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Maxime Bernier ne participera peut-être pas aux débats des chefs

Maxime Bernier en point de presse, devant ses candidats.

La Commission des débats des chefs juge que le Parti populaire du Canada n'a que peu de chances de faire élire des candidats autres que son chef, Maxime Bernier.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Hugo Prévost

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, ne participera peut-être pas aux débats des chefs dans le cadre de la prochaine campagne électorale fédérale, cet automne. Voilà du moins ce que laisse entendre la Commission des débats des chefs dans une lettre transmise lundi au député de Beauce.

La missive en question indique que le parti lancé par Maxime Bernier, après son départ fracassant du Parti conservateur du Canada, ne respecte pas le nombre minimal de critères nécessaires pour s'assurer d'une participation aux deux débats officiels prévus pendant la campagne, respectivement en français et en anglais.

Selon ce qu'affirme le commissaire David Johnston, les chefs de tous les autres partis siégeant au Parlement – Nouveau Parti démocratique, Bloc québécois, Parti libéral du Canada, Parti conservateur du Canada et Parti vert – se qualifient pour ces joutes verbales dans les deux langues officielles.

M. Johnston précise, dans son message adressé à M. Bernier, qu'une décision finale n'a pas encore été prise, et que le chef du PPC sera fixé le 16 septembre.

Un seul critère respecté

Là où le bât blesse, dit la Commission, c'est que le PPC n'a jamais fait élire de député sous sa bannière, M. Bernier ayant plutôt claqué la porte de son ancien parti.

Le premier critère de la liste qui en compte trois stipule pourtant que « le parti est représenté à la Chambre des communes par un député ayant été élu à titre de membre de ce parti ».

Le PPC répond cependant au deuxième critère, soit l'obligation de présenter des candidats dans au moins 90 % des circonscriptions du pays en vue des prochaines élections.

Enfin, le PPC n'a jamais subi l'épreuve des urnes lors d'élections générales, pas plus qu'il n'a de chances, estime la Commission, de faire élire des candidats autres que M. Bernier lui-même le 21 octobre prochain.

« La Commission a consulté des sondages d’opinion, des sites de projection de circonscriptions et des sondeurs indépendants. Aucune de ces sources ne permet de croire, pour le moment, que le Parti populaire du Canada a une véritable possibilité d’élire plus d’un candidat », lit-on encore dans la lettre.

La Commission précise toutefois qu'il s'agit d'une évaluation préliminaire, et que le PPC est invité à soumettre des pièces justificatives supplémentaires d'ici au 9 septembre, y compris des informations additionnelles sur les circonscriptions où le parti estime l'emporter.

Selon les plus récentes projections de l'agrégateur de sondages politiques 338canada.com, datées du 11 août, le PPC récolte 2,9 % d'intentions de vote à l'échelle nationale, et pourrait remporter un seul siège. En Beauce, où siège M. Bernier, celui-ci est au coude-à-coude avec le candidat conservateur dans les sondages.

Maxime Bernier « très déçu »

Dans un communiqué publié en fin d'après-midi sur le site Internet de son parti, le chef du PPC se dit « très déçu » de la décision préliminaire de la Commission.

M. Bernier s'inscrit ainsi en faux contre l'interprétation du critère selon lequel un parti doit avoir des chances de remporter plus d'un siège aux prochaines élections.

Au dire de M. Bernier, la Commission n'a pas tenu compte du « contexte politique » voulant qu'un « parti populiste, même s'il n'a été fondé que très récemment, avait d'excellentes chances de connaître une croissance rapide et de faire élire des candidats ».

Le PPC entend continuer de « faire valoir son point de vue auprès de la Commission au cours des prochaines semaines », peut-on encore lire dans le communiqué.

Les chefs fédéraux débattront une première fois dans la langue de Shakespeare, le 7 octobre, puis dans celle de Molière, le 10 octobre. Les deux débats auront lieu dans la région d'Ottawa.

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