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Une réunification plus longue que prévu pour une famille syrienne

Le couple avec leurs deux filles. Le troisième enfant, leur fils, n'est pas sur la photo .

Nezar Hussein et Soze Ibrahim ont eu des jumelles depuis leur arrivée au Nouveau-Brunswick.

Photo :  CBC / Tori Weldon

Radio-Canada

Arrivés à Sackville il y a trois ans, Nezar Hussein et Soze Ibrahim font tout pour s’adapter à leur nouvelle vie, mais ils s’inquiètent tous les jours pour leur famille qui tente désespérément de les rejoindre.

Depuis qu’ils ont atterri au Nouveau-Brunswick avec leur bébé, il y a trois ans, Nezar Hussein et Soze Ibrahim ont eu des jumelles, ont trouvé des emplois, suivent des cours d’anglais et se sont construit un réseau social fort.

Mais quelque chose les empêche de s’installer complètement dans leur nouvelle vie : Nukar, le jeune frère de Nezar avec qui ils ont fui la Syrie, est coincé au Liban.

Soze, Nezar et Nukar ont quitté la Syrie ensemble après le déclenchement de la guerre en Syrie en 2011. Ils ont traversé la frontière du Liban, où ils ont demandé le statut de réfugié.

Le trio a trouvé un petit appartement à Beyrouth, mais pas de travail. Soze a accouché du premier enfant du couple, un garçon nommé Fenner. Quelques mois plus tard, elle et Nezar ont reçu un appel de l’ambassade canadienne, leur demandant s’ils voulaient immigrer au Canada.

Cet appel a changé ma vie.

Nezar Hussein

Comme il est célibataire et sans enfant, l’application de Nukar a été traitée séparément. Il n’a pas pu quitter le Liban avec son grand frère.

Une nouvelle vie à Sackville

L’organisme Sackville Refugee Response Coalition a pris en charge la famille syrienne dès son arrivée au Nouveau-Brunswick en 2016. Ses employés leur ont trouvé un siège de voiture pour bébé et un appartement, et sont allés les chercher à l’Aéroport international Roméo-LeBlanc du Grand Moncton.

Ils avaient voyagé de Beyrouth, au Caire, à Malte et à Toronto avant d’arriver à Moncton, explique Sarah Poirier, de l’organisme. Avec un bébé de 9 mois, vous pouvez vous imaginer à quel point ils étaient fatigués en arrivant.

Sarah Poirier avec une des jumelles de la famille Syrienne établie à Sackville.

Sarah Poirier aide la famille de Nezar Hussein à s'installer au Nouveau-Brunswick depuis 2016.

Photo :  CBC / Tori Weldon

Mais la fatigue n’a pas empêché Nezar et Soze d’informer les employés de l’organisme de la situation de Nukar, resté coincé seul au Liban.

Les papiers requis ont été remis au ministère de l’Immigration du Canada en quelques mois et sont arrivés au bureau de Beyrouth en février 2017.

On nous a alors appris que le processus pouvait prendre jusqu’à 20 mois. Mais 28 mois plus tard, nous n’avons toujours pas de nouvelles.

Sarah Poirier

Ce n’est pas la première fois que Sarah Poirier assiste une famille avec ce processus, mais ce cas est différent, assure-t-elle.

Le plus frustrant c’est qu’il a fait l’entrevue, les examens médicaux et a même signé des papiers après son entrevue, ce qui veut généralement dire “OK, on vous accepte”

C’était en décembre 2017. Depuis, plus de nouvelles du gouvernement fédéral. Sarah Poirier a contacté le ministère de l’Immigration, qui lui a répondu que le statut de la demande concernant Nukar n’avait tout simplement pas changé.

Le ministère répond quant à lui qu’il ne peut commenter les cas individuels pour des raisons de confidentialité. Une série de facteurs peuvent affecter la durée du processus de demande, explique toutefois un porte-parole, Rémi Larivière, notamment la quantité de demandes faites en même temps et le niveau de danger de la région habitée.

Le Liban, de plus en plus hostile envers les réfugiés syriens

Nezar et Soze parlent à Nukar tous les jours. Ils s’inquiètent de la situation au Liban, où les gens sont de plus en plus hostiles envers les réfugiés syriens.

Plus de 1,5 million de Syriens vivent présentement au Liban, mais le gouvernement en place fait tout pour les renvoyer en Syrie depuis que les combats se sont terminés dans certaines régions du pays.

La mère de Nezar est morte récemment d’un cancer en Syrie. Juste avant sa mort, Nezar lui a dit que son petit frère, Nukar, venait le rejoindre au Canada deux semaines plus tard. C’était un mensonge, mais il voulait que sa mère parte l'esprit tranquille. 

En attendant Nukar, tout est prêt pour son arrivée. La Sackville Refugee Response Coalition lui a déjà trouvé un emploi et un appartement.

Avec les informations de Tori Weldon de CBC

Nouveau-Brunswick

Immigration