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Femme brûlée vive : « Toute ma vie dans la colère », dit son père

Frej Haj Messaoud, 39 ans, a comparu par voie téléphonique dimanche matin pour tentative de meurtre et voies de fait graves.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Je serai toute ma vie dans la colère. J’ai une seule fille; il l’a brûlée. » Abdeljalil Haj Amor, le père de la jeune femme brûlée vive à Québec, est complètement ébranlé par l’agression dont a été victime sa fille.

Joint en Tunisie, Abdeljalil Haj Amor affirme que l'accusé, Frej Haj Messaoud, acceptait mal la rupture avec sa fille. Le couple était séparé depuis deux ans et divorcé depuis mars 2019.

Il a essayé beaucoup de fois qu’elle revienne. Elle a refusé. C’est ce que je sais.

Abdeljalil Haj Amor, père de la victime

Son épouse était au Québec au moment du drame et se trouve au chevet de sa fille, toujours hospitalisée dans un état grave. La jeune mère de 27 ans a été gravement brûlée au visage, au dos et aux mains.

C’est la grand-mère qui s’occupe également des deux enfants des ex-conjoints, un garçon et une fillette âgés de 5 et 6 ans.

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Je vais faire la démarche avec l’ambassade du Canada cette semaine pour avoir un visa pour que je puisse aller les soutenir, ma fille, ma femme et les enfants, indique le père, qui veut rejoindre les siens le plus rapidement possible.

Malgré la colère, Abdeljalil Haj Amor a bon espoir que justice sera rendue. J’ai confiance en la justice canadienne, affirme-t-il.

La police ouvre une enquête interne

Plus tôt lundi, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a ouvert une enquête interne sur l’utilisation d’un extincteur par un des policiers qui a escorté Frej Haj Messouad.

Sur les images captées par les médias lors du transfert de l’accusé du poste de police vers un centre de détention, on voit l'un des agents tenir un extincteur dans ses bras alors que son collègue esquisse un sourire.

Les affaires internes et normes professionnelles ont été saisies du dossier, donc il y a enquête qui est faite pour faire la lumière sur les circonstances de l’incident, mais pour l’instant, il est beaucoup trop tôt pour tirer quelque conclusion que ce soit, affirme le porte-parole du service de police, Étienne Doyon.

La Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec a défendu dimanche le comportement de ses agents, qualifié par certains commentateurs de gestes de mauvais goût.

Après avoir parlé aux policiers concernés, le syndicat estime que les agents ont pris la décision de transporter l'extincteur par mesure de sécurité.

Ne pouvant ignorer la possibilité que des gens se soient rassemblés pour faire subir à l'accusé le même sort qui a été réservé à son ex-conjointe, les policiers à la détention ont demandé aux policiers d'apporter un extincteur, a expliqué la Fraternité par voie de communiqué.

On va faire les vérifications nécessaires avant de pouvoir s’avancer sur quelconque conclusion que ce soit. Oui, ça peut prendre un certain temps. On veut aller au fond des choses, précise Étienne Doyon.

L'accusé demeure détenu

Frej Haj Messaoud a comparu devant le tribunal lundi matin. Il a été accusé de tentative de meurtre et de voies de fait graves. L’homme de 39 ans n'a pas pris la parole lors de sa courte comparution.

La Couronne s’est opposée, lundi, à sa remise en liberté pour s'assurer de sa présence devant le tribunal et assurer la protection du public en raison de la nature et de la gravité des accusations, a expliqué l'avocate de la poursuite, Me Sabrina Lambert-Michel.

La cour a interdit à Frej Haj Messaoud de communiquer avec la victime et les membres de sa famille pour la suite des procédures judiciaires.

L’homme est défendu par l’aide juridique. Il est passible d’emprisonnement à perpétuité.

Son dossier reviendra en cour vendredi pour fixer la date de l’enquête sur remise en liberté.

Québec

Justice et faits divers