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Violence conjugale : les victimes invitées à demander de l'aide

Tentative de meurtre rue Arago Ouest

Tentative de meurtre rue Arago Ouest

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Radio-Canada

Le drame survenu en fin de semaine dans le quartier Saint-Sauveur à Québec, où une femme a été brûlée vive en pleine rue rappelle les conséquences parfois tragiques de la violence conjugale. Une problématique « extrêmement complexe », reconnaît Claudine Thibaudeau, travailleuse sociale à l’organisme SOS Violence conjugale.

Frej Haj Messaoud, l’ex-conjoint de la jeune femme de 27 ans, a été accusé de tentative de meurtre et de voies de fait graves.

Selon le père de la victime, la relation entre le présumé agresseur et sa fille était depuis longtemps tumultueuse.

La violence conjugale, c’est extrêmement complexe, il y a un potentiel de danger, on le voit dans cette situation-ci, rappelle Claudine Thibaudeau, travailleuse sociale à l’organisme SOS Violence conjugale.

Dans un contexte de rupture notamment, elle souligne que cette violence peut augmenter en intensité pendant une certaine période dans certaines situations, d’où l’importance de consulter les services d’aide qui peuvent offrir des mesures de sécurité ou de l’hébergement.

Les services d’aide sont là pour accompagner les victimes à travers tout ça, trouver des moyens, des façons d’assurer au mieux leur sécurité, mais c’est très complexe, reconnaît Claudine Thibaudeau.

Les enfants témoins

En plus de la jeune mère qui a été gravement brûlée, l'agression aura fait d'autres victimes : ses deux jeunes enfants et sa mère qui ont assisté à l'agression. « Les enfants ainsi que la maman de la jeune femme risquent fort d'être eux-même en état de choc post-traumatique. Voir leur mère en danger de mort, ça marque énormément », souligne Mme Thibaudeau.

Elle souligne l'importance de leur apporter du soutient psychologique pour minimiser un peu les impacts. Mais c'est sûr que ça aura des impacts graves, affirme-t-elle.

Plus de demandes d'aide

On ne sait pas si la jeune mère immolée avait demandé de l'aide, mais un tel drame devrait augmenter les dénonciations et les appels auprès des organismes dans les prochains jours, selon la directrice de Violence Info, Nathalie Igogène.

Ça secoue les femmes, ça fait augmenter la peur des femmes qui vivent cette violence, et c’est souvent un déclencheur pour demander de l’aide

Nathalie Igonène, directrice, Violence Info

On le voit au quotidien, les femmes qui demandent de l’aide sont mieux outillées pour faire face à cette violence, aux défis de s’en protéger, pour demander de l’aide à des ressources pour qu’il y ait des interventions avec l’ensemble de la famille, pas uniquement auprès de la femme, ajoute-t-elle.

Nathalie Igonène constate qu’il y a uneréelle volonté de mieux intervenir et de mieux prévenir la violence conjugale au Québec en améliorant la concertation notamment entre les différents organismes. Elle souligne notamment le projet de tribunal spécialisé dans les crimes sexuels .

Il faut améliorer le travail de concertation avec les partenaires, les services de police, la DPJ, les maisons d’hébergement, Violence info, les CALACS, Il y a beaucoup de ressources spécialisées sur le terrain, mais on doit améliorer notre façon de travailler ensemble, il y a des projets de concertation pour ça.

Les victimes de violence conjugale peuvent joindre notamment SOS violence conjugale, en composant le 1 800 363-9010, 24 heures sur 27, 7 jours sur 7.

Québec

Justice et faits divers