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Des dizaines de blessés dans des heurts à l’esplanade des Mosquées

Un manifestant palestinien est interpellé par les forces de sécurité israéliennes.

Des accrochages ont éclaté et les forces de l'ordre, qui contrôlent l'accès de l'esplanade, ont utilisé des grenades assourdissantes pour disperser des manifestants.

Photo : AFP/Getty Images / Ahmad Gharabli

Agence France Presse

Des affrontements entre policiers israéliens et fidèles sur l'esplanade des Mosquées, haut lieu de tension à Jérusalem, ont fait des dizaines de blessés palestiniens dimanche, jour d'importantes commémorations juive et musulmane.

Au premier jour de l'Aïd al-Adha et après la prière à la mosquée Al-Aqsa, située au milieu de l'esplanade, des centaines de Palestiniens ont commencé à scander en arabe Par notre âme, par notre sang, nous nous sacrifions pour toi Al-Aqsa.

Des accrochages ont éclaté et les forces de l'ordre, qui contrôlent l'accès de l'esplanade, ont utilisé des grenades assourdissantes pour tenter de disperser des manifestants qui ont tiré des projectiles, selon un journaliste de l'AFP sur place.

C'est notre mosquée, c'est notre Aïd, mais l'armée est arrivée et elle a commencé à frapper et à lancer des grenades assourdissantes

Assia Abou Snineh, un participant interrogé par l'AFP

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état de 61 blessés, dont une quinzaine ont dû être hospitalisés. La police a dénombré quatre blessés dans ses rangs et fait état de sept arrestations.

Face aux tensions, la police a, dans un premier temps, bloqué l'accès du site aux juifs qui célèbrent une importante fête religieuse, Ticha Beav. Mais après des critiques, elle a rouvert la seule porte d'entrée que les juifs peuvent emprunter pour accéder au site.

Les juifs sont autorisés à s'y rendre pendant des heures précises, mais ne sont pas autorisés à y prier afin d'éviter d'attiser les tensions.

Néanmoins, la situation s'est tendue lorsque des centaines de juifs ont pu pénétrer dans le périmètre de l'esplanade.

Les musulmans croient que le site est à eux, mais il est à nous!, a affirmé une jeune femme juive, Sophia Gehula Cohen, entrée sur le site.

Ça fait 2000 ans qu'on attend pour être ici et le jour [anniversaire] où le Temple est détruit, on nous dit de ne pas entrer, c'est grave!

Sophia Gehula Cohen

Au cœur du conflit israélo-palestinien, l'esplanade des Mosquées se trouve à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé depuis 1967 par Israël, qui l'a ensuite annexé sans que cela ne soit reconnu par la communauté internationale.

Deux personnes se recueillent devant les ruines des deux temples détruits à Jerusalem.

Ticha Beav commémore la destruction des deux Temples par les Babyloniens en 587 avant J.-C. puis par les Romains en l'an 70.

Photo : Reuters / Amir Cohen

Appelée Noble sanctuaire par les musulmans et mont du Temple par les juifs, l'esplanade est le troisième lieu saint de l'islam et le site le plus sacré pour les juifs, car il est considéré comme le lieu de leurs deux temples.

Réactions

Si l'entrée de l'esplanade des Mosquées est contrôlée par Israël, l'administration des lieux demeure la prérogative du Waqf, une fondation musulmane sous contrôle jordanien.

La Jordanie, de même que l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), ont dénoncé l'agression contre l'esplanade des Mosquées par les forces israéliennes, aussi blâmées par le secrétaire général de la Ligue arabe, qui a appelé la communauté internationale à calmer le jeu pour éviter une bataille religieuse dans la ville sainte de Jérusalem.

Cela montre la dimension religieuse du conflit israélo-palestinien, a de son côté réagi Ismaïl Haniyeh, chef du mouvement islamiste palestinien Hamas qui contrôle la bande de Gaza et qui est l'ennemi d'Israël.

Reprise des tensions

Dans le troisième échange de tirs meurtriers ces derniers jours près de la barrière séparant Gaza du territoire israélien, un Palestinien a par ailleurs ouvert le feu dimanche sur des soldats israéliens avant d'être tué dans la riposte, selon des responsables.

À la suite de cet incident, un char israélien a tiré sur un poste militaire de l'organisation terroriste Hamas dans la même zone, a précisé l'armée israélienne, assurant qu'il n'y avait pas eu de pertes de son côté.

Le ministère de la Santé du Hamas à Gaza a confirmé le décès du Palestinien de 26 ans, originaire de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, dont la dépouille a été transportée dans un hôpital local.

Samedi, l'armée israélienne avait tué quatre Palestiniens armés de fusils d'assaut, de lance-roquettes et de grenades, qui tentaient selon elle de s'infiltrer en Israël à partir du sud de Gaza.

Plus tôt cette semaine, un jeune soldat israélien ne portant ni uniforme ni arme a été retrouvé mort, poignardé, près d'une colonie juive en Cisjordanie occupée. Les autorités israéliennes ont depuis arrêté deux suspects pour le meurtre du soldat Dvir Sorek, qui a bouleversé Israël.

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