une grande partie de la preuve fournie par Mme Coleman et sa famille faisait référence aux événements quotidiens banals de la relation du couple. Selon lui, ces vicissitudes normales de la vie n’ont pas trait aux accusations portées contre son client.

L'introduction de telles preuves rallonge le procès et pourrait contraindre la défense à défendre des cas spécifiques sans rapport avec les accusations, estime Me Granger. Cela créerait un procès dans un procès, a-t-il ajouté.

Le juge devra donc se prononcer sur les arguments.

Un témoignage écarté par le juge

Lundi, le juge Doody a déclaré qu'il n'autoriserait pas le témoignage d'un témoin de la Couronne. Au début du procès, la travailleuse sociale Deborah Sinclair a témoigné sur les différentes formes de violence domestique et a expliqué comment un agresseur détenu et maltraité en captivité risquait davantage de réorienter ce traumatisme vers sa victime.

Toutefois, pendant qu’elle était à la barre, Mme Sinclair a concédé qu’elle n’avait pas mené de recherche formelle validée par des pairs sur les effets d’une captivité prolongée sur une relation.

Le juge a également déclaré que le témoignage de Mme Sinclair sur la violence domestique en captivité est inadmissible, mais que le reste peut être retenu.

On ne sait toujours pas si M. Boyle prendra la parole pour se défendre d'allégations spécifiques soulevées par son ancienne épouse et ses ex-beaux-parents, mais lors du procès, qui devrait s'étirer jusqu'à l’automne, l’accusé pourrait s'exprimer devant le tribunal.

Avec les informations de David Thurton, de CBC

Ottawa-Gatineau

Procès et poursuites