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  • Baseball : il y a 25 ans, la grève des joueurs brisait le rêve des Expos

    Joueurs des Expos assis au banc.

    En 1994, la grève des joueurs avait raison de la série mondiale.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 12 août 1994, la grève est déclenchée dans le baseball majeur. Les Expos de Montréal dominent alors le classement de la ligue. Retour en archives sur cet arrêt de jeu crève-cœur qui coûta la série mondiale aux hommes de Felipe Alou.

    Le cauchemar pour une équipe de rêve

    Nul ne sait véritablement si les Expos de Montréal auraient remporté le championnat en 1994, mais une chose demeure certaine, l’équipe joue alors la meilleure saison de son histoire.

    Avec 74 victoires et 40 défaites, les Expos affichent le meilleur dossier des majeures. À l’intérieur de sa division, la formation montréalaise devance de six matchs son ennemi juré, les Braves d’Atlanta. Elle trône au sommet de la ligue pour les parties gagnées à l’étranger avec un total de 42 victoires.

    Cette année-là, les Darrin Fletcher, Ken Hill, Marquis Grissom, Moises Alou et Wil Cordero obtiennent une participation au match des étoiles.

    Alors que les Expos viennent de remporter 20 de leurs 23 derniers matchs, le conflit éclate, au grand dam des partisans.

    La demande d’instauration d’un plafond salarial par les propriétaires amène les joueurs à débrayer.

    Les supporteurs devront faire le deuil de voir jouer leurs « amours » en série mondiale.

    À coup sûr une question d’argent

    Les propriétaires prétendent que le baseball majeur est au bord du gouffre et doit réformer son économie en profondeur en passant par l’instauration d’un plafond salarial. Une réforme à laquelle s’oppose l’association des joueurs, qui estime que le baseball est un sport en parfaite santé.

    André Bédard, journaliste

    Le 12 août 1994 au Téléjournal midi, le journaliste André Bédard assiste à l’abrupte fin de saison des Expos.

    Le midi, 12 août 1994

    Il recueille les commentaires à l’arrivée des joueurs à l’aéroport de Dorval. Les athlètes viennent alors de jouer leur dernier match à Pittsburgh. Bien que les tensions soient vives entre joueurs et propriétaires, l’optimisme est toujours présent.

    Nous avons la meilleure équipe. Nous voulons reprendre le jeu et gagner le championnat.

    Kevin Malone, directeur général Expos de Montréal

    En 1994, le baseball majeur en est à son quatrième conflit de travail depuis 1972.

    Une saison et un championnat annulés

    Téléjournal, 14 septembre 1994

    Au départ, les joueurs ont bon espoir que le conflit se réglera en quelques jours :

    Ça pourrait dépasser deux semaines. On ne sait plus.

    Larry Walker, joueur des Expos

    Mais après 34 jours de grève, devant l’impasse, le commissaire Bud Selig décide d’annuler la saison.

    Comme l’explique le journaliste Claude Desbiens au Téléjournal du 14 septembre 1994, les négociations sur le plafond salarial et sur le partage des revenus n'avançaient plus.

    Les amateurs et les publicitaires se désintéressent.

    Plus ça avançait, plus ça se détériorait. On aurait eu des assistances pour les matchs de saison et même d’après saison qui auraient pu être très gênantes.

    Claude Brochu, président des Expos

    Certains partisans jugent les joueurs trop gourmands dans cette bataille, les estimant suffisamment payés.

    Les joueurs ont exagéré, je pense, point de vue salaire. Ils gagnent déjà pas mal cher.

    Michel Paquette, partisan

    Une grève qui ne fait que des perdants

    Téléjournal, 3 avril 1995

    Le 3 avril 1995, à la reprise des activités, Pierre Tourangeau énumère au Téléjournal les pertes subies en raison du conflit.

    La grève du baseball majeur dure 234 jours. À terme, les propriétaires ne peuvent mettre en place le plafond salarial désiré.

    L’affrontement entre joueurs et propriétaires coûte un milliard de dollars.

    Alors que les joueurs se voient privés de 350 millions de dollars en salaires, c’est plus de 800 millions que les propriétaires essuient en pertes de revenus.

    Les commerçants voisins du stade olympique estiment que leur chiffre d’affaires a été amputé d’au moins 20 %.

    1500 personnes ont perdu leurs emplois dans les restaurants et boutiques qui gravitent autour des Expos.

    Claude Desbiens

    Pour atténuer les contraintes budgétaires, les Expos de Montréal doivent faire des choix difficiles. Plusieurs vedettes de la formation de 1994 doivent quitter l’équipe.

    Par la suite, leurs finances ne leur permettent plus de rivaliser avec les autres équipes de la ligue majeure de baseball. Les conséquences de cette querelle se feront sentir jusqu’à leur départ en 2004.

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