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« On avait peur d'afficher nos couleurs » : le CMA rallume une flamme à l'Î.-P.-É.

Cinq personnes souriantes devant une clôture ornée du tricolore étoilé

Les couleurs acadiennes flottent à Souris à l'occasion du Congrès mondial acadien.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

François Pierre Dufault

Il y a cinq ans, la municipalité de Souris à l'Île-du-Prince-Édouard était réticente à accueillir le Congrès mondial acadien (CMA). Les élus à l'époque se demandaient s'il y avait vraiment de l'intérêt chez les résidents pour recevoir un tel événement.

Les choses ont bien changé, témoigne Claudette Thériault, la présidente du comité organisateur du CMA 2019. Il y a eu un rapprochement vraiment remarquable entre la municipalité et le comité acadien de l'endroit pour faire de cet événement un succès, raconte-t-elle.

Depuis quelques années, la communauté acadienne et francophone de l'est de l'Île-du-Prince-Édouard est plus visible. Un nouveau centre scolaire et communautaire a ouvert ses portes l'an dernier à Rollo Bay, village voisin de Souris. Il accueillera pour la première fois plus de 100 élèves à la prochaine rentrée.

La municipalité de Souris a finalement accepté de faire partie du CMA, qui se déroule pour la toute première fois dans la province insulaire.

Des dizaines de personnes debout regardent un artiste se produire sur scène

Une petite foule a assisté aux activités du Congrès mondial acadien à Souris, lundi.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Lundi, un rassemblement a eu lieu dans un parc au cœur de la municipalité, où se trouvait autrefois la gare ferroviaire de la petite communauté d'un peu plus de 1100 habitants. L'endroit avait été décoré de drapeaux acadiens pour l'occasion.

Un événement comme le CMA vient dégourdir les gens, explique Marise Chapman, la directrice de l'école La-Belle-Cloche. Ça réveille une communauté, surtout une communauté très anglophone [comme Souris] où les racines acadiennes sont présentes, mais où bien des gens ne se sentent pas à l'aise de s'afficher en tant qu'Acadiens.

Il y a plusieurs Acadiens anglophones qui m'ont dit: ''On avait peur d'afficher nos couleurs dans le passé, mais le CMA nous a fait voir qu'on pouvait s'afficher bien fièrement dans notre village [...] et que c'était correct d'être Acadien''.

Claudette Thériault, présidente du comité organisateur du Congrès mondial acadien 2019

Claudette Thériault souhaite que le CMA 2019 rallume une flamme chez ces Acadiens de l'Île-du-Prince-Édouard qui ont perdu leur langue ancestrale pour qu'ils décident d'envoyer leurs enfants à l'école francophone.

La province compte six écoles francophones.

C'est un peu comme un rêve pour moi, mais je suis sûre que ça va arriver, affirme Claudette Thériault. On a eu des générations qui n'ont pas eu accès à l'éducation de langue française. On a maintenant des parents qui veulent que leurs enfants reçoivent une éducation en français. Ils retrouvent leurs racines acadiennes. Ils savent que la langue fait partie de leur culture.

Une grande affiche de l'événement installée à un coin de rue et entourée de petits drapeaux acadiens.

Le Congrès mondial acadien s'affiche à Souris

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Cet éveil de la langue et de la culture françaises à l'Île-du-Prince-Édouard suscite l'admiration de participants au CMA en visite dans la province, comme Alexandra Baulin-Lumineau, présidente de la Maison de l'Acadie à La Chaussée en France, un musée qui raconte depuis 1983 l'histoire des premiers colons français qui sont venus peupler l'Acadie au 17e siècle. C'est un combat de longue date. Il faut entretenir cette mémoire, dit-elle en marge du rassemblement communautaire à Souris.

Lui aussi en visite à Souris à l'occasion d'une réunion de famille, Germain Chevarie, ancien député des Îles-de-la-Madeleine à l'Assemblée nationale du Québec, dit que le CMA lui fait voir la petite communauté portuaire d'un œil différent.

Le politicien à la retraite est souvent passé en transit par la province insulaire, mais sans forcément s'y arrêter.

Malgré la résilience de l'ensemble des Acadiens, on a perdu beaucoup [à l'île] sur le plan de langue pour des raisons sociopolitiques et communautaires, indique Germain Chevarie. Mais j'ai l'impression que les gens veulent redécouvrir la langue française et faire des efforts pour s'assurer que nos jeunes puissent aussi s'exprimer en français.

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