•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le secteur touristique ontarien tente toujours de se remettre des feux de forêt de 2018

La fumée du feu vue du ciel.

En 2018, le feu Parry Sound 33 a forcé l'évacuation de plusieurs communautés du nord-est ontarien.

Photo : La Presse canadienne / Dan Leonard

Bienvenu Senga

Dans le Nord de l’Ontario, des entrepreneurs du secteur touristique tentent toujours de se remettre des pertes financières occasionnées par les nombreux feux de forêt qui ont sévi dans la région pendant l’été 2018.

Brenda Barefoot, la copropriétaire de la pourvoirie Bear’s Den Lodge, située dans le secteur d’Alban, estime que son établissement accueille cette année 1500 clients de moins qu’en 2017, la dernière saison estivale à ne pas avoir connu d’embûches majeures.

En raison de l’énorme feu Parry Sound 33, déclenché en juillet 2018, une alerte d’évacuation a été mise en place dans de nombreuses régions, dont le secteur de la route Hartley Bay, à l’ouest de la route 69, où se trouve le Bear’s Den Lodge.5

C’était en plein milieu de notre saison. L’impact sur nos revenus a été énorme, explique Mme Barefoot, qui ajoute que la somme d’argent reçue de son assureur n’était pas suffisante pour éponger les pertes.

Mais même s’il n’y a pas encore eu de feu de forêt important dans la région en 2019, l’entrepreneure souligne que le taux de fréquentation de son établissement, qui peut accueillir jusqu’à 55 visiteurs à la fois, demeure très bas depuis son ouverture à la mi-mai.

Il y a des semaines où on n’a eu que deux ou cinq personnes. En temps normal, le camp est généralement occupé à 99 %. Toute la région a parfois l’air d’une ville fantôme.

Brenda Barefoot, copropriétaire du Bear’s Den Lodge

Mme Barefoot croit qu’un avis de Parcs Ontario, en vigueur depuis avril, interdisant le camping dans certaines régions du parc provincial de la rivière des Français, touchées par les feux de forêt de 2018, suscite une réticence des clients potentiels à rendre visite à son établissement.

Cette restriction assurera la sécurité des usagers du parc en raison des dangers causés par les feux de forêt, peut-on lire sur le site web de Parcs Ontario.

Dans la municipalité de Killarney, qui a même décrété l’état d’urgence en raison de l’incendie Parry Sound 33, la situation n'est guère meilleure.

Le directeur général du Killarney Mountain Lodge et du Sportsman’s Inn, Kelly McAree, estime les pertes encourues l’an dernier à 200 000 $.

Après la levée de l’état d’urgence, nous avons essayé de clarifier, notamment à travers nos partenaires médiatiques, qu’il n’y avait pas de danger ici à Killarney, mais les dommages avaient déjà été faits, note M. McAree.

Cette année, la clientèle du Killarney Mountain Lodge a déjà augmenté de 20 % par rapport à celle de 2018, mais M. McAree croit que la croissance remarquée est inférieure à celle qu’aurait souhaitée l’équipe de gestion de l’établissement.

En 2018, l'Ontario a connu sa pire saison de feux de forêt en 10 ans, avec 1325 incendies recensés.

Les médias montrés du doigt

La pourvoirie Crane’s Lochaven Wilderness Lodge connaît une très bonne saison estivale cette année, selon sa propriétaire Susan Crane. L’établissement situé sur l’île Commanda, dans la rivière des Français, peut accueillir un maximum de 50 personnes à la fois.

Mme Crane indique qu’en 2018 presque tous ses clients habituels ont fini par y aller après s’être rendu compte que le feu de forêt Parry Sound 33 brûlait loin de l’établissement.

Nous n’étions pas aussi exposés au feu que certaines des autres pourvoiries. Mais nous n’avons pas non plus eu de réservations de dernière minute comme c’est généralement le cas, affirme-t-elle.

Elle attribue cette situation à la couverture médiatique des feux de forêt.

Certains médias n’ont pas été assez précis en montrant exactement où se trouvaient les feux de forêt. Ils ont parlé de leur emplacement par rapport à la rivière des Français, qui mesure plus de 110 km.

Susan Crane, propriétaire du Crane’s Lochaven Wilderness Lodge

Mme Crane ne croit pas avoir souffert financièrement au point de faire une demande d'aide quelconque.

L'impact du dégel printanier

Le directeur général de l’agence Northeastern Ontario Tourism, Rod Raycroft, indique que les entreprises du nord-est ontarien qui ont le plus souffert des nombreux feux de forêt de 2018 se trouvent dans les régions de Killarney et de Temagami.

L’agence a obtenu des données des responsables municipaux des deux régions, qui lui permettent d’estimer les pertes totales respectives à 1 600 000 $ et 1 000 000 $.

On ne parle pas ici des entreprises qui fournissent directement des services touristiques, mais aussi des fournisseurs de ces entreprises, donc les vendeurs de bois, les boutiques de réparation. Il y a eu un énorme impact.

Rod Raycroft, directeur général de Northeastern Ontario Tourism
Un homme qui porte une chemise noire et blanche.

Rod Raycroft est directeur général de l'agence Northeastern Ontario Tourism.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Mais M. Raycroft indique par contre qu’il se pourrait que d’autres communautés de la région aient pu bénéficier de la paralysie du tourisme dans certains secteurs.

Les gens prennent leurs vacances de toute façon. Il peuvent les prendre à Killarney et à Temagami ou ailleurs aussi, déclare-t-il.

Northeastern Tourism Ontario recueille actuellement des données sur les retombées économiques de la saison estivale 2019.

Selon M. Raycroft, les résultats préliminaires indiquent que plusieurs entrepreneurs ont ouvert leurs établissements plus tardivement en raison des inondations ou des niveaux d’eau élevés.

On a eu beaucoup de neige, ce qui était excellent pour le tourisme hivernal. On a vu davantage de motoneigistes, mais le début de la saison estivale a été lent, explique-t-il.

Mais sur la quarantaine d’entreprises touristiques sondées, les deux tiers indiquent que les revenus qu’elles ont déjà engendrés jusqu’à présent sont équivalents ou supérieurs à la moyenne.

Northeastern Tourism Ontario effectuera un autre sondage à la fin de septembre pour s’enquérir du déroulement de la saison estivale au complet.

Nord de l'Ontario

Tourisme